24-12-2012 14:16 - Les mêmes actions, les mêmes attentes.
Comme en 2011-2012, l’examen par le gouvernement de la loi de finances coïncide avec le lancement de nouveaux projets censés améliorer les conditions de vie des populations. A peine rentré de sa convalescence, le 24 novembre dernier, Aziz avait procédé à la pose de la première pierre de deux usines de production d’électricité ; avec des financements extérieurs de plusieurs dizaines de milliards d’UM.
Comme l’année dernière, à pareille, époque, le lancement, depuis Néma de plusieurs projets de développement financés par la Banque mondiale qui avait annoncé un décaissement, sur trois ans, de quelque 330 millions de dollars US (environ 89 milliards d’ouguiyas), l’espoir était là. Il l’est peut être encore, mais les projets en question n’ont pas vu le jour ou prennent un retard considérable dans leur exécution.
Certes, le gouvernement s’active, mobilise des financements conséquents, auprès de l’UE, de la banque mondiale, du FMI et des fonds arabes, mais c’est leur absorption, la mise en œuvre des projets pour lesquels ils sont destinés, qui pèchent, sur certains plans. Et ça, le président Aziz sait qu’il faut y remédier au plus vite.
Car ce qu’il faut comprendre à la longue, c’est cette situation équivoque : Les financements arrivent, c’est certain, mais la misère s’accentue de jour en jour. Les populations ne cachent plus leur désarroi face à l’incapacité du gouvernement à bien gérer la manne provenant de l’aide publique au développement (APD) mais aussi des investissements directs étrangers (IDE).
Trop de programmes, tue les programmes, serait-on tenter de dire, pour paraphraser le dicton qui dit " trop d’impôt tue l’impôt ". C’est une impression de dispersion généralisée qui empêche les mauritaniens d’avoir une vision claire de l’action du gouvernement qui ramène tout au programme électoral du président Aziz, sans que l’on sache, véritablement, par où commencer et où s’arrêter.
Au niveau de Nouakchott, l’orientation des investissements (sur financement de l’Etat ?) vers les infrastructures routières et les lotissements sociaux ainsi qu’à une supposé amélioration des services de santé ressemble à cette face visible de l’iceberg qui n’arrive pas à cacher l’océan de misère et de détresse de la plupart des populations vivant dans les quartiers périphériques de Nouakchott. Y compris ceux qui font la " fierté " du gouvernement considérant qu’ils sont l’antithèse de tout ce que les régimes précédents avaient entrepris dans le domaine de l’habitat social.
Les " performances " évoquées par les ministres de la République ne peuvent servir de trompe la faim à des citoyens qui tirent le diable par la queue et ne comprennent plus rien à la propension de leurs gouvernants de tout regarder suivant le prisme déformant des données macroéconomiques et non de leur vécu.
Le riz, le sucre, le blé et l’huile coûtent tellement chers aujourd’hui que l’on ne prête plus attention à ces goudrons se voulant une pâle imitation de ceux des grandes villes d’Europe, d’Amérique, d’Afrique et d’Asie. Une telle " attraction " n’attire plus les regards et les commentaires de ceux qui voyaient déjà les chantiers du " changement constructif " faire de leur capitale le New York de l’Afrique !
Les misères de la vie, l’incapacité pour bon nombre de pères de famille de joindre les deux bouts, même quand ils versent dans le système D (chauffeurs de taxi, à mi ou plein temps, courtiers dans le monde compliqué de l’immobilier et des bourses de voitures, " Nokta sakhina " ou " marché Tieb-tieb "), font dire à la plupart de ces " damnés de la terre " qu’il faut bien que le gouvernement change de fusil d’épaule et pense à l’essentiel. Goudrons et nouvelles villes (Ribat El Bahr, Chami, Termessa, Nbeïket Lahwach, Rosso) peuvent attendre que passe la tempête.
Sneiba
