03-12-2018 23:15 - En Mauritanie, ces femmes en servitude (En images)

En Mauritanie, ces femmes en servitude (En images)

Le Vif - Bien que l'esclavage ait été officiellement aboli en 1981 par l'Etat mauritanien, et érigé en infraction en 2007, puis en crime contre l'humanité en 2012, l'esclavage dit " traditionnel " et la discrimination à l'égard de la caste des Haratines de Mauritanie sont encore monnaie courante.

Ce phénomène concerne en premier lieu les femmes et les enfants haratines dont une partie travaillerait encore comme esclaves pour les " Maures blancs " ou Beidanes, qui sont des Arabo-Berbères. Durant leurs vie d'esclave, les Haratines sont souvent maltraités, les femmes violées, et des familles entières se retrouvent à réaliser des travaux forcés pour les maîtres, sans contrepartie.

Quand ils sont libérés, les Haratines sont délaissés par le gouvernement, livrés à eux-mêmes ; ils vivent dans des bidonvilles en marge de la société, n'ont pas accès à la santé, l'éducation ou encore, l'état civil.

Il n'existe pas de données officielles sur cette pratique mais, selon les estimations de groupes internationaux antiesclavagistes (Global Slavery Index), jusqu'à 43 000 personnes subissaient cette situation en 2016, soit environ 1 % de la population totale.



Portrait de la famille d'Aichetou Mint M'barack, esclave par descendance dans la région de Rosso. En 2010, sa sœur aînée a pu la libérer avec l'aide des activistes de l'IRA après qu'elle a fui ses maîtres qui ont tué son enfant en versant des braises chaudes sur le bébé. La même année, ils ont réussi à libérer tous les enfants d'Aichetou.



Les habitants des bidonvilles de Nouakchott sont déplacés par le gouvernement aux confins de la capitale, dans le secteur appelé Tarhil.



Mabrouka, 20 ans, s'est brûlée gravement au bras gauche alors qu'elle cuisinait pour ses maîtres. Mal soignée, elle souffre toujours de douleurs. Libérée en 2011 à l'âge de 14 ans, Mabrouka n'a jamