13-08-2017 10:12 - Mauritanie: vers une radicalisation du régime de Ould Abdel Aziz

Mauritanie: vers une radicalisation du régime de Ould Abdel Aziz

Le360 - Des milieux proches de l'opposition mauritanienne nourrissent la crainte d'une radicalisation du régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz après le référendum du samedi 5 août 2017, suite à l'arrestation de du sénateur Mohamed Ould Ghadda.

Après le référendum constitutionnel organisé en Mauritanie le samedi 5 août dernier, des milieux proches de l’opposition et même des organisations de la société civile, craignent une radicalisation et un tour de vis contre les libertés collectives et individuelles de la part du régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Cette crainte est nourrie par deux faits récents enregistrés en 24 heures d’intervalle, et qui ont tous impliqué la personne de Mohamed Ould Ghadda, membre du sénat supprimé à la faveur du scrutin du week-end dernier, mais qui conserve son titre et son statut d’élu au moins jusqu’à la validation des résultats de cette consultation populaire très contestée, par le Conseil Constitutionnel.

Le sénateur, qui préside une commission d’enquête sur les marchés de gré à gré attribués à des personnalités présumées proches du président Mohamed Ould Abdel Aziz, a été empêché de quitter le territoire national quand il s’est présenté jeudi dernier, au débarcadère de Rosso pour se rendre au Sénégal, de l'autre côté du fleuve.

Le lendemain vendredi, des policiers en civil sont venus l’arrêter à son domicile de Nouakchott, le conduisant vers «une destination inconnue», selon une alerte donnée par maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, ancien bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA).

Commentant cette nouvelle mesure, l’avocat affirme «qu’elle conforte chez les Mauritaniens le sentiment des dérives dangereuses vers lesquelles s'oriente le régime en place, qui diversifie les moyens de répression contre ses opposants, les jetant sans autre forme de procès, dans ses geôles, réduisant leurs libertés constitutionnellement garanties et étalant leurs communications privées sur la place publique. Des pratiques illégales et arbitraires que tous pensaient révolues, mais qui refont surface sous ce régime et son gouvernement incapables de trouver des solutions aux problèmes quotidiens que rencontrent les populations ».

Evoquant cette arrestation, un éditorial du site d’informations en ligne «RmiBiladi» condamne «le retour des vieilles méthodes de la police politique, avec le kidnapping des opposants et la résurrection de l’infraction d’atteinte à la sûreté de l’Etat, une véritable notion fourre-tout».

Sur les raisons de l’arrestation de Mohamed Ould Ghadda, deux interrogations pour le moment. Serait elle liée à des messages trouvés sur son téléphone cellulaire, mis sous scellé dans le cadre d’une enquête menée par la gendarmerie suite à un accident mortel de la route sur l’axe Nouakchott/Rosso ?

Ce fait serait-il plutôt en rapport avec l’évocation récente sur sa page «Facebook» du témoignage d’un ex sous-officier visant à mettre en doute la thèse officielle de la balle «amie» après un tir sur le président Mohamed Ould Abdel Aziz en novembre 2013 ?

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya




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Source : Le360 (Maroc)
Commentaires : 7
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Commentaires (7)

  • Sidikader200 (H) 14/08/2017 16:52 X

    Jakuza, Et les hôtels particuliers que Aziz , le president soi-disant des pauvres, a acheté pour ses enfants dans le 6eme arrondissement de Paris, c'est ne sont pas des preuves !. Il suffit d'aller sur le net pour découvrir ces somptueux appartements .

  • jakuza (H) 13/08/2017 16:20 X

    ariamarib (H), si vous êtes véridiques produisez vos preuves sinon taisez-vous à tout jamais! Wikileaks n'a jamais fourni le moindre élément sur Aziz...

  • jakuza (H) 13/08/2017 16:17 X

    A opposition radicale il faut un pouvoir radical, pour le salut du pays et la quiétude des populations qui ne sont pas négociables!

  • ariamarib (H) 13/08/2017 14:59 X

    Aziz détient à lui seul la majeure partie de la fortune de la Mauritanie Il est devenu selon Weakeleas l'un des hommes les plus riches en quelques années. Sa fortune touche à tous les secteurs économiques et place tous ses cousins ainsi que leurs femmes pour contrôler cet empire colossal. Il vise un 3eme mandat pour pendre la part du lion du gaz naturel. Nous n'avons pas de leçons à recevoir de ces pauvres laudateurs qui sont payés avec des miettes pour justifier l'injustifiable et applaudir comme si cela est enregistré dans leur inconscience. Qu'Allah préserve la Mauritanie de ce Président qui est pire que les sauterelles et qui serait prêt à massacrer son peuple pour défendre ses intérêts ... Les laudateurs ne vous diront pas qu'il a fait tout ce cirque constitutionnel pour : - éliminer les institutions qui peuvent entraver son plan diabolique pour le pays - briguer un troisième mandat pour continuer l'expansion de son empire et le défendre - la prochaine fois, il paiera les électeurs aux sorties des urnes (un système plus sophistiqué sera préparé). Nos avis et nos voix ne pourront jamais comparer face à sa puissance financière et institutionnelle. Pauvres laudateurs ... vous partagerez à longueur de journée les conséquences des malheurs des biens mal acquis par Aziz gare à vous d'Allah !!! La vie ne vaut pas de voler les biens de tous es pauvres gens ...

  • abouth (H) 13/08/2017 13:13 X

    L'opposition islamo-socialo-anarchiste a ceci de particulier, qu'elle n'existe que sur les réseaux sociaux et les sites qui lui sont dévoués; aucune présence sur le terrain, aucune capacité électorale, aucun programme de gouvernement; rien, que la provocation à l'infini et l'apologie du chaos, comme dans les pays du Printemps arabe...

  • farouq (H) 13/08/2017 12:17 X

    Tout à fait dégoûté par rapport à tous ces événements. De toute façon tout finira un jour. Et que chacun récoltera ce qu'il aura semé. Que Dieu nous guide sur le droit chemin- Ameen

  • abouth (H) 13/08/2017 10:25 X

    Le pouvoir le plus libéral qu'a connu et que connaîtra la Mauritanie, c'est celui du président Aziz; les libertés d'expression, de manifestation et d'organisation, n'ont jamais autant été respectées, dans le pays; certains en abusent pour insulter, diffamer, corrompre et comploter contre la sécurité du pays et sa cohésion sociale, il est tout à fait normal qu'ils subissent la rigueur de la loi, comme cela se passe partout dans le monde. Dans un pays voisin, il a suffi à une chanteuse de prononcer un seul mot de travers, contre un chef de l'état, pour se retrouver derrière les barreaux. Ici, on stigmatise, on diffame bassement, sans conséquence légale, le delit de presse n'existe plus en Mauritanie. Certains abusent de ces libertés, pour attenter à la stabilité, à l'unité et à la sécurité du pays, en intelligence avec l'étranger; il est alors normal qu'ils soient dissuadés pour éviter le sort tragique survenu dans certains pays de la sous-région...