04-12-2017 12:00 - Mauritanie : Aziz accuse les anti-esclavagistes d’instrumentalisation politique

 Mauritanie : Aziz accuse les anti-esclavagistes d’instrumentalisation politique

Jeune Afrique - C'est à une attaque en règle contre les anti-esclavagistes mauritaniens - qui font grand bruit dans le pays comme à l'étranger - que le président Mohamed Ould Abdelaziz s'est livré, samedi 2 décembre, au cours d'une rencontre avec la presse à Tichitt, à l'occasion du 7e Festival des villes anciennes.

Interrogé sur le marché aux esclaves filmé par CNN en Libye, le président mauritanien a déclaré : « Il n’y a plus d’État en Libye et c’est la faute de l’Occident, qui a bombardé le pays et contribué à l’assassinat de son président. » Pour lui, l’esclavage dans ce pays est le fruit de l’anarchie et du terrorisme qui le ravagent.

Mohamed Ould Abdelaziz s’est également insurgé contre les déclarations de ses concitoyens qui dénoncent à cor et à cri la persistance du phénomène en Mauritanie : « Pourquoi parle-t-on autant de cette question ? Pourquoi ceux qui soulèvent ce problème aujourd’hui ne l’ont-ils pas fait, il y a quinze ans ? Parce qu’ils ne sont plus aux commandes de notre pays et que, par dépit, ils veulent réveiller la question de l’esclavage. »

« Prenez le cas de Biram [Biram Ould Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), détracteur acharné du chef de l’État mauritanien, NDLR]. Il n’a plus les trois salaires qu’il recevait quand il était attaché au cabinet du premier ministre, greffier auprès du tribunal et conseiller du défenseur des droits de l’homme. Il cherche donc le sensationnel », a accusé Mohamed Ould Abdelaziz.

Parallèle avec les États-Unis

Les textes législatifs et réglementaires sont-ils assez efficaces contre les cas constatés d’esclavage ? « Nous agissons avec l’esclavage comme pour le vol ou le terrorisme : nous avons des textes pour combattre ces délits et ces crimes, mais ils continuent à être commis et nous améliorons nos lois en conséquence chaque fois que nous le pouvons », a-t-il assuré.

L’esclavage est donc combattu en Mauritanie, mais ses séquelles y persistent, selon le président. « Les esclaves n’étaient pas rémunérés pour le travail domestique qu’ils faisaient, a-t-il analysé. Ils n’allaient pas à l’école et cela s’est répercuté sur leurs enfants.

C’est comme aux États-Unis, où les Noirs sont une minorité dans le pays mais une majorité dans les prisons parce qu’ils sont toujours victimes des suites de l’esclavage de leurs ancêtres et de la misère qui en a résulté. »

Par Alain Faujas



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Source : Jeune Afrique
Commentaires : 20
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Commentaires (20)

  • Bertrand (H) 06/12/2017 09:57 X

    Tous les pays, et à toutes les époques, ont pratiqué l'esclavage. Les pays occidentaux l'ont pratiqué à l'échelle industrielle : "le commerce triangulaire" Il y a plus grave que l'esclavage c'est les génocides les destruction et massacre de populations entières irakien, palestiniens, tchetchene, hutou, tutsi .... Les mêmes gens qui tuent sans rechigner sont aussi ceux qui créent le chaos. Ils appellent ça dans leur jargon de vampires "le désordre constructeur". L'Afrique noire est la plus esclavagiste de toutes les contrées. Les chefs de tribus africains vendaient les hommes net les femmes de leurs tribus et de leur ennemis aux négriers qui venanient en bateau chargés de petits gadget et de vin de mauvaise qualité. Actuellement l'esclavage artisanal (pour le différencier de l'esclavage industriel) est plus grave chez les communauté négro africaines en Mauritanie que chez les maures. ARRÊTEZ DONC DE MENTIR. VOUS DESSERVEZ UNE CAUSE NOBLE CELLE DE L'ASPIRATION A L’ÉGALITÉ ET A LA JUSTICE ENTRE TOUS LES HOMMES CONFORMÉMENT AUX ENSEIGNEMENTS ET RECOMMANDATIONS DU SAINT QURAN.

