14-08-2017 22:45 - La question de légitimité et les réponses mauritaniennes

La question de légitimité et les réponses mauritaniennes

Le Calame - Le président Moktar Ould Daddah – Dieu ait son âme vénérable – était déjà éveillé quand vers quatre heures, le matin du lundi 10 Juillet 1978, son aide-de-camp, le lieutenant Moulaye Hachem Ould Moulaye Ahmed, lui signifia que l’armée lui retirait sa confiance.

Dès le 14 Septembre 1978, ce dernier était en résidence surveillée pour avoir voulu organiser un nouveau mouvement de troupes. Ses prédécesseurs, successivement au plus proche du fondateur de la Mauritanie contemporaine, furent dans le même ordre chronologique au pouvoir, par la force, et en tombèrent de même : le lieutenant colonel Mustapha Ould Mohamed Saleck, le 6 Avril 1979, puis le lieutenant colonel Mohamed Khouna Ould Haïdalla, le 12 Décembre 1984 [i], puis le lieutenant colonel Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya, le 3 août 2005 [ii].

Mis à la place du président du premier comité militaire par ses collègues, le lieutenant colonel Ahmed Ould Bousseif disparut en accident d’avion, le 28 Mai 1979, et nominalement à la tête de la junte de 2005-2007, le colonel Ely Ould Mohamed Vall ne serait pas mort de façon naturelle le 5 Mai 2017.

Ostensiblement démissionnaire de l’armée [iii] pour pouvoir être candidat à l’élection présidentielle que son putsch du 6 Août 2008 avait fait anticiper, le général Mohamed Ould Abdel Aziz a failli mourir d’une « balle amie », reçue le 13 Octobre 2012.

Chacun de ces officiers a assumé, et leur successeur à tous, plus encore, la déclaration répétée des juntes, comités et conseils successifs dont le pays pâtit depuis près de quarante ans, à la seule mais si courte exception d’une quinzaine de mois [iv]: la tentative démocratique du seul président de la République islamique à avoir été élu par un scrutin transparent, internationalement certifié, pluraliste et à deux tous, celle de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Plusieurs ont voulu faire de leur coup de naissance le nouvel anniversaire officiel du pays : le 10 Juillet a été ainsi quelque temps célébré, puis le « 12-12 » et ingénieusement, le général Mohamed Ould Abdel Aziz se fait investir le 5 Août 2009, veille de l’anniversaire de son putsch, puis vient de faire voter le 5 Août 2017.

Contrairement à tous ses prédécesseurs, il a la dictature discrète puisque la liberté de la presse écrite n’est pas entamée, sauf à ses débuts, les ennuis encourus par le fondateur du site Taqadoumy, plus gênant, et qu’aucun assassinat, aucun massacre n’a encore eu lieu. Au contraire, le sang versé sur ordre des autres, dans l’armée dressée contre elle-même (les années de braise mais aussi les mystérieux drames de Lemgheity et de Tourine) devient le symbole qu’il faut ajouter au drapeau national.

Les paroles publiques tiennent lieu de peloton d’exécution : tout ce qui a précédé le règne actuel fut proclamé dès 2008 corrompu et gabegie, un cinquantenaire englobant alors le président Moktar Ould Daddah, et donnant donc a contrario l’administration française en modèle… et l’institution qui résistait à la tentative de parjurer la Constitution révisée du Juillet 1991, a été déclarée ces derniers moyens comme fauteuse des plus graves dommages qu’ait subis la Mauritanie.

Oui, les forces armées sont le dernier recours et détiennent la souveraineté nationale. Moktar Ould Daddah se retint de répliquer à celui qui changeait le destin du pays en lui donnant une leçon de légitimité. Il ne l’a pas donnée non plus en écrivant ses mémoires – significativement paru, juste le lendemain de sa mort, à l’étranger où dès son incarcération, vingt-cinq ans plus tôt, il avait déjà été évacué sanitaire.

Les militaires, depuis cette date et sans exception, ont cherché à recéler des institutions qu’ils n’ont pas fondées, celles prévues par la Constitution, la présidence élective de la République [v], et auparavant, aussi explicitement, à mimer l’organisation du Parti unique de l’Etat qui avait façonné l’exercice de la souveraineté nationale à ses origines : une permanence du Comité ou du Conseil militaire administrée par un officier, un mouvement de volontaires, puis quand le retour à des élections pour la plus haute charge de l’Etat fut décidé, le PRDS, un parti pour la montre.

