25-05-2012 18:19 - Forte baisse des décès maternels: Des progrès mais beaucoup reste à faire.
Le nombre de femmes qui meurent de complications liées à la grossesse et à l’accouchement a presque diminué de moitié, au cours des vingt dernières années, selon les nouvelles évaluations publiées, le mercredi 16 mai dernier, par le Fonds des Nations pour la Population (UNFPA), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et la Banque Mondiale.
« Je suis heureux de constater que le nombre de femmes qui meurent durant la grossesse et l’accouchement continue de baisser. Cela montre que le renforcement des efforts nationaux, soutenus par l’UNFPA et d’autres partenaires, donne des résultats. Mais nous ne pouvons pas nous arrêter là . Notre action doit se poursuivre pour faire en sorte que chaque grossesse soit recherchée et chaque accouchement sans danger » a déclaré le docteur Babatundé Osotimehin, directeur exécutif du Fonds de l’UNFPA.
Le Rapport cyclique « trends in maternal mortality (tendance de la mortalité maternelle) 1990/2010 montre que le taux de mortalité maternelle est tombé de plus de 543 000 à 287.000, en chiffres constants, soit de 47 % en valeur relative ». Les progrès ont été réalisés dans presque toutes les régions du Monde. Ce bond en avant concerne également l’Afrique.
Des efforts supplémentaires pour tuer le monstre.
Toutefois, ce même chiffre de 47 % prouve, également, que « beaucoup de pays, surtout de l’Afrique subsaharienne, ne pourront atteindre la cible de l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD5) -qui était réduire, de 75%, le nombre de décès maternels, entre 1990 et 2015 », note le rapport.
Face à une situation qui demeure préoccupante, il faut, absolument, redoubler d’efforts, car « toutes les deux minutes, une femme meurt de complications liées à la grossesse. Les quatre causes les plus fréquentes étant une abondante perte de sang, après l’accouchement ; une infection ; l’hypertension durant la grossesse ; et un avortement pratiqué dans des conditions dangereuses ».
D’où la nécessité « de prévenir les décès maternels : par l’amélioration de l’accès à la planification familiale volontaire ; l’investissement dans la formation d’agents sanitaires pourvus de compétences de sages-femmes ; l’accès facilité aux soins obstétricaux d’urgence, quand des complications se présentent. Il est démontré que ces interventions sauvent des vies et accélèrent le progrès vers la réalisation de l’OMD5 », selon le directeur exécutif de l’UNFPA.
Focus sur le cas mauritanien.
A l’instar de nombreux pays africains, la Mauritanie suscite des inquiétudes, malgré les progrès notés au cours des vingt dernières années. Le nombre de vies maternelles perdues reste encore scotché au chiffre de 686 décès/100.000 naissances. L’OMD5 ne sera pas atteint, à l’horizon 2015 fixé par la communauté internationale.
Face à cette situation, le gouvernement mauritanien et un collectif de partenaires techniques et financiers, parmi lesquels l’UNFPA, ont signé un document portant sur la réalisation d’un Plan National de Développement Sanitaire (PNDS), auquel seront affectés quelque 1,1 milliard de dollars US. Celui-ci vise, notamment, l’amélioration de la santé maternelle et infantile, en Mauritanie, pendant la période 2012/2020. Il s’agit de renforcer le système de santé, pour atteindre l’OMD5 à l’horizon 2020. Un décalage de cinq longues années, qui rappelle une maxime de sagesse connue de nombreux peuples : « mieux vaut tard que jamais ».
Par ailleurs, le gouvernement mauritanien et l’Agence Française pour le Développement (AFD) ont signé une convention portant sur un appui de 2,5 millions d’euros, le jeudi 17 mai dernier. Il s’agit d’étendre le forfait obstétrical pratiqué, depuis quelques années, à Nouakchott et dans trois régions-pilotes du pays, à toutes les autres ; plus précisément, de « faciliter l’accès des femmes, en particulier les plus démunies, aux services sanitaires et leur permettre de bénéficier du suivi de tous les examens nécessités par la grossesse et le traitement des maladies y afférant, pour une somme forfaitaire de 5000 ouguiyas (soit environ 13 euros) ».
Le système du forfait obstétrical « est basé sur le partage et la mutualisation : la patiente décide d’adhérer et de payer une cotisation couvrant l’ensemble des soins futurs liés à la grossesse (consultations prénatales, échographies, examens divers) que l’accouchement soit normal ou compliqué, avec un suivi post-natal ». De fait, les bons résultats du forfait obstétrical ont permis de relever de 48% le taux d’accouchement assisté à Nouakchott, alors que le taux d’adhésion des femmes, dans les trois régions-pilotes est estimé à 80%.
Amadou Seck
