12-04-2017 07:45 - Les habitants d’Ould Yengé opposés aux tentatives d’expropriation de leurs terres

Les habitants d’Ould Yengé opposés aux tentatives d’expropriation de leurs terres

Le Calame - Chassez le naturel, il revient au galop ! Une vieille histoire d’accaparement de terres avortée il y a deux ans de cela revient ces jours-ci au devant de la scène.

Grand fut l’étonnement des populations de Ould Yengé de voir le dénommé Bouguely, commerçant de son état, originaire de Guérou, manœuvrer de nouveau dans le but de faire main basse sur de vastes étendues de terres, mise en valeur par les agriculteurs et permettant à leur bétail d’y paître.

« Des personnes non ressortissants de Ould Yengé et du Guidimakha sont venues dans notre département pour s’accaparer des vastes terres appartenant à différentes communautés au su et au vu des autorités locales quelques fois avec leur complicité », se plaignent deux ressortissants de la localité, dans une déclaration au Calame.

Le cas le plus récent est celui qui concerne une occupation illégale des terres dans le département de Ould Yengé qui a fait l’objet de refus de la part des habitants de cette ville et villages environnants qui sont les premiers habitants de cette localité depuis 80 ans, renseignent-ils.

En dépit des vives protestations des habitants de Ould Yengé, ces intrus venus d’ailleurs refusent non seulement d’obtempérer mais s’arrogent aussi le droit, en poussant le toupet, de porter plainte contre les protestataires.

Ainsi, 21 personnes constituées en grande majorité de jeunes enfants ont été contraintes de répondre à la convocation du procureur de la République de Sélibaby, suite à la plainte de l’occupant illégal.

Affichant un mépris notoire, Bouguely ne se présenta pas au tribunal. L’usurpateur plaignant, selon les qualificatifs des populations d’Ould Yengé, et parent proche du procureur de Sélibaby, se fera représenter par son avocat. Après une longue attente, les personnes incriminées dans la plainte du commerçant ont été sommées de quitter les lieux après le report inexpliqué à une date ultérieure de l’audience.

Soudés corps et âme pour défendre leurs terres à tout prix, les habitants de Ould Yengé dénoncent ce qu’ils qualifient «d’affaire louche » qui profiterait à des personnes tapies dans l’ombre, bénéficiant de la complicité de certaines personnalités influentes et tirant les ficelles.

Les populations de la vallée du fleuve en Mauritanie dénoncent régulièrement des mesures d’expropriation de leurs terres sur la base d’une ordonnance adoptée en 1983, pendant que la Mauritanie était gouvernée par une junte militaire.

De nombreux spécialistes du droit foncier déplorent le caractère scélérat de cette ordonnance et relèvent que même le minimum de garanties accordées par celle-ci sont violées par les autorités chargées de sa mise en œuvre dans le cadre de la procédure d’attribution des terres.



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Commentaires (7)

  • lass77 (H) 13/04/2017 06:41 X

    On se croit dans les territoires occupés en Palestine. Honte à ces pratiques qui ressemblent qui n'ont pas foi. Justice au service des nantis.

  • malalbarry8 (H) 12/04/2017 22:43 X

    Ce qu'il faut admettre que partout en Afrique, la terre constitue elle même la nationalité des personnes qui la gère avant les indépendances car c'est elle qui faisait vivre ces populations. Le droit traditionnel existe, c'est en Mauritanie qu'on veut le supprimer pour s'accaparer des terres de la vallée. Qu'allah aide ces pauvres pour jouir des terres de leurs ancêtres. La réforme foncière n'est faite que dans le sens de l'expropriation. Population de Ould Yangé, debout, c'est votre tour après Dar El Barka et ailleurs.

  • cccom (H) 12/04/2017 16:21 X

    @ benan, je sais bien que depuis la promulgation de l’ordonnance 83-127 portant réorganisation fonciére le 27 Janvier 1983 et si la vallée pouvait parler elle vous dira que je sais bien ce que vous dites pour l’avoir appliquer en direct sur des dizaines de milliers d’ha sur le fleuve. Mon objectif par ce posting est d’appeler l’Etat à viabiliser les 60.000 ha du Bas Delta au profit du secteur privé et collectivités locales au coût de 6 milliards d’UM (en option systéme BEERAM) pour produire une liquidité annuelle de 60 milliards d’UM en 1ére année. Tout investissement privé en d’autre lieu que le Delta provoquera une perte de prés de 30% (et pour causes)même avec une subvention étatique de 70% cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr

  • samboy (H) 12/04/2017 15:18 X

    Arrêtez d'accuser les autorités, vous êtes inexistant ce sont des étrangers qui font la pluie et le beau temps à ould yengé. je vous pose la question suivante: Qui gère la mairie de ould gengé aujourd'hui? vous vous effacez devant des minables et vous venez accuser les autorités, ce qui se passe à ould yengé ne se passe dans aucune localité en Mauritanie. des petits agents qui restent plus de 20ans sans être affectés. je pense que même les habitants de ould yengé sont déjà vendu à leur insu.

  • a.bennan (H) 12/04/2017 10:51 X

    Les terres appartiennent à l'État et citoyens détenant des papiers juridiques prouvant qu'ils leurs appartiennent.

  • habouss (H) 12/04/2017 09:44 X

    Ce sont les sionistes en cis Jordanie qui vont ricaner ! Qui l'eut cru ? Ils ont des émules dans cette partie du monde.

  • cccom (H) 12/04/2017 09:27 X

    Excellence Aziz, Permettez moi de vous suggèrer dés votre retour de Paris qu'au lieu d’exproprier les populations de lopins de terres où ils survivent de la famine, je vous prie plutôt d’exproprier des oiseaux migrateurs, des 60.000 ha du Bas Delta ou de transformer le Parc de Diawling en Parc mixte par decret ( sans recours à l’expropriation que nous pouvons , si notre école des aménagements et équipements est consultée) pour les aménager et équiper à crédit à Bouguelli et autres privés et collectivités locales en 6 mois à prés de 6 milliards d’UM pour produire 600.000 tonnes de riz commercialisables à 60 milliards . Cette option garantit la production de 3 fois nos besoins en riz à un coût sans subvention imbattable par la concurrence asiatique cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr Directeur du BEERAM (Bureau d’Etudes d’Equipements et de réalisations agricoles de Mauritanie disposant de 33 ans d’expérience sur le fleuve et les Oasis).