Légitimer cette façade fut tenté presqu’aussitôt le premier putsch par le premier de ces présidents : un conseil consultatif fut désigné par Mustapha Ould Mohamed Saleck, ce qui, entre autres motifs, le fit écarter du pouvoir, puis suivirent tous les tâtons de scrutins locaux, à partir de 1986. Dès lors commença la contestation de chacune de ces élections, qui ne s’est pas tue depuis presque dix ans.

La parade pour justifier le parti-Etat et des scrutins douteux, pour lesquels sont récusés depuis 2013 toutes observations étrangères, même africaines (« l’Union européenne n’est pas un baromètre »…), a été subtile mais coûte à ce qui fonde une nation : sa propre mémoire d’elle-même.

L’histoire nationale n’est – sauf erreur, et surtout sauf initiatives personnelles des enseignants du cycle primaire et du cycle secondaire – pas enseignée « au-delà » de l’indépendance. Surtout, elle est publiquement falsifiée par l’homme fort.

Ely Ould Mohamed Vall prétendit que le parti unique de l’Etat avait été l’instrument d’une dictature et que si les militaires organisaient, pour l’exercice de chacun des mandats qu’ils se sont octroyés, un parti, majoritaire par construction et aisément constitué les mœurs politiques ne changeant plus depuis 1978, ce n’était pas plus, ce n’est pas plus peccamineux que le Parti du Peuple mauritanien [vi].

C’est commettre deux erreurs monstrueuses.

La première ignore que le Parti du Peuple mauritanien est né de la fusion volontaire et unanimitaire de toutes les forces politiques du pays, au moment de l’indépendance.

Que cette fusion fut minutieusement préparée et organisée en « table ronde », qu’ensuite l’exercice du pouvoir fut constamment partagé avec les opposants ralliant le Parti, notamment à la suite de séminaires des cadres [vii], sans aucun des théâtres et dialogues qui se sont succédés sans effet depuis les « états-généraux de la démocratie » tenus du 25 Décembre 2008 au 5 Janvier 2009, encore au printemps dernier [viii].

Le seul colloque qui ait eu de la sincérité et de la fécondité a été les journées de concertation [ix] organisées par Habib Ould Hemet, ministre secrétaire général de la présidence pendant la première transition démocratique, qui suivit le renversement de Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya.

La seconde prétention des militaires, voulant faire croire que leur autoritarisme, caractérisa le régime fondateur, méconnaît le fait avéré dont tous les collaborateurs de Moktar Ould Daddah de 1957 à 1978 ont témoigné. Le Président était obsédé par l’unité nationale à manifester par la participation du plus grand nombre, et notamment de la jeune génération, à l’exercice du pouvoir.

Au point que le comité permanent du Bureau politique national, dirigeant de fait le pays depuis les réunions de la « table ronde des partis et mouvements politiques » [x] existant à la proclamation de l’indépendance, ne fut plus constitué après le congrès d’Août 1975, et cela malgré son évidente nécessité puisque le pays avait certainement besoin d’une direction de guerre très restreinte.

Au contraire, comptant autant de membres de droit que d’élus, le B.P.N. que devaient faire prisonnier les putschistes de Juillet 1978, comptait parmi eux de nombreux ennemis, sinon des traîtres. Ce sont ces civils qui encouragèrent et même « « légitimèrent » les militaires dans leurs velléités puis leurs projets.

En comité permanent et au Bureau politique, on délibérait et décidait sans voter, depuis la crise d’Octobre 1963 qui conduisit à une refonte mentale complète, celle du congrès extraordinaire tenu, du 25 au 31 Janvier 1964 à Kaédi : en fait, une conférence des cadres, sans que ceux-ci soient forcément adhérents au Parti dans sa forme d’alors.

Moktar Ould Daddah était démocrate et le Parti unique de l’Etat tendait à l’être. Si le système de la liste unique prévalait, c’est que les élections n’avaient pas le sens d’un leurre comme aujourd’hui, elle consacrait un consensus auparavant acquis. Les rapports moraux du secrétaire général étaient circulés dans toutes les sections et instances locales, et étaient amendés avant d’être soumis au congrès périodique.

