19-04-2017 10:43 - L'Editorial du Calame : Bizarre…

L'Editorial du Calame : Bizarre…

Le Calame - Ould Abdel Aziz est parti, la semaine dernière, en France, après plusieurs années d’une rupture qui ne disait pas son nom. Profitant du séjour, à Nouakchott, du ministre français des Affaires étrangères qui l’aurait invité à se rendre en France, si l’on en croit la très officielle AMI, l’homme du 6 Août a débarqué au Bourget… sans un seul chat pour l’accueillir.

L’invitation d’Ayrault n’était peut-être que protocolaire ? Très peu au fait des pratiques diplomatiques – le contraire aurait, d’ailleurs, étonné, de la part d’un militaire – notre guide éclairé aura donc simplement sauté sur l’occasion d’une vague exposition, à l’Institut du Monde Arabe, pour fouler le sol français.

Et, disent les mauvaises langues, revoir le médecin qui le suit depuis la fameuse « balle amie » de 2012. S’entretenir aussi avec François Hollande, sans qu’on sache sur quoi, exactement. Le président français, à qui il reste, à peine, un mois de pouvoir, n’a visiblement plus grand-chose à faire, sinon recevoir des chefs d’Etat africains.

Même ceux avec qui il avait peu d’atomes crochus, comme le nôtre à qui la France ne parvenait toujours pas à pardonner son faux bond, lors de la guerre du Mali. Alors qu’il avait assuré Hollande, en personne, qu’il apporterait son soutien contre AQMI, après avoir accompli plusieurs opérations par procuration, notre expert ès rectification s’était piteusement débiné, lorsque les armes s’étaient mises à parler.

Ce que l’Etat français n’avait que très modérément apprécié. Depuis les relations ont évolué en dents de scie. Et Ould Abdel Aziz n’a loupé aucune occasion de le faire savoir.

En commençant par glorifier, à tire-larigot, la résistance contre l’occupant français, donnant, au nouvel aéroport de Nouakchott, le nom d’Oum Tounsi, lieu d’un célèbre affrontement, en 1932, où périt, entre autres, le lieutenant Mac Mahon, petit-fils d’un ancien président de la 3ème République française.

En hommage à cette même résistance, notre guide se bat, actuellement, pour ajouter deux bandes rouges au drapeau national, au détour d’une réforme constitutionnelle déjà recalée par le Sénat. Mais Ould Abdel Aziz ne s’avoue pas vaincu.

Il veut, à présent, imposer un referendum dans ce qui s’apparente à un nouveau coup d’état contre la Constitution. Juste pour agacer l’ancienne métropole qui s’est certainement sentie offusquée, lorsqu’il déclara, en Mai 2016, à Néma, que les opposants qui cherchent la bénédiction française peuvent aller se rhabiller. « Ce qui vient de France n’est pas le Saint Coran », avait-il alors péroré, un brin agacé.

Et, tout récemment, lors d’un entretien sur France 24, en réponse à une question sur la décision du Quai d’Orsay de sortir, de la zone rouge, les villes de Chinguitti et Ouadane, il s’est fendu d’une réponse très peu diplomatique : « Zone bleue, blanche ou rouge, ça ne change rien pour nous ». Comme si le tourisme, qui pourrait reprendre, à la faveur de cette décision et faire revivre ces régions, n’était pas important, en soi, pour un pays aussi pauvre que le nôtre.

Malgré ce discours, sinon va-t-en guerre, du moins je-m’en-foutiste, notre chef d’Etat a trouvé cependant opportun d’aller dire au revoir à un président en fin de mandat et dont l’Histoire ne retiendra pas grand-chose… sinon d’avoir donné la bizarre onction française au referendum anticonstitutionnel que le général défroqué s’apprête à commettre ? « Je vous assure, mon cher cousin, que vous avez dit bizarre ! – J’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre… »

Ahmed Ould Cheikh



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 1450

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • ELVALLI (H) 19/04/2017 12:59 X

