17-07-2017 09:55 - Politique : la deuxième, d’abord et le troisième, ensuite !

Politique : la deuxième, d’abord et le troisième, ensuite !

Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb - La politique est un domaine d’illustration par excellence de la dynamique ; ce concept qui peut aller d’un sens abstrait philosophique à une discipline que des lois vérifiées régissent ses fondements. Ici, c’est l’évolution dans le temps des phénomènes à caractère politique qui nous intéresse.

Plus explicitement, la dynamique politique, montre qu’il n’y a pas d’ennemi définitif comme il n’y a également pas d’amis pour toute la vie. En effet, l’ennemi d’hier peut être l’ami d’aujourd’hui et tous les amis peuvent aussi devenir, demain, des ennemis jurés. Tout dépend d’intérêts conjoncturels. De ‘’Belletigue’’, n’en parlons même pas !

Autour de nous, tout bouge sur le plan des relations bilatérales et multilatéral entre les grands ensembles politiques, géographiques, économiques, sociaux et religieux. Ces rapports instables et fort changeants, sont visibles aussi entre les pays, pris individuellement, et au sein d’un même pays à l’échelle des partis politiques, des groupes économiques, de l’organisation sociale et religieuse, etc.

Les alliances qui se font et se défont chez nous depuis particulièrement 2005, montrent que nous ne faisons pas exception à la règle. Ceci est vrai puisque notre pays a connu, depuis cette date, une dynamique politique caractérisée principalement par les conséquences, sur la scène nationale, du soutien apporté, au deuxième tour des présidentielles de 2007, au candidat des militaires par le Président de l’APP (Allah yichfih), du ‘’ mouvement de rectification’’ et la naissance du FNDD en 2008, de l’accord de Dakar en 2009, de l’absence, contre toute attente, d’un second pour les élections de 2009, et enfin, de la tentative en 2011 de cloner, chez nous, les mouvements du printemps arabe, déclenchés vers la fin de l’année 2010 en Tunisie.

Les analystes politiques, considèrent que la situation du pays n’a pas pu se redresser depuis lors malgré l’effort fourni par le pouvoir en place et destiné à organiser un dialogue effectivement inclusif et à parvenir, pour l’intérêt général, à un consensus entre toutes les forces concernées du pays.

Le dernier des dialogues auxquels a souvent appelé le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, était « Le Dialogue National Inclusif de 2016» ; celui-ci avait abouti à des conclusions dont les plus importantes se rapportent à un ensemble de changements dans la Constitution.

La mise en œuvre de tels changements a été freinée par leur rejet par les Sénateurs de l’UPR. Cet acte avait conforté l’opposition dite radicale (FNDU et RFD) et sonné, pour elle, le glas de l’ère de la faiblesse du pouvoir.

Cet échec enregistré au niveau du Sénat, a été attribué à un ensemble de facteurs, traités déjà dans un article publié dans le site Cridem du 19 mars 2017 sous le titre «Vote du Sénat : pourquoi ce rejet ou comment sortir de la situation qu’il crée? »
Depuis lors, la scène politique nationale continue d’être en ébullition et les médias ne cessent de nous livrer des contenus contradictoires et des positions des principaux protagonistes, irréconciliables.

En ce qui concerne l’opposition, faire capoter le référendum sur la Constitution par le boycott passif ou actif était –et reste- une simple manœuvre tactique. Son véritable plan était, jusqu’à récemment, celui de gagner les élections présidentielles de 2019 à travers un candidat unique consensuel qui semble avoir été déjà plus ou moins connu. Mais, dit-on, ‘’les vents ne soufflent pas toujours comme l’auraient souhaité les capitaines des navires’’.

Aujourd’hui, cette opposition est déboussolée et perd continuellement de vitesse malgré sa capacité de mobiliser un public qui ne lui a jamais été fidèle le jour J, c'est-à-dire quand elle en avait vraiment besoin pour lui mettre son bulletin dans les urnes.

Quant au camp de la majorité, il a commencé à gagner une crédibilité perdue suite notamment à certaines déclarations du Président de la République lors de la cérémonie de clôture du dernier dialogues en 2016 et d’interviews accordés à des médias étrangers.

Face à la situation actuelle résultant de l’évolutions des choses sur les plans national et international et à ses faibles chances de gagner les élections de 2019, l’opposition se voit contrainte de choisir le boycott passif du référendum du 05 Août prochain ainsi que l’incitation du peuple à se soulever pour exiger le départ précipité du Président Aziz.

La Majorité qui se trouve dans une situation meilleure, son slogan est « la deuxième, d’abord et le troisième, ensuite ». Sa priorité est donc de finir avec la deuxième chambre du Parlement (Chambre Haute) ; la suppression de cette dernière étant une étape importante sur la voie du fameux troisième mandat sur lequel travaillent, en douce, les vrais auteurs de la politique du pouvoir en place.

En conséquence, les candidats à la future Assemblée parlementaire seront passés à la loupe afin de garantir toute initiative relative à un autre changement constitutionnel ou à toute autre alternative ayant la même portée.

Nul doute que des députés issus de la volonté du peuple, peuvent décider en son nom ou, au pire des cas, demander d’y faire recours pour toute ambition personnelle ou collective. Que dit déjà l’article 2 de la présente Constitution à ce sujet? Essssss ou Isssssss ?

Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME

FNDD : Front National de Défense de la Démocratie, né au lendemain du coup d’Etat de 2008 ;

APP : le parti Alliance Populaire Progressiste de Massoud Boulkheir



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Commentaires (1)

  • boubou_kibili (H) 17/07/2017 13:47 X

    Louis XIV disait l'État c'est moi ce qui est déjà grave pour la démocratie. Notre monarque lui dit plus grave l'Etat c'est moi et a moi tout seul. Voilà comment tous nos problèmes sont pzrtis. Quand vient s'y ajouter l'incompétence,l'arrogance,l'injustice, la mauvaise gouvernance vous comprendrez que ce pays est foutu dans lesquels tout devient malheusement possible....