Moktar Ould Daddah s’en est souvent expliqué, publiquement ou plus intimement : « nous sommes certainement le pays du Tiers Monde qui consacre le plus de temps aux réunions. Je suis peut-être un mauvais président : j’ai la manie de vouloir sur chaque question inscrite à l’ordre du jour, demander à chacun son avis. Je pars du principe que je ne détiens pas la vérité, et comme toute vérité est relative, j’essaie de connaître aussi celle des autres.

Il m’est arrivé de modifier ou d’abandonner une idée que j’avais avancée. Comme dans ces instances, on ne vote pas, je me rallie souvent à ce qui me paraît être le consensus. Ce qui est conforme à mon tempérament et à ma conception du pouvoir »
[xi]

« Dans le Parti et dès la création du Parti, j’ai personnellement voulu, que le Parti représente toutes les classes de la société. En instituant des membres de droit, généralement élus par les instances qu’ils présidaient, nous assurions un minimum de représentation. Nous le tentâmes même pour les régions, puisque les secrétaires fédéraux ont été au début, membres de droit du Bureau politique.

Les commissions de désignation, quand il y en eut, étaient une initiation. Nous vivions aussi le dualisme Parti/Etat que nous avons essayé d’atténuer en faisant que tous participent au Bureau politique ou au Bureau fédéral dans chacune des régions.

Mon souci constant même quand ce ne fut pas possible ou ne se réalisa pas était que le Parti soit le parti de tous, classes sociales, individus. Et une fois acquise cette intégration, le pluralisme pouvait être un chemin vers le multipartisme. Une expérience pouvait me paraître en voie de de réussir, alors que pour d’autres elle était un échec patent.

Parfois les divergences se déclarèrent au grand jour, j’en ai souvent fait état dans ce livre. Mais rares finalement furent les opposants au projet proposé, aux propositions ou aux réformes, à notre dessein de faire un Etat-nation, l’Etat-nation mauritanien.

Et là était l’essentiel. »
[xii] « La pratique a révélé que la connaissance la plus approfondie des problèmes de nos populations et de leurs aspirations qu’impose l’exigence de démocratie, nécessite une plus large participation, et donc l’élargissement de la Direction Nationale du Parti. L’élargissement vise à responsabiliser davantage les membres du Gouvernement non membres élus du B.P.N. et à donner plus de cohésion et d’efficacité au Gouvernement » [xiii].

« Qui à l’époque a pu ne pas observer cette façon de prendre nos décisions d’orientation les plus fondamentales ? Certes, beaucoup venaient de ma conviction, mais cette conviction je la formais dans mon esprit en écoutant dans les instances du Parti et en dehors, chez les jeunes autant que chez les vieux. Beaucoup d’idées me sont toujours venues des autres, et mon opinion est faite d’après mes informations recueillies des uns et des autres.

Des réunions du B.P.N. ou du conseil des ministres, dont chacun se souvient qu’elles pouvaient durer la journée, voire plusieurs jours, je ne saurais dire lesquelles étaient les plus stimulantes et informatives pour moi.

Chacune avait son domaine, très probablement les ordres du jour n’étaient jamais les mêmes bien que parfois les questions se recoupaient. Le rapport moral du secrétaire général du Parti [1] était soumis au Bureau politique national, débattu, adopté avec des modifications selon les cas ;

il était ensuite présenté à la base, région par région où se rendaient un ou plusieurs membres du Bureau politique ; le Congrès, c’est-à-dire le peuple souverain réuni en Congrès l’entendait, le discutait, le disséquait en commissions spécialisées ou de synthèse en même temps qu’étaient présentés,, le plus souvent des rapports sectoriels par les secrétaires compétents, domaine par domaine, au B.P.N. sortant ; puis des résolutions étaient proposées, débattues à leur tour et adoptées en commissions puis en séance plénière ;

l’ensemble était, dans les jours et mois qui suivaient, expliqués à la base vers laquelle revenaient les responsables nationaux, nouvellement élus par le Congrès ou, dans nos dernières années, par le Conseil national. A l’occasion de chacune de ces rencontres et réunions, chacun s’exprimait librement, parfois longuement et le reproche me fut souvent fait de ne pas discipliner davantage temps de parole et de débat ; les responsables, moi le premier, prenaient note des critiques, des observations, des suggestions.

