21-04-2018 21:45 - Les protégés du Prophète/ Ces Compagnons venus d’ailleurs (7)

Les protégés du Prophète/ Ces Compagnons venus d’ailleurs (7)

Le Calame - Dans l’inconscient collectif, quand on évoque les noms de Bilal, Ammar, Salem…, la première chose qui vient à l’esprit, est qu’il s’agit de gens du petit peuple mecquois qui ont été sauvagement torturés par les mécréants Koraïches pour avoir embrassé l’Islam.

De pauvres esclaves démunis, sans soutien tribal ou clanique, auxquels on a fait subir les châtiments les plus cruels pour les forcer à renier leur foi dans le message de l’Islam. Rarement, on mesure à sa juste valeur le rang éminemment élevé et l’aura que leur a conférée, en pionniers, leur adhésion bénie au message divin de Mohammed.

Rarement, on se souvient des versets coraniques et des hadiths qui ont magnifié ces croyants de la première heure et les ont propulsés au firmament de la spiritualité, de la vertu et de la ferveur religieuse.

Rarement, on se souvient que le Prophète et ses califes leur ont donné la prééminence sur la quasi-totalité des autres Compagnons pourtant à la généalogie prestigieuse et dont certains, de surcroît, sont de proches parents du Messager de Dieu.

On a comme l’impression diffuse que le souvenir de ces monuments de l’Islam s’est quelque peu étiolé au fil du temps et qu’ils sont, c’est le moins qu’on puisse dire, relégués au second plan dans la mémoire collective.

En revanche, le souvenir de leurs compagnons est encore vivace. Est-ce parce qu’ils étaient issus d’une classe prétendument inférieure – ce qui est loin d’être une tare ? Peut-on, doit-on mesurer les mérites des Compagnons du Prophète à l’aune de leurs origines sociales ? Nullement.

Autant du vivant du Prophète, ils étaient respectés, honorés et parfois mêmes vénérés autant, au fil des siècles, les musulmans, consciemment ou non, semblent les confiner – non sans une admiration ambiguë – dans le statut clivant d’anciens esclaves qui ont bravé la mort pour conserver leur foi.

(…) Ces illustres Compagnons doivent retrouver la place qui leur sied dans la mémoire collective. La seule place qui vaille, celle où les ont placés Dieu et Son Prophète.

Le Calame vous propose de découvrir ces éminents Compagnons venus d’ailleurs. Chaque semaine nous proposerons à nos lecteurs de faire plus ample connaissance avec l’un de ces Compagnons à partir d’extraits du livre de M. Moussa Hormat-Allah, intitulé : Les protégés du Prophète ou ces Compagnons venus d’ailleurs. Aujourd’hui Salman Al-Farissi.

Salman Al-Farissi

Salman al-Farissi est incontestablement un élu de Dieu. Car seule une inspiration divine pouvait l’amener là où il est parvenu. Dans sa quête inlassable de la Vérité, il quittera l’opulence et le luxe, traversera de nombreuses contrées, s’essayera à plusieurs religions, connaîtra le joug de l’asservissement mais après ce long cheminement, il arrivera à bon port. A Médine. Mais au fait, qui était Salman Al-Farissi ?

Il s’appelait Salman Al-Farissi, de son vrai nom Salmân Pâk, ce qui veut dire en persan, Salman le pur.

Il naquit à Kazerun, un village de Perse dans la province de Fars non loin d’Ispahân d’où son surnom Al-Farissi en référence précisément à cette province de Fars.

Salman quitta donc la Perse, l’actuel Iran, à la rencontre de son destin. Mais qui mieux que lui-même pouvait nous raconter le passionnant périple qui finit par la conduire à Médine, la ville lumineuse ?

Voici, tel que rapporté par les chroniqueurs notamment Ibn Ishaq, cet émouvant récit. La parole est à Salman Al-Farissi :

« J’étais un persan originaire d’Ispahân. Notre village s’appelait Jayyân. Mon père était un des notables du village et un des hommes les plus en vue par leur richesse et leur connaissance dans la religion de Zoroastre.

Moi-même, j’étais un adepte de la religion des Mages adorateurs du feu et j’avais tellement de ferveur pour cette religion qu’il m’arrivait de rester des heures durant devant le feu sacré pour attiser ses flammes à chaque fois qu’il risquait de s’éteindre. Mon père possédait, à quelques kilomètres de notre village, une ferme qui lui procurait beaucoup de richesses.

Il entretenait lui-même cette ferme et y allait plusieurs fois par mois. Un jour, ne pouvant y aller, il me chargea de cette tâche. Sur mon chemin, je vis une église chrétienne où on célébrait le culte chrétien.