  • Selmedine (H) 05/12/2017 21:34 X

    La Mauritanie est le seul pays au monde où des soi disant anti esclavagistes font un commerce avec des idées que la société mauritanienne à banni et dépasser. Faute d'avoir un travail décent birame continue de jouer aux sentiments en faisant croire à des personnes qui ne connaissent pas notre pays que l'esclavage subsiste encore ,Or le monde est devenu un seul village st plus personnd ne peut accepter d'être duper par des faux politiciens .

  • Ahmedabdallah (H) 05/12/2017 01:18 X

    Tout ce que j'ai à dire c'est que le putschiste ignorant AZIZ vient de se tirer une balle dans le pied en avouant publiquement avoir bloqué, illégalement bien sûr les prétendus "3 salaires" que le farouche et redoutable combattant de la liberté BIRAM DAH ABEID percevrait d'après les élucubrations grossières dites dans cette déclaration contre "l'Occident" qu'il accuse par ailleurs d'être "meurtrier", une déclaration qui lui sera fatale: car il vient de scier la branche sur laquelle il était assis nonchalamment! Il n'y a aucun doute que ce type-là qui se croit président d'une république fantôme est mal fichu! Au plan juridique ou tout simplement de bonne moralité, il est condamnable d'avoir bloqué sciemment "le ou les salaires" d'un homme, fut-il votre opposant le plus incorruptible, au plan de la diplomatie également, les occidentaux ne vont se laisser marcher dessus par un dictateur sans aucune culture ni savoir être, comme un exutoire ou un défouloir! Ce régime est le plus idiot qui ait jamais existé dans l'Histoire de l'Afrique!!!

  • abidine ahmedou (H) 04/12/2017 21:26 X

    Ces commentaires expriment un certain dégoût manifesté contre la petsone de OULD HADEMINE. Nous sommes satisfaits de ce gouvernement qui joue le rôle attendu de l'opposition. Ould Hademine tire sur le système, le régime etcle président. Un service gratuit pour l'opposition. Aussi, la majorité est paralysée. Comme l'avait souligné certains, un groupe important a pris la porte, des autres attendent leur tour,des novices aux commandes et l'opposition se régale. Le président doit sauver l'embarcation avant qu' elle chavire.

  • fidelis (H) 04/12/2017 21:21 X

    La déclaration du président fait mouche. Nous ne devons cependant jamais oublier que les efforts du Président en faveur de la nation, sont sabotés par des personnes mal-intentionnées et hélas bien positionnées.

  • abdou rabbany (H) 04/12/2017 21:09 X

    Il faut être clair Mohamed Ould Abdel Aziz est l'otage de Yahya ould Hademine.Il le manipule comme une marionnette. Il a viré tous les hommes qui ont soutenu le Président dans des moments cruciaux. "La balle du 13 octobre 2013". Où sont passés les Med Laghdaf, Ahmed Rarre,Jelvoune,Ba Ousmane, Hamady Meimmou, Mrabih "Etat civil" Brahim Daddah....Il a engagé les courtisans du palais et utilisé les deniers publics pour brouiller l'esprit du Président. Il a réussi à faire cesser l'entente qui régnait entre les piliers du système. Les autres commentaires sont complaisants.

  • bleil (H) 04/12/2017 20:04 X

    Ouvrez l’œil, regardez autour de vous ! la volonté populaire veut un changement qualitatif ; les militaires hors du pouvoir. Observez la fin de ces dictateurs; Ould Taya, Yahya Djameh, Ghaddafy, Mubarak, Ben Ali, Ali Abdallah Saleh... et vous pouvez deviner celui d'Assad, la petite crapule qui pense que les russes et les iraniens peuvent se mettre au travers de la révolution syrienne. Quand la population souhaite le changement, rien ne pourra arrêter la marche de l'histoire... A BON ENTENDEURS SALUT !

