21-07-2017 15:51 - Mauritanie : les médecins s’emportent contre leurs conditions de travail

Mauritanie : les médecins s’emportent contre leurs conditions de travail

Le Reflet - Les médecins mauritaniens ont tenu un sit-in devant le ministère de la santé, lundi 17 juillet 2017. La manifestation est organisée par le syndicat des médecins spécialistes en collaboration avec celui des médecins généralistes. Les porteurs des blouses blanches protestent contre leurs conditions de vie et de travail.

On est lundi matin, plusieurs dizaines de médecins, en blouse blanches, ont pris d’assaut la devanture du ministère de la santé. Ce, pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail. Sur les banderoles qu’ils déployaient, peut-on y lire entre autres : Le secteur de la santé s’écroule, il faut intervenir maintenant, le citoyen mérite une prestation médicale meilleure, on réclame des médicaments de qualité avec des prix uniformisés ou encore la gratuité des urgences.

Mais on pouvait également voir sur les pancartes de ceux qui s’estiment « victimes comme leurs concitoyens de l’échec du secteur de la santé », des images de salles de soins dans un état pitoyable (sang versé sur les carreaux, des toilettes mal entretenus), et des médicaments vendus par n’importe qui et n’importe comment.

Selon Dr Haimed Ould Ahmed Salim, porte parole du syndicat des médecins spécialistes mauritaniens, ce sit-in est le deuxième du genre après un autre tenu il y a 15 jours. « Nous sommes là parce que nous en avons le raz le bol des mauvaises conditions de travail et de vie » s’est-il insurgé.

Comme l’éducation, les autorités mauritaniennes semblent se désintéresser du secteur de la santé aussi, depuis bien de moments. En conséquence, beaucoup des médecins s’occupent de leurs propres cabinets privés au détriment du public. A l’Hôpital National, aux urgences, chaque jour des patients meurent ou du moins frôlent la mort en attendant l’arrivée d’un médecin.

En marge du sit-in, un jeune infirmier témoigne du cas d’un accidenté arrivé aux urgences en week-end. « Au téléphone, le stagiaire m’a dit que le cas n’était pas grave parce que, justement, le médecin auquel il a soumis le cas au téléphone, lui a dit que ce n’était pas urgent». « Grande fut ma déception quand j’ai découvert tard dans la soirée que le patient était dans le coma » a-t-il rajouté.

De plus, à l’Hôpital National, tout se paye par le patient ; de la consultation, jusqu’ aux gants du médecin en passant par les seringues. On note également que la pharmacie de l’hôpital étant quasiment vide, il faut aller trouver les médicaments l’extérieur. C’est d’ailleurs plus cher, à l’extérieur.

Les manifestations des médecins amèneront ils les autorités à constater la catastrophe que court le secteur de la santé et d’« intervenir maintenant »? C’est en tout cas l’espoir nourris par les syndicats. Pour l’heure, les mauritaniens continuent de peiner pour se soigner correctement. Et ça, c’est de la responsabilité des autorités.



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 730

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • donogaladiegui (H) 21/07/2017 20:58 X

    Je ne comprends rien du tout à leurs revendications ! Que veulent-ils au juste ? Je voudrais dire à ces fameux médecins d'être d'abord honnêtes avec eux mêmes et reconnaître que le président depuis 2008 à mis tous les moyens de l'État à la santé, des hôpitaux équipés,des médecins recrutés sans concours , des écoles de santé et j'en passe. Le reste n'est n'est que cinéma pour cacher votre manque de conscience professionnelle ."Towf"

  • zelimkhan2 (H) 21/07/2017 20:18 X

    Les médecins dites-vous ou j'ai mal compris? Une bande de tueurs en série légalisée oui ! Pas un ne fait son travail comme il a juré de le faire. Pas un ne réactualise ses connaissances pour exercer avec son temps. Tous court d'abord et avant tout pour l'argent. Les seuls à les battre sont les boulangers qui font plus de baguettes qu'ils ne consultent de patients comme dans une rotative. Y en a marre de ces pékins.