    L’intervention militaire de la France au Mali (Serval qui dans la durée est devenu Barkhane) est devenue l’unique rampe de lancement du quinquennat de Hollande qui a trompé la Gauche qui l’a porté au pouvoir. Aziz qui, lui, a trompé les pauvres présidents qu’il était censé garder et les pauvres citoyens qu’il était censé protéger des «moufsidines» veut profiter du silence complice de la France devant la tyrannie des dictateurs africains du Sahel du G5 tant que ces derniers aboient comme leurs chiens de garde. Malheureusement nous assistons à l’établissement de bases militaro-industrielles de la France néocoloniale alors même que l’insécurité des Etats, des citoyens el leur pauvreté sont multipliées par une exponentielle. En se taisant devant le pompage du pétrole libyen par la France et son allié Qatar, les dictateurs africains pourront jouir de la complicité de Hollande et du prochain locataire de l’Elysée. Seulement, les peuples africains par leur commerce et leur amitié s’ouvriront plus à la Chine et à l’Inde. Moi Président (enfin que le nom et plus longtemps) c’est aussi valable pour Aziz quoiqu’il fasse !

  • rasshmar (H) 19/04/2017 12:36 X

    Vous avez dit Bizarre ? Comme le Calame est Bizarre ! Comme Ahmed Ould Cheikh (AOC), le génie qui a inventé l’eau chaude, le MAITRE, donneur de leçons à nous autres tarés, est Bizarroïde !

    De deux choses l’une :

    1/ Le « disque dur » d’AOC est naze et son « logiciel » n’a pas été mis à jour depuis le dernier siècle du dernier millénaire.

    2/ AOC a plongé dans les abysses de la mauvaise foi pour assouvir ses rancœurs politiques par ces temps où tout va de travers : les soutiens de de la mouvance politique qu’il sert ont tourné casaque ; l’internationale socialiste s’avère impuissante dans son soutien à l’un de ses énièmes vice-présidents ; les préparatifs du référendum pour la révision constitutionnelle avancent à grands pas.

    Il est ainsi difficilement compréhensible qu’AOC ne puisse pas faire le distinguo dans le rigoureux protocole de la République Française concernant les différentes visites qu’effectuent les Chefs d’Etat étrangers :

    1/ La visite privée avec l’arrivée à l’aéroport du Bourget et sans le moindre cérémonial officiel ;

    2/ La visite officielle de travail avec l’arrivée à l’aéroport d’Orly-Ouest, tapis rouge, garde d’honneur, accueil par des officiels conduits par un membre du Gouvernement, et accueil à l’Elysée par le Président de la République avec le cérémonial d’honneur ;

    3/ Visite d’Etat prévoyant en plus du protocole réservé à la visite officielle de travail, le pavoisement des Champs Elysée aux couleurs des 2 pays, le passage à l’Arc de Triomphe pour l’hommage au soldat inconnu, la réception l’Assemblée Nationale et à la Mairie de Paris, et le diner d’Etat à l’Elysée.

    Comment un monumental éditorialiste du gabarit d’AOC peut-il ignorer que le séjour effectué en France du mardi 11 au vendredi 14 avril 2017 par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’est articulé en 3 phases ? Pourtant même la vendeuse couscous à l’arrêt bus, sait que la visite officielle de travail a eu lieu les mercredi 12 à l’Elysée et jeudi 13 à l’Institut du Monde Arabe, que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz était en visite privée le mardi 11 jour de son arrivée, et le vendredi 14 jour de son départ. Il n’a pas échappé à AOC que le même protocole a été rigoureusement servi aux Présidents Maliens et Burkinabé qui effectuaient des séjours similaires. Observateur avertit de l’actualité, AOC doit avoir noté que seul celui réservé au Président Guinéen Alpha Condé en visite d’Etat a été différent.

    Pour ce concerne l’opportunité de la visite officielle de travail du Président Mohamed Ould Abdel Aziz à la veille de la fin de mandat du Président Hollande, AOC aurait certainement souhaité interroger Monsieur Ayrault lors de son passage à Nouakchott porteur de l’invitation du Président Hollande, mais le Ministre français n’a pas daigné accorder le moindre intérêt à ceux dont il constitue un des principaux haut-parleurs.

    S’agissant des états d’âme d’AOC qui transpirent des lamentables piques à l’endroit du Président François Hollande, elles font penser aux jérémiades d’une maitresse éconduite par son amant.

    Ceci dit, les fortes relations qui unissent la France et la Mauritanie transcendent les mandats de leurs dirigeants actuels et futurs.