05-08-2017 11:11 - Esclavage en Mauritanie : vers une prise de conscience ?

Esclavage en Mauritanie : vers une prise de conscience ?

Mediapart - Malgré son interdiction depuis 1981, l’esclavage existe toujours en Mauritanie. Grand défenseur des droits de l’Homme dans son pays, Biram Dah Abeid ne cesse de dénoncer le maintien et de cette pratique et appelle les Nations Unies à se saisir de la question.

Ils seraient environ 43 000 esclaves en Mauritanie. Ce chiffre, aussi surprenant qu’inquiétant, a été dévoilé par le « Global slavery index » en 2016 et fait de ce pays nord-africain l’un des plus touchés par ce phénomène. Mais cette réalité peu reluisante est niée par le pouvoir qui n’apprécie pas l’activisme de Biram Dah Abeid.

Le militant antiesclavagiste qui a reçu le prix des droits de l’homme de l’ONU en 2013 a été emprisonné à plusieurs reprises et son ONG L’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) n’est toujours pas reconnue par les autorités mauritaniennes.

Pourtant, Biram Dah Abeid ne désarme pas et vient d’adresser une plainte à la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les formes modernes d’esclavage afin de dénoncer ce fléau.

Il déplore l’attitude des voisins de la Mauritanie : « L’Union africaine et ses différentes institutions restent malheureusement quasi silencieuses et acquises à ce système d’apartheid implanté en Afrique de l’Ouest, à savoir le système mauritanien qui érige l’oppression de personnes d’ascendance africaine, l’esclavage et le racisme anti-noir en système de gouvernement ». Le fondateur de l’IRA compte bien mettre en lumière le problème de l’esclavage grâce à cette plainte déposée auprès de l’ONU.

Le combat de Biram Dah Abeid commence à trouver un écho et début juillet, il a même rencontré le célèbre révérend américain Jesse Jackson, ancien compagnon de lutte de Martin Luther King.

Les deux hommes ont pu échanger leur point de vue pour accélérer la fin d’une pratique d’un autre âge. Malheureusement, l’évolution des mentalités en Mauritanie est très lente et la pratique demeure très courante surtout dans certaines régions rurales.

Le pays est l’un des derniers à avoir interdit l’esclavage en 1981 et ce n’est qu’en 2007 que la pratique a été criminalisée. Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que la Mauritanie sorte de ce fléau.

Un chemin d’autant plus long et difficile que les pouvoirs publics continuent de faire la sourde oreille. Seules une prise de conscience de la communauté internationale et les pressions qui pourraient en résulter pourraient conduire à une évolution positive et indispensable.





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Commentaires (3)

  • ariamarib (H) 05/08/2017 13:52 X

    M. Birama se comporte comme un vautour qui vit des cadavres du passé. Demain, ce sont les vrais vautours qui vont vivre des cadavres des mauritaniens sans distinction de couleurs. Il faut interdire ce genre d'individus qui appellent à la haine. Leur aiguille est bloqué sur le passé et n'ont aucune vision sur le futur. Leur présence donne du poids au pouvoir actuel car il va jouer sur la division, la sécurité ... Changez de paradigme si vous souhaitez être comptabilisé dans les contributeurs du chaos comme M. Birama (le pauvre - Allah yehdih).

  • jakuza (H) 05/08/2017 11:34 X

    Biram a rencontré Jesse Jackson qui ne vaut pas un clou aux USA depuis les injures qu'il a proféré contre Obama, alors candidat la présidence... Qui se ressemblent... Surpris de voir Médiapart connu pour le sérieux de ses investigations reprendre "à la volée" ce nombre... hallucinant de 43 000 esclaves.. Moi, je suis d'avis qu'il faut débusquer ceux qui continuent cette pratique avilissante et les châtier ...

  • Bertrand (H) 05/08/2017 11:21 X

    L'esclavage n'existe que dans vos têtes d'esclave ou il partage le pouvoir avec le mensonge. Biram est un grand défenseur des subsides qui les vieux gays Européens pervertis et déterminés à pervertir le monde musulman lui offrent pour sa trahison et son défaut de grandeur. Ils recrutent dans le petit monde,les gens sans honneurs. Ce qui est réconfortant c'est que la civilisation du mensonge et du faux est en train de rendre son dernier souffle. La fin sera douloureuse pour tout le monde,mais bon débarras.