Nous n’avions pas réponse à tout mais mon obsession était que, même si le processus était long, les décisions soient acceptées par le plus grand nombre, par la plus grande majorité dans l’instance considérée, soit du Parti soit du gouvernement, en fait dans tout le pays.

Bien souvent, j’annonçais ces thèmes et les soumettais donc au débat national lors de mes tournées de prise de contact ou à des rassemblements populaires tels que celui tenu au Ksar de Nouakchott, le 15 Février 1966, à la suite des regrettables événements de 1966 ou en commentaire de la nationalisation de MIFERMA, le 29 Novembre 1974. Je ne manquais pas une occasion pour répéter : ‘’ Quand bien même, il n’existe pas de parti d’opposition, votre militantisme doit être actif. Nous sommes tous responsables’’ »
[xiv].

Par essence, le régime était évolutif et, escomptant la fin de la guerre avant la fin de sa propre mandature en 1981, Moktar Ould Daddah devait ne pas se représenter et auparavant ouvrir toutes les structures internes du Parti et les élections locales et nationales au pluralisme de candidature. Dans un premier temps au sein du Parti, mais sans exclure que celui-ci ait plusieurs groupes parlementaires à l’Assemblée nationale.

Démocratique et sans faux semblant, le régime fondateur n’avait nulle nécessité d’une surenchère nationaliste, comme le tenta Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya quand fut arrêté, sur mandat de la justice française, un des tortionnaires militaires des « années de braise » et comme – depuis la retentissante dénomination du nouvel aéroport international de Nouakchott, alors que chacun s’attendait à ce que le nom de Moktar Ould Daddah lui soit conféré – le tente le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Ce qui ne l’empêche pas d’aller quérir à Paris la caution de l’ancienne métropole dès que le recours au referendum ait décidé pour avoir raison de l’opposition du Sénat : le 14 Avril dernier, commence alors la séquence des dénégations. Jamais de troisième mandat, jusqu’aux propos tenus à la sortie de l’isoloir ce 5 Août. Quoique les « améliorations constitutionnelles » nécessiteront sans doute de cinq à dix ans et qu’il n’ait pas question d’abandonner le peuple.

Moktar Ould Daddah força dès son élection gouvernementale sous l’empire de la Loi-Cadre, la métropole à accepter et financer la capitale. Seul de tous ses pairs en Conseil exécutif de la Communauté, il interpella le général de Gaulle sur les essais nucléaires français au Sahara algérien et pas une de ses interventions publiques jusqu’en Juillet 1962 ne manqua d’évoquer l’indépendance de l’Algérie.

Pendant la crise de Bizerte, opposant la France et la Tunisie, le président mauritanien jugea indéfendable la position de Paris. Le pays se passa de toute subvention d’équilibre budgétaire à l’initiative de son seul gouvernement national, dusse cela provoquer une crise grave au sein du Parti naissant.

La puissante Société des Mines de fer de Mauritanie fut nationalisée, une monnaie nationale fut instaurée, sans compte propre d’opération au Trésor français puisque Moktar Ould Daddah s’obstina à refuser que se perpétue le décanat du corps diplomatique, appartenant initialement de droit à l’ambassadeur de France.

L’indépendance par transfert des compétences fut acquise sans le préalable d’accords de coopération et ceux-ci furent révisés selon une démarche, non concertée, et la première du genre dans toute l’Afrique d’expression française.

La Mauritanie s’était retirée d’une des enceintes les plus empreintes du passé colonial que fut à son époque l’Organisation de coopération africaine et malgache et ne revint participer aux réunions franco-africaines puis de la francophonie que par égard pour le président Giscard d’Estaing soutenant, sans traité ni accord public, l’effort de résistance à la guerre algéro-saharienne. Sur la relation si particulière que le président fondateur entretint avec l’ancienne métropole, Moktar Ould Daddah a tout dit, autant que son propre génie diplomatique [xv].

Si l’argument sécuritaire permet aujourd’hui au général Mohamed Ould Abdel Aziz de « faire chanter » l’ancienne métropole, ce n’est pas un talent propre, mais la lacune de la France qui n’a toujours pas su rallier à son effort au Sahel l’ensemble de ses partenaires européens. La réticence de ceux-ci a une raison simple : les relations franco-africaines sont trop marquées par la corruption.

La légitimité ne s’acquiert pas par les élections et ne se consacre pas – spirituellement au moins – par la seule légalité, celle-ci tant recherchée par les dictatures avouées ou seulement avérées, au moins pour les apparences dont les vieilles démocraties finissent par se contenter [xvi]plus habituelles. Elle naît et persiste dans les esprits et dans les cœurs, en consensus, quand les actions et les initiatives, la conduite d’une personnalité nationale correspondent manifestement aux vœux du plus grand nombre et au salut de tous.

La France en fit l’expérience aussi bien pendant sa période refondatrice de 1940 à 1944 qu’aujourd’hui où son nouveau président doit en appeler aux quelques 55% d’abstentions qui ont produit, par défaut, son élection présidentielle.

C’est un peu plus que l’abstention mauritanienne au referendum du 5 Août, selon le ministre de l’Intérieur… Longtemps liés par une mutuelle présence dont l’histoire – d’un point de vue national mauritanien – reste à écrire autrement que selon les rapports périodiques dits politiques de l’administration coloniale.

Si proche de cœur et d’esprit qu’il l’est depuis l’accueil reçu à Nouakchott et partout en Mauritanie depuis Février 1965, un Français ne peut le faire, de même qu’aucun étranger ne peut susciter le changement de cours à Nouakchott. Quoique – en campagne électorale – le futur président Emmanuel Macron ait assuré que pour traiter les dictatures, la France doit privilégier chez elles et au-dehors les démocrates au lieu de la perpétuation des hommes forts.

Bertrand Fessard de Foucault

8 Août 2017

[i] - à plusieurs reprises, il avait évité de justesse le dénouement : le 16 Mars 1981 (la tentative très audacieuse des colonels Ahmed Ould Sidi et Ould Abdel Kader, qui tourna au drame affreux), le 6 Février 1982 (à l’initiative prétendue de l’ancien président Ould Mohamed Saleck)

[ii] - après avoir failli tomber dans le sang, les 8-9 Juin 2003, et éventé de soi-disant complots dont celui de militaires originaires de la vallée du Fleuve, les 7 Septembre 1986, 22 Octobre 1987 et 6 Décembre 1990

[iii] - 12 Avril 2009, élu en 2009 puis réélu le 21 juin 2014

[iv] - effective du 19 Avril 2007 au 6 Août 2008

[v] - Maouyia Ould Sid’Ahmed Taya, élu le 24 Janvier 1992 puis réélu les 12 Décembre 1997 et 7 Novembre 2003 – à son tour, Mohamed Ould Abdel Aziz, élu le 18 Juillet 2009 puis réélu le 2014

[vi] - entretien accordé à Jeune Afrique – L’intelligent n° 2334 du 2 au 8 Octobre 2005 – protestant dans les mêmes colonnes contre cette falsification, je fus invité à Nouakchott par le président du Conseil militaire pour la Justice et la Démocratie, et nous en parlâmes longuement en Avril 2006.

[vii] - le premier du genre tenu du 6 au 13 Octobre 1969, le séminaire du district de Nouakchott est l’occasion d’une manifestation explicite et motivée de l’opposition de jeunes cadres vis-à-vis du Parti et du régime ; concluant les débats, Moktar Ould Daddah annonce la tenue de séminaires sectoriels et lance un appel « aux jeunes cadres à venir avec nous dans le Parti : leur action à l’intérieur du Parti sera positive, sinon déterminante »

[viii] - notamment, le dialogue mené du 17 Septembre au 19 Octobre 2011, donnant naissance à une participation politique inédite : celle des dialoguistes, à la majorité mais ni aux élections ni à l’exercice du pouvoir – la formule est reprise par les dissidents en France de l’ancienne droite parlementaire U.M.P. et centriste, les « constructifs »

[ix] - tenues à Nouakchott du 25 au 29 Octobre 2005

[x] - 20-22 Mai, 30 Juin, 20-21 Juillet, 26-28 Août, 2-4 Octobre, 29 Novembre au 1er Décembre 1961

[xi] - Jeune Afrique publie ses propos le 22 Juin 1974, qu’il aurait pu tenir dès le 20 Mai 1957

[xii] - mémoires du président Moktar Ould Daddah : La Mauritanie contre vents et marées (éd. Karthala en langues française et arabe . Octobre 2003 . 669 pages), pp. 577.578

[xiii] - rapport moral au Congrès du 25 Janvier 1978 – et Moktar Ould Daddah le répète dans ses mémoires : op. cit. p. 572 à 574

[xiv] - ce que me confie le Président, le soir du mercredi 1er Janvier 2003 et que nous avons intégré dans ses mémoires, op. cit. p. 575.

[xv] - « Avec le recul, je dois à l’honnêteté de reconnaître qu’à cette occasion comme dans bien d’autres circonstances, le Général de Gaulle, son Premier Ministre Michel Debré et son Gouvernement, malgré certaines attitudes condescendantes vis-à-vis de nous, ont toujours fait montre de beaucoup de compréhension à l’égard de mon pays et de moi-même.

Ils nous ont toujours témoigné, quelles que fussent par ailleurs leurs motivations qui ne pouvaient être seulement altruistes, une sympathie particulière et agissante alors que, tout compte fait, nous étions, à notre manière et sans le vouloir spécialement, les partenaires les plus difficiles de l’ex-Communauté franco-africaine !

Peut-être parce que, comble de paradoxe, nous étions le pays qui avait le plus besoin de l’ancienne métropole, le pays le plus fragile, leplus vulnérable, le seul au monde d’alors à voir son existence mise en cause par un voisin et puissant pays frère qui revendiquait la totalité de son territoire.

Grande ironie de l’Histoire : le colonisateur libérait – du moins, théoriquement –, aidait, défendait ce que le pays frère menaçait d’avaler ! Et si ce dernier n’y parvenait pas, c’était uniquement grâce à la protection du colonisateur. En effet, sans cette protection française, la Mauritanie n’aurait pas survécu à la décolonisation : le Maroc surtout l’aurait en partie annexée, laissant l’est au Mali et, le cas échéant, le sud au Sénégal, comme nous le verrons plus tard.

Cependant, malgré notre certitude absolue que nous ne pouvions pas nous passer de l’aide et de l’assistance de la France dans tous les domaines, nous ne pouvions pas, pour autant, tout accepter d’elle ! C’est la raison pour laquelle, nous nous sommes souvent heurtés, courtoisement toujours, mais fermement quelquefois. Pot de terre contre pot de fer… le second ne tenant pas à briser le premier… D’aucuns – Français – auraient dit que « … nous nous sommes servis de la France contre la France » -
mémoires, op. cit. pp.209-210.

« Il n’empêche que j’ai toujours considéré que la Mauritanie, telle qu’elle était, n’avait comme bien sacré que son honneur et sa dignité. Si l’un ou l’autre, ou les deux, étaient bafoués par la France en échange de son irremplaçable soutien, l’indépendance dans la servitude ainsi acceptée, ne valait pas la peine d’être expérimentée.

Selon moi, pauvreté et faiblesse ne sont pas des vices. Et, au fond, comme je crois l’avoir déjà écrit, ce n’était pas uniquement pour nos beaux yeux que la France soutenait notre indépendance : autant j’admets la philanthropie au niveau des individus, autant je n’y crois absolument pas au niveau des Etats.

Si donc la France nous soutenait contre le Maroc, c’était, avant tout, à cause de l’intérêt stratégique et politique que présentait, pour elle, notre pays dans la région du nord-ouest africain, sans parler de ses nos grandes potentialités économiques.

Notre position géographique, et la composition ethnique de sa notre population en faisaient – et en font toujours – une pièce maîtresse de l’échiquier régional et même continental que la France, qui a tant d’intérêts au nord comme au sud du Sahara, ne pouvait – et ne peut toujours – négliger. Bien sûr, dans l’optique de certains responsables français de la politique africaine, un gouvernement mauritanien de « beni-oui-oui » ou du moins un gouvernement le plus inconditionnel possible, était préférable au mien… mémoires, op. cit. pp. 235.236

[xvi] - au point que les putschistes d’Août 2005 furent d’abord priés par la « communauté internationale »
de restaurer celui qu’ils avaient déposé







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