05-01-2018 08:54 - En images : la restitution de l'enquête sur la malnutrition dans le Hodh Chargui/Guidimakha d'Action contre la faim

En images : la restitution de l'enquête sur la malnutrition dans le Hodh Chargui/Guidimakha d'Action contre la faim

Afin de faire face à l’acuité de la malnutrition, dans le Hodh Chargui et le Guidimakha, le système de santé a besoin d’être renforcé, selon un diagnostic d’Action contre la faim (Acf) présenté jeudi 04 Janvier, à Nouakchott.

Dans cette enquête, il est surtout mis en cause la faiblesse et la défaillance du système de santé, ainsi que le désengagement de l’Etat et la diminution des financements des bailleurs de fonds qui s’orientent de plus en plus vers des pays en crise comme le Yémen, la Syrie, le Niger ou encore le Soudan du Sud.

Pour le Dr Yahya Gnokane, coordinateur national Santé/Nutrition à Action contre la faim, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures : il faut augmenter le budget de la nutrition qui est de 1,4% du budget total du ministère de la santé.

"Nous, au Hodh Chargui, on appuie le CRENI (Centre de Récupération Nutritionnelle Intensif, NDLR) de l’hôpital régional, explique-t-il. Chaque mois, on a à peu près entre 20 et 25 enfants. Les mamans qui accompagnent ces enfants, elles ont 2.500 UM/jour et l’enfant fait 7 et 10 jours d’hospitalisation. Les infirmiers sont motivés aussi, on les paie. […] Au ministère de la santé, on soutient que la malnutrition, c’est l’affaire des Ongs internationales. C’est pourquoi, ils ne s’approprient pas de ce problème. Ils disent : tant qu’il y’a les Ongs, ce n’est pas la peine de mettre un budget, d’augmenter".

Aux problèmes de financements, s’ajoute celui des ressources humaines, d’ailleurs pointé du doigt dans l’étude. Dr Yahya Gnokane s’en explique :

"Au Hodh Chargui, il n’y a que 15 sages-femmes pour toute la région et ça, c’est grave. C’est l’une des régions les plus peuplées de la Mauritanie. Elle compte quelques 460 mille habitants. Sur place, le système de santé a besoin d’être renforcé. […] En renforçant le système de santé, on améliore l’acuité de la prise en charge de la malnutrition. […] Le Guiduimakha, c’est une zone agricole. Ça fait dix ans que nous intervenons sur place et ce n’est pas normal qu’on intervient là-bas et que la malnutrition continue à persister. Le Hodh Chargui, c’est une zone agro-pastorale. Et pourquoi y’a-t-il la malnutrition ? Ce n’est pas normal. Il y’a plusieurs problèmes : les populations sont enclavées, les structures de santé sont éloignées, il n’y a pas de stratégies avancées, ni de cliniques mobiles, les gens n’ont pas accès aux soins. Ça aussi, c’est une faiblesse du système de santé".

Et pour améliorer cette situation, Action contre la faim mise sur le plaidoyer en vue de faire face à l’urgence, notamment en cette année 2018 qui risque encore d’être laborieuse, pour secourir les populations.

Par Babacar Baye NDIAYE

©CRIDEM / 05 janvier 2018

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Avec Cridem, comme si vous y étiez...






















































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