14-12-2016 08:45 - Le nouveau visage de la mendicité à Nouakchott: de la classe à la sébile

Le nouveau visage de la mendicité à Nouakchott: de la classe à la sébile

Nouakchott Info - Ag. M, un enfant « ajmi » qui veut dire littéralement en Hassaniya Toireg, de 6 ans et son petit frère H.A , deux mendiants, qu' on rencontre le plus souvent au carrefour Madrid s’agrippant de toutes leurs forces, sanglots à l appui aux personnes, les obligeant à ralentir ou s’arrêter pour tendre la main.

Ces enfants vulnérables sensé être à l école ou auprès de leur maman, vont quotidiennement à la quête de la popote familiale bravant ainsi tous les dangers. Sous prétexte que la population mauritanienne est plus sensible aux enfants et en particulier les étrangers les parents attendent tranquillement à l’ombre la fin de la journée pour examiner les recettes.

Les astuces ne manquent pas, selon Ag.M, pour attendrir les cœurs et réveiller les âmes charitables même au près des plus démunis. Au cours d’un bref échange, le petit garçon affirme que la majorité des mauritaniens sont généreux c’est pourquoi il suffit de dire qu’on est orphelin , qu’on a un parent hospitalisé ou que ça fait deux jours qu’on n’a pas mangé pour recevoir l aumône.

En faisant le tour des principales artères de Nouakchott et les grands carrefours, les mendiants, quémandeurs, talibés ou almoudos pour certains, se faufilant entre les voitures, au risque et péril de leur vie.

Un nombre inconnu de « talibés » (jeunes élèves), presque tous des Halpulaars, mendiaient dans les rues et donnaient ce qu’ils gagnaient à leurs enseignants religieux pour payer leur instruction religieuse. Selon des sources fiables, quelques marabouts (enseignants religieux) forçaient leurs talibés à mendier pendant plus de 12 heures par jour en échange d’un logement et d’une alimentation insuffisants ,selon le RPGH 2015.

Par ailleurs selon le rapport de Save the childrens sur l étude qu ils ont faite en 2010 dans le cadre de la politique du gouvernement en collaboration avec les ONG qui militent dans le domaine de la mendicité des enfants tel que notamment l ONG Enfants et Développement , le gouvernement a poursuivi un programme visant à réduire le nombre de talibés et a établi des partenariats avec des ONG pour fournir aux talibés des soins médicaux et nutritionnels de base.

Exploitation des enfants, trafic des enfants, forme d’esclavage voilé des enfants, pires formes de travail des enfants ou même travail forcé des enfants, les qualifications ne manquent pas pour cette pratique qui a tendance à se professionnaliser dans les centres urbains et qui profite du silence des autorités et des acteurs de la société en Mauritanie.

Ce phénomène quelque soit sa qualification pose de graves problèmes des droits des enfants sous toutes ses formes. Durant tout le long de cette capitalisation (Focus groupe, entretiens individuels, enquête participative, ateliers départementaux de réflexion) les formes d’atteintes aux droits des enfants ont été mises en relief comme pratiques qui gravitent autour de l’enseignement coranique et qui sont collées au concept « Talibé ».
Compte tenu des différentes dérives et pratiques qui se sont greffées au concept de Talibé, on se retrouve aujourd’hui avec des perceptions et contenus nuancés selon l’ethnie (Maure, harratine, Peulh, Wolof, Soninké).

Les conséquences de l’inexistence d’une définition claire et précise du concept laisse libre champ à tous les acteurs et intervenant de développer des réponses très différenciées et parfois même

S.D, un élève qui mendie.

Je partais a l école tous les jours comme mes camarades de classe . Notre école n étant pas loin du marché , je profité parfois de la recréation pour quémander un peut. Ainsi j ai pris l habitude de me planter devant les passants , les commerçants avec un pot que j ai ramassé dans la rue.

Des que je vois les écoliers sortir de l école, je rentre chez moi. Maintenant je regrette d avoir abandonné mes cours , ce la fait deux mois que j ai pas été a l école.

Actions concrètes réaliser dans le cadre de la lutte contre la mendicité des enfants en Mauritanie

Il a été créer au MASEF un cadre de concertation et d échange d informations sur les talibés et la mendicité des enfants , en collaboration avec l UNICEF, le BIT, les ONG nationales et internationales pour mener des campagnes de sensibilisation .Dans la politique nationale pour l éradication du fléau contribuer au saint des organismes sous régionaux au développement d une approche sous régionales de lutte contre le phénomène de la mendicités des enfants en passant par les relais communautaire dans le cadre de la Cifordis pour atteindre les groupes cibles tel que les marabouts , les familles, les talibés, service public, osc, etc.

A.S. un petit mendiant désespéré , mes parents m on envoyé a Nouakchott pour apprendre le coran il y a trois ans . Tout les jours , dés l aube mon marabout me réveillé pour que j aille mendier. Parfois je trouve beaucoup d argent , de la nourriture , du riz , du sucre, des biscuits, que je revends au commerçant du coin.

C est très dure pour moi, parfois je passe la nuit dans la rue devant un restaurant . Mon seul souhait aujourd'hui est de retourner chez mon père et ma mère car ma famille me manque. Et je veut réellement apprendre comme tous les enfants.´

Enfants déplacés : Le ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille a suivi environ 17 000 enfants des rues dans neuf des 15 régions du pays par l’intermédiaire de ses centres d’appui à l’insertion des jeunes et d’ONG locales.

Les centres axent leur action sur quatre grands aspects de l’insertion et de la promotion des enfants : l’inscription sur les registres d’état civil, la réinsertion sociale, la lutte contre le travail des enfants et la lutte contre les violences faites aux enfants au moyen d’un appui psychosocial.

Malgré ce programme, l’assistance apportée par le gouvernement à ces enfants était limitée. L’Association Enfants et Développement en Mauritanie, une ONG locale, a suivi 500 enfants qui vivaient dans les rues de Nouadhibou, pour la plupart victimes de la pauvreté et de l’urbanisation de familles précédemment nomades.

Mariya Traoré



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Commentaires (1)

  • a.bennan (H) 14/12/2016 16:58 X

    Parents irresponsables et exclavagistes.De toutes les facons ces gosses de la honte sont des Senegalais et l'Etat doit les expulser en vitesse.Leur pays est specialise dans cette filiere innomable.