C’était la première fois que je voyais une église chrétienne car mon père m’empêchait de sortir de notre village. Ma curiosité était telle que j’entrai à l’intérieur de l’église pour écouter les chants des fidèles.

Leurs prières m’attirèrent et je me suis dit que cette religion était meilleure que la mienne. Je restai donc avec eux jusqu’au soir, oubliant et mon père et la tâche dont il m’avait chargé. Je sentis que cette religion m’attirait et me fascinait. Je demandai à ses adeptes d’où elle venait. On me répondit de Damas.

Une fois la nuit tombée, je revins chez moi où je trouvais mon père très inquiet à mon sujet. A sa question de savoir ce que j’avais fait, je répondis que j’avais fait la découverte d’une religion meilleure que la nôtre et que ceci m’avait amené à entrer dans l’église où les adeptes de cette religion faisaient leurs prières, et à rester avec eux jusqu’à oublier d’aller à la ferme.

Ces paroles déplurent à mon père qui essaya de me convaincre de la supériorité de notre religion sur celle des chrétiens, mais en vain, car je persistais à croire que la religion chrétienne était meilleure que la nôtre.

Alors en désespoir de cause, et craignant que je n’abandonne ma religion pour celle des chrétiens, il m’enchaîna dans une chambre pour que je ne puisse sortir. Or, je réussis à transmettre un message aux chrétiens leur disant que j’avais embrassé leur religion et que je voulais partir à Damas. Je les priai donc de m’informer du départ de la prochaine caravane pour Damas afin que je parte avec elle.

Quelques jours après, on vint m’informer de me tenir prêt au départ. Je me débarrassai donc de mes chaînes et m’enfuyais en cachette de la maison pour rejoindre la caravane en partance pour la Syrie. Là-bas, j’ai demandé aux chrétiens de m’indiquer où se trouvait le plus grand de leurs prêtres.

Ils me répondirent que c’était l’évêque qui officiait à la grande église. J’allai le trouver et lui demandai la permission de rester dans son entourage et de le servir à condition qu’il m’apprenne les enseignements du christianisme. Il accepta et me permit de demeurer avec lui. Je me rendis compte, quelque temps après, combien cet évêque était mauvais.

Il n’hésitait pas à accaparer les aumônes destinées aux pauvres et à les garder pour lui. A cause de son comportement, je me mis à le haïr et à le mépriser. Mais il ne tarda pas à mourir.

Son successeur fut tout à fait différent. C’était un homme bon, pieux, charitable et détaché des plaisirs de ce monde. Je l’ai aimé comme je n’ai jamais aimé quelqu’un d’autre. Je restai avec lui jusqu’à ce qu’il fut sur le point de mourir. A sa mort, je lui demandai : "A qui me recommandes-tu mon père ?""Mon fils, je ne connais qu'une personne qui me ressemble et de qui tu peux apprendre. Cette personne se trouve à Mossoul, en Irak. Va et trouve-la."

Je me rendis chez la personne indiquée et lui exposai l'objet de ma visite. Elle accepta que je demeure chez elle et que j'apprenne sous sa conduite. Cet homme aussi était bon et pieux. Je demeurai chez lui un certain temps jusqu'à ce qu'il fût sur le point de mourir. Je lui demandai alors de me confier à quelqu'un d'autre pour parfaire mon éducation spirituelle.

Il m'indiqua la demeure d'un moine à Nassibin. Je me rendis à cet endroit et trouvai l'homme que je cherchais. Après avoir écouté l'objet de ma visite, il accepta de me prendre à son service. Au cours de mon séjour chez ce vieux moine, j'eus l'occasion d'apprécier sa bonté et sa piété. Je restai avec lui jusqu'à ce qu'il mourut à son tour.

Avant de quitter ce monde, il eut, cependant, l'amabilité de me confier à un autre moine établi à ‘Ammuriya, du côté de Byzance. A la mort du moine de Mossoul, j'allai à la recherche de son coreligionnaire de ‘Ammuriya. Je le trouvai et lui apportai les recommandations du défunt moine de Mossoul.

Il m'accueillit chaleureusement et m'accepta à son service. Je m'installai donc chez lui en emmenant avec moi les vaches et les brebis que j'avais acquises grâce à mon travail. Lorsqu'il fut sur le point de mourir, je lui demandai : "A qui me recommandes-tu ô mon père?" "Ô mon fils! Je ne vois personne ayant les qualités que tu recherches mais je sais qu'un prophète va apparaître, prêchant la religion d'Ibrâhîm. Son avènement est imminent.