  • NDIEWO (H) 04/12/2017 20:01 X

    Monsieur le président,il n'y a aucune relation le 3 salaires de Biram et l esclavage en Mauritanie. Comment Biram a eu ces 3 salaires? Mais prenez le taureau par les cornes et dites oui il y a l esclagistes en Mauritanie mais nous avons l atténuer et nous continuons à le combattre, sachez que ce phénomène existe depuis la nuit des temps. Le combat contre l esclavage n a commencé en réalité que depuis 2010. Voilà la réalité,au lieu de parler des 3 salaires de biram

  • sraghaa (H) 04/12/2017 19:33 X

    Le président a raison de dire qu'il n y'a plus d'esclave en MAURITANIE .Toutefois ,certains politiciens ,parfois même du camp du président dans leurs quête de déstabilisation du pouvoir joue cette carte et poussent pour faire croire que cette tare existe toujours chez nous .Il est grand temps que le gouvernement demontre au monde entier que l'esclavage n'existe vraiment plus chez nous ,qu'il appelle la CIA,le KGB et tous les renseignements du monde pour chercher un seul cas d'esclavage en MAURITANIE ,de leurs presenter la chose comme un défi ,d'interpeller les masses médias mondiales pour montrer le vrai visage de notre pays car il a été longtemps amoché par des arrivistes et des escrocs habillés en "defenseurs des droits de l'homme "

  • bihibihi (H) 04/12/2017 17:28 X

    Je suis d'accord avec vous. Le pays veut un homme crédible et intègre à la tête du gouvernement. Monsieur le Président vous défendez parfaitement votre politique et vos prises de paroles sont toujours tangibles. Hors que depuis quelques temps vous êtes privés des réalités de votre pouvoir. Ils sont sur un plan de destitution échelonné. Son exécution à commencé par les plus proches et finira par vous-même. La guerre est dans ton rang. Un élément nuisible assisté par des newfites est le maître à bord.

  • Mauvais Calcul (H) 04/12/2017 17:13 X

    La réponse à l’esclavage n’est pas de parler de salaire des uns et des autres, la question de l’esclavage est devenue une affaire Internationale et criminelle condamné par les Nations Unies, donc on ne répond pas sur une question de portée internationale de cette façon, ce qui vaut dire que vous êtes encore trop loin de comprendre la portée de la question de l’esclavage et la protection des esclavagistes par vous le premier responsable de ce pays. Il fallait tout simplement dire que l’esclavage existe et que nous faisons tout pour l’éradication au lieu de continuer à nier, cela donne encore raison aux anti-esclavagistes qui ne démord pas. Monsieur le président, Biram n’est pas le problème, le problème c’est vous qui refuser de voir le soleil et les conséquences de déshydratations sur votre population noire Harratine qui souffre encore de cette maladie, devenue pratiquement incurable chez les esclavagistes et que nos lois et vous, vous les protégez.

  • LE PARRAIN (H) 04/12/2017 17:12 X

    Aziz tu réalises un extraordinaire travail. Malheureusemnt, ton premier appui gouvernemental, joue et marque contre son camp et tu joues au spectateur avec lui en lui laissant le champ libre.

  • HAKUN AMATATA (F) 04/12/2017 16:58 X

    La Mauritanie peut est fière de son président.Il est rappeler les pratiques que partageaient les opportunistes des regimes revolus.Il a, magistralement, invité les américains à mettre un peu d'eau dans leur boisson préférée. En revanche, qui sera la prochaine victime de la guillotine hantée du système . Après Moulaye Med Laghadaf, Mrabih El Wally, Brahim Daddah...le président doit faire attention....agir, agir, avant de subir.

  • moulaye sidine (H) 04/12/2017 16:24 X

    Ces propos sont convaincants, précis et souverains. Le président Mohamed ould Abdel Aziz nous a toujours habitué à prendre des décisions salutaires.Cette déclaration est listée parmi ces honorables positions. Mais monsieur le Président, votre vision et votre engagement sincère est entrain de s'affablir suite aux complots et machinations montés contre les plus fidèles de votre equipe, par l'une des personnalités qui occupe un fonction protocolairement et institutionnellement importante. Ces manoeuvres sont soutenues par certains de votre cercle familial et dérivé qui sont instrumentalisés et financés par cette personnalité qui vous eloigne jour après jours de vos plus honnêtes soutiens.

  • LE PARRAIN (H) 04/12/2017 16:04 X

    Excellente sortie,le président Aziz a enterré vivant Biram.

  • Mauvais Calcul (H) 04/12/2017 16:03 X

    Monsieur le président, Biram et les ONG ne demandent que l’application des lois pas plus ni moins, si vous voulez continuer à accepter de vous faire marcher sur des œufs, tant pis pour vous et votre suite, l’esclavage en Mauritanie n’est plus une affaire de Biram, d’IRA ou de SOS esclave, mais des Nations Unies et du monde civilisé, nous croyons que vous faites partie de ce monde civilisé. Hier à l’élection présidentielle, Biram était l’homme le plus fréquentable de la scène politique mauritanienne, il le sera aussi demain en 2019, il vous le faut, vous ou votre successeur d’avoir une bête noire comme Biram pour justifier vos résultats et après il faut le museler où le tuer peut être. Monsieur le président votre réveil brusque sur Biram n’est pas fortuit, il est bien calculer, parce que votre isolement sur la scène internationale dû à son travail de sape de notre diplomatie qui en souffre beaucoup, doit vous faire mal, votre présence sur certaines rencontres internationale se voit écorcher par la question de l’esclavage en Mauritanie, vous êtes comme Bitha Potha, pour les présidents Africains et Biram comme Nelson Mandela, l’histoire nous édifiera sur votre position de ne jamais reconnaître l’existence de l’esclavage en Mauritanie.

  • leguignolm (H) 04/12/2017 15:04 X

    Non, non chers camarades l'accusation qu'il avait porté aux occidentaux à savoir que c'est une accusation locale donc sans importe le cas allait être si grave que s'il était sur la tribune de l'ONU là où il a raté l'occasion.

  • bleil (H) 04/12/2017 13:21 X

    Vous rigolez, ces militaires au pouvoir en abusent comme leur bien familial ... trois salaires au moins, des prêts bancaires substantiels (jamais payés) et évidemment cerise sur le gâteau, le trafic d'influence, népotisme et le détournement éhonté des deniers publics etc ...

  • abouth (H) 04/12/2017 13:02 X

    Le président Aziz avance là des arguments imparables auxquels les bénéficiaires des multiples salaires indus ne peuvent pas répliquer objectivement; Biram ne peut pas nier ce fait indigne d'un pseudo-défenseur du droit, comme il ne peut pas nier son silence coupable durant l'ère Taya, pourtant riche en atteintes graves au droit, une schisophr/envie notoire! Sur la question libyenne, l'analyse du président Aziz est également imparable, sauf pour la horde des malhonnêtes qui /épouse allègrement la direction indiquée par les "sponsors" potentiels les plus offrants...

  • foutatoro (H) 04/12/2017 12:51 X

    « Il n’y a plus d’État en Libye et c’est la faute de l’Occident, qui a bombardé le pays et contribué à l’assassinat de son président. » Selon le Général Predator. Une déclaration qui creuse la tombe de son régime...l'occident assassin est clairement accusé. C'est une vérité qui est connue mais pas à dire diplomatiquement. Mais pour une fois ENFIN, il reconnaît l'existence de l'esclavage. C'est une avancée. Birame... Le cauchemar du mécano et du système.