12-05-2017 20:16 - Interview avec Anna Joubin-Bret, Avocat au barreau de Paris, sur les investissements directs étrangers en Mauritanie

Interview avec Anna Joubin-Bret, Avocat au barreau de Paris, sur les investissements directs étrangers en Mauritanie

Les Mauritanies - Avocat à la cour à Paris, Anna Joubin-Bret dirige un cabinet spécialisé en droit international des investissements. De passage en Mauritanie, l’avocat spécialisé dans les rapports et les différends entre les investisseurs et les Etats destinataires nous a accordé un entretien exclusif dans lequel elle salue la mise en place d’un centre d’arbitrage, pièce importante de l’environnement des affaires.

Vous avez beaucoup participé à l’assainissement du climat des affaires en Mauritanie. Aujourd’hui comment évaluez-vous l’attractivité du pays ?

La Mauritanie est classée parmi le top 10 des pays les plus réformateurs pour améliorer le climat des affaires. Donc, c’est un très bon élève dans le classement Doing Business la Banque Mondiale. L’Etat a beaucoup travaillé sur le cadre juridique et réglementaire des investissements. Je pense que cela a forcément un effet bénéfique sur l’attractivité.

Cependant, il reste beaucoup de difficultés notamment liées à l’environnement international, qui font qu’aujourd’hui les investissements en Mauritanie sont peut être moins importants de ce qui aurait été espéré. Cette baisse d’investissements est essentiellement due à la chute des cours de matières premières, notamment du pétrole et, globalement, à la situation géopolitique de la sous région.

En tant que juriste consultante internationale, que représente la Mauritanie aux yeux des partenaires privés ?

Il est clair que c’est un pays qui regorge de grands potentiels naturels. C’est aussi un pays attractif pour les Investissements Directs Étrangers. Mais il importe de signaler que ces investissements nécessitent une protection juridique particulière compte tenu de la situation géopolitique régionale mais aussi du fait que ce sont des investissements moins profitables que par le passé.

Aujourd’hui, ce qui est essentiel, c’est que les Etats sont très souvent en concurrence les uns avec les autres pour attirer plus les investisseurs étrangers. Il est donc important d’une part de pouvoir octroyer plus d’avantages pour se démarquer et, d’autre part, de proposer une offre alléchante pour la destination Mauritanie.

La mise en place du Centre d’arbitrage par les autorités Mauritaniennes pourra-t-elle booster les IDE? Et Comment ?

Il est indéniable que tout ce qui concourt à une possibilité d’exécution des contrats et de leur mise en œuvre est conclu au niveau des acteurs privés ou entre les acteurs privés étrangers ou nationaux et les différentes agences de l’Etat.

Le fait de proposer un centre d’arbitrage qui permette de pouvoir recourir au mode alternatif de règlement de différends est un point fort des reformes entreprises par la Mauritanie durant les dernières années pour mieux assainir l’écosystème des affaires.

Quelles sont vos perspectives concernant le flux d’IDE en Mauritanie sur les dix prochaines années ?

Un des atouts majeurs de la Mauritanie est évidemment sa position géographique et ses ressources naturelles variées et potentielles (Pêche, Agriculture, Mines, Pétrole, Gaz et d’autres, … etc).

Donc je pense que c’est un atout qui ne disparaîtra pas et ne nécessite pas de la part de l’Etat un investissement très lourd pour le mettre à la disposition des investisseurs. Aujourd’hui, on sent que la Mauritanie est entrain d’améliorer le cadre juridique et l’infrastructure de base à savoir les routes, les aéroports, les zones portuaires et les centrales énergétique.

Ce qui complique un peu les choses, c’est que les investisseurs qui viennent en Mauritanie sont plus orientés vers les ressources naturelles, principalement dans le secteur minier et pétrolier, aujourd’hui en décroissance. En plus de ces facteurs, il faudrait aussi noter que le marché des investissements étrangers est devenu restreint à cause de la concurrence au niveau mondial.

Par ailleurs, l’accord d’association signé entre la Mauritanie et la CEDEAO constitue un atout très important puisqu’il ouvre pour les entreprises étrangères installées en Mauritanie l’accès au marché de la CEDEAO et du coup, le faible niveau du marché intérieur mauritanien va être compensé.

En gros, la Mauritanie pourra s’appuyer et jouer sur l’ensemble des atouts précités pour pouvoir booster les investissements privés dans les 10 prochaines années.

Propos recueillis par Mariata Dieng, Nouakchott


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Commentaires (1)

  • jakuza (H) 12/05/2017 23:48 X

    L'IMF à 2,5% du chiffre d'affaires est dissuasif! Cet IMF que les services fiscaux considèrent comme un acompte sur l'impôt sur le bénéfice est acquitté même en cas de pertes! Quel cynisme! Cet IMF est une taxe que ne paient que les entreprises étrangères astreintes à des vrais bilans. Chez les "hommes affairés" nationaux ce sera la triche, la corruption le faux et usage de faux! Désespérant!