Il sortira du pays des Arabes et émigrera à une terre plantée de palmiers située entre deux zones couvertes de pierres volcaniques. Cet homme possède des signes particuliers par lesquels tu peux le reconnaître.

Il refuse les aumônes mais accepte les cadeaux. Entre ses épaules, se trouve le sceau de la prophétie. Si tu le vois, tu le reconnaitras aisément. Si tu trouves le moyen de rejoindre ce pays, n'hésite pas."


Après la mort de ce moine, je demeurai à 'Ammuriya jusqu'à l'arrivée de négociants arabes de la tribu des Kahb en Arabie. Je suis allé les voir en leur proposant de m'emmener en Arabie en échange des vaches et de brebis que j'avais avec moi. Ils acceptèrent ma proposition et je partis avec eux.

Or, en cours de route, ils trahirent leur engagement et me vendirent à un juif de Wâdi Al-Qurâ. Je restai chez lui jusqu'à ce qu'un de ses cousins des Banû Qurayda vienne lui rendre visite et m'achète pour me prendre à son service. C'est ainsi que je parvins à Médine.

L'homme qui m'avait acheté possédait une palmeraie à Yathrib. J'étais chargé de son entretien. Un jour, alors que j'étais sur le sommet d'un palmier, j'entendis mon maître, assis dans le jardin, discuter avec un de ses cousins.

Ce dernier lui disait : "Maudits soient les Banû Qâhila – les Aws et les Khazraj – : ils se sont rassemblés à Qubâ autour d'un homme venu de la Mecque qui prétend être prophète…" En écoutant ces paroles, je me mis à trembler et faillis tomber sur mon maître assis sous le palmier. Je descendis précipitamment de l'arbre en demandant à l'homme de répéter ce qu'il venait de dire.

Mon audace déplut à mon maître qui me donna un coup de poing en me disant : "Ceci ne te concerne pas, retourne à ton travail." Je remontai sur le palmier et repris mon travail.

Le soir venu, je pris avec moi une quantité de dattes que j'avais pu économiser et je partis à la recherche du Messager de Dieu. Arrivé à Qubâ où celui-ci s'était établi, je le trouvai avec un groupe de ses Compagnons. Je me suis adressé à lui en ces termes : "J'ai appris que tu étais un saint homme et que tes compagnons sont étrangers à cette ville et ont besoin d'aide.

Voici de la nourriture que j'envisageais de donner en aumône, je crois que vous en avez besoin plus que d'autres."
Le Prophète avança le sac de dattes vers ses compagnons et leur dit : "Manger." Quant à lui, il s'abstint de manger. Voyant cela, je me suis dit : "Voilà un premier signe."

Après son déplacement de Qubâ à Médine, je revins voir le Messager de Dieu en apportant avec moi une autre quantité de dattes que j'avais économisées sur mes parts. Je lui dis : "J'ai remarqué que tu ne mangeais pas les aumônes.

C'est pourquoi je t'ai apporté cette quantité de dattes comme cadeau." Il mangea cette fois-ci et invita ses Compagnons à en faire de même. Je fus réjoui par ce geste et me suis dit : "Par Dieu, il mange ce qui lui est offert comme cadeau! C'est un deuxième signe."

Quelques temps après, je revins le voir alors qu'il était à Al-Baqî' pour l'enterrement d'un de ses Compagnons. Je le vis assis, drapé de deux manteaux, au milieu de ses Compagnons. Je le saluai et il me rendit mon salut. Je me mis alors à regarder le haut de son dos, dans l'espoir de voir le sceau de la prophétie, ce qui attira son attention.

Devinant ma pensée, il ôta l'un de ses manteaux, et je vis entre ses épaules le fameux sceau de la prophétie, tel que décrit par le vieux moine. Je l'entourai de mes bras et l'embrassai en pleurant. Il m'invita à m'asseoir et me demanda de lui relater les péripéties vécues avant ma venue à Médine. A la fin de mon récit, il me souhaita la bienvenue et m'accueillit parmi ses Compagnons.

A partir de ce jour, je devins un des familiers des cercles d'enseignement du Messager de Dieu. Je ne le quittai plus. Cependant, n'étant pas encore affranchi de l'esclavage, je ne pus assister aux batailles de Badr et de Uhud. Plus tard, l'Envoyé de Dieu et ses Compagnons m'aidèrent à m'affranchir de mon maître en me donnant l'argent nécessaire pour cela. »(1)

Dès le départ, Salman était convaincu que l’adoration du feu et les autres croyances païennes sont autant de pratiques que le bon sens et les facultés de discernement les plus élémentaires récusent. Il était aussi convaincu de l’existence d’une force transcendantale qui régit le monde. Sans savoir laquelle, il partit donc à sa recherche.

A chacune des étapes de son long et passionnant périple, il trouvera un indice qui le confortait et l’encourageait à suivre sa quête de le Vérité. Il en fut ainsi jusqu’à son arrivée à Médine et sa rencontre avec Mohammed, le Messager de Dieu. Le paraclet, le Prophète des derniers temps. Celui-là même dont l’avènement imminent était annoncé par les Ecritures saintes.

Mais les juifs et les chrétiens ont sciemment manipulé la parole divine en effaçant de leurs Livres, toute référence à Mohammed et à son message divin.

En effet, « les chrétiens et les juifs sont accusés d’avoir falsifié leurs Ecritures en y supprimant les mentions annonçant la venue future de Mohammed et de l’Islam et en occultant les versets qui les gênaient. »(2)

Pourtant, « ceux qui ont reçu les Ecritures connaissent le Prophète comme ils connaissent leurs propres enfants mais certains cachent sciemment la Vérité. »(3)

Juifs et chrétiens avaient promis qu’ils renonceraient à leur culte et qu’ils suivraient le Prophète annoncé par les Ecritures. Lorsque la Révélation coranique leur a prouvé que ce Prophète était un Arabe en la personne de Mohammed, ils ont renié leur engagement. Six siècles plus tôt, les juifs qui attendaient en Jésus le Messie annoncé par la Bible avaient adopté la même attitude négative à l’égard du Christ et ont refusé de le reconnaître et de le suivre.

A ce sujet, Dieu dit : « (Rappelle aussi ce que) Jésus fils de Marie disait : « Ô ! Enfants d’Israël, je suis le messager d’Allah envoyé à vous, confirmant ce qui a été révélé avant moi dans la Thora, et annonçant la bonne nouvelle : l’arrivée après moi, d’un prophète du nom d’Ahmed ». Mais lorsque celui-ci est venu avec les preuves évidentes, les mécréants s’écrièrent : « Magie avérée ».(4)

Les adeptes des religions monothéistes antérieures à l’Islam, ne veulent pas, une fois de plus, reconnaître le bien fondé du Message divin de Mohammed.

Quand ils ont vu que le nouveau Prophète est un Arabe, ils ont fait machine arrière toute. Cette volte-face est, du reste, une constante historique chez eux dans leur déni de la volonté divine.

Le Coran viendra relever puis corriger les omissions, les ajouts et autres altérations que la main malveillante de l’homme a apportés aux Textes sacrés.

En effet, « sur ce point – l’apostolat de Mohammed – comme sur d’autres, des exégètes disent que le Coran apprend aux juifs les parties de la Bible qui ont été supprimées par leurs ancêtres »(5). Il en est ainsi, par exemple, de l’épisode du veau avec le Prophète Aron. « Le Coran met en relief ses efforts en qualité de Prophète pour s’opposer au reniement du culte divin, alors que la Bible le considère au contraire comme l’homme qui a perdu les Israélites en leur édifiant la statue ».(6)

En effet, dans la Bible (Exode 32, 1 et 5) on peut lire : « Lorsque les Israélites constatèrent que Moïse tardait à revenir de la montagne, ils se réunirent autour d’Aron et lui dirent : « Fabrique nous un dieu qui marche devant nous »(…) Aron leur dit : « Prenez les boucles d’or qui ornent les oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et apportez les moi ».

Tous les Israélites ôtèrent leurs boucles d’oreilles en or et les remirent à Aron qui les fit fondre, versa l’or dans un moule et fabriqua une statue de veau. Les Israélites s’écrièrent alors : « Ceci est notre dieu qui nous a fait sortir d’Egypte ». Aron construisit un autel devant la statue et proclama : « Demain, il y aura une fête au nom du Seigneur ».(7)

Une nouvelle fois, les traces de la manipulation du Texte biblique apparaissent manifestement, car il est tout à fait inconcevable de croire qu’un prophète puisse accomplir le crime le plus monstrueux qui consiste à renier Dieu et à adorer une idole à sa place(8).

Le Coran est venu faire une relation exacte des faits. Parlant de Moïse, Allah dit : « Après toi, Nous avons éprouvé ton peuple, par une tentation, et le Samaritain les a égarés ».(9)

Plus loin, Dieu dit dans un autre verset : « C’est ainsi que le Samaritain (fit fondre cet or dont il) sortit le corps d’un veau mugissant et dit : « Voici votre Dieu qui est aussi le dieu de Moïse ; celui-ci l’a oublié ».(10)

Le Coran est venu, là aussi, rétablir la Vérité : « Nous avons comblé de faveurs Moïse et Aron. Nous les avons délivré tous deux et leur peuple d’une grande détresse. Nous les avons secourus et ils firent vainqueurs. Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair, Nous les avons guidés sur la voie droite et perpétué leur souvenir dans la postérité : « Paix sur Moïse et Aron ». C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien, ils étaient tous deux du nombre de Nos serviteurs croyants ».(11)

Comme Aron, d’autres prophètes à l’instar de Salomon ont été accusés injustement par la Bible (manipulée) de s’adonner au polythéisme. Faisant allusion à ses épouses dont plusieurs centaines étaient étrangères, la Bible dit : « Elles l’entraînèrent à adorer d’autres dieux de sorte qu’il se détourna du Seigneur Dieu (…) ».(12)

Les juifs ont accusé, par ailleurs, Salomon d’avoir fondé sa puissance sur la magie. Cette thèse mensongère a été reprise par les juifs de Médine quand ils ont appris que le Coran citait Salomon parmi les prophètes. Pour eux, Salomon n’était qu’un magicien.

La Révélation est descendue sur le Prophète à Médine pour rétablir une vérité tronquée par la manipulation des Ecritures : « Ils ont suivi ce que les démons ont diffusé dans le royaume de Salomon. Or Salomon n’était pas mécréant ; ce sont les démons qui n’avaient pas de foi. Ils enseignaient la magie aux gens (…) ».(13)

Mais qu’importe cette falsification, après coup, des Ecritures saintes. Salman Al-Farissi, lors de sa longue et émouvante quête de la Vérité, a eu tout le loisir de recueillir auprès de religieux juifs et chrétiens les précieuses informations sur l’avènement imminent de Mohammed, le paraclet, le Prophète des derniers temps. Il a tout mémorisé avant que les rabbins et les prêtres n’effacent des Ecritures tout ce qui se rapporte, de près ou de loin, au Prophète de l’Islam.

Et, on les comprend, car en authentifiant l’apostolat de Mohammed, ils rendent par la même occasion caduques leurs propres religions.

Pourtant, leurs Ecritures avaient dressé une fiche signalétique bien détaillée du Messager d’Allah. Qu’on en juge : Son nom : Ahmed

Sa mission : Envoyé à l’humanité pour faire « revivre la religion d’Abraham »

Sa provenance : Le pays des Arabes

Son exil : Chassé par ses concitoyens (de La Mecque), il s’exilera dans une « région boisée de palmiers, située entre deux coulées de lave » (Médine) Refuse l’aumône

Accepte les cadeaux

Porte sur son dos une excroissance « le sceau de la prophétie », etc.(14)

Après avoir reconnu, l’un après l’autre, tous ces signes de la prophétie, Salman se convertit à l’Islam et attesta que Mohammed est bien l’ultime Messager de Dieu sur terre.

Poussé par une force intérieure irrésistible, il vint donc à Médine bien avant la falsification et la manipulation des Ecritures saintes antérieures.

Une fois en présence du Prophète, il ne le quittera plus jamais jusqu’à la mort de ce dernier.

(A suivre)

(1) Récit rapporté par Ibn Ishaq, cité par Messaoud Abou Oussama, op.cit.p.109 et s.

(2)Jean-Luc Monnerey, Les grands thèmes du Coran, Editions Dervy, note 25, page 396.

(3)Coran, La Vache, Verset 146.

(4) Coran, Le Rang, Verset 6.

(5) Jean-Luc Monnerey, op.cit.Note 26, page 396.

(6)M. Kassab, Gloire à Dieu ou les milles vérités scientifiques du Coran, Edition Slama/Edition Sarri, page 48

(7) ibid.

(8)cf. Moussa Hormat-Allah, Mohammed, le vrai visage du Prophète de l’Islam, Imprimerie Nationale, Nouakchott, septembre, 2009.

(9) Coran, Tâ-Hâ, Verset 85.

(10) Coran, Tâ-Hâ, Verset 88.

(11) Coran, Le Rang, Versets 114 à 122.

(12) La Bible, Les Rois, 11.

(13) Coran, La Vache, Verset 101.

(14) A ce sujet, le rabbin Kaâb Al-Ahbar, de son vrai nom Abou Isac, affirme que le Prophète est décrit dans la Bible en ces termes : « Mon Serviteur, Ahmad, l’Elu, naîtra à La Mecque puis émigrera à Médine (ou Tayyibah – une de ses autres appellations). Sa communauté sera celle qui louera Dieu à tout moment ». Source : islamopedie.com N.B : Kaâb Al-Ahbar (A.Isac) est un rabbin « musulman » très controversé qui vint à Médine sous le califat d’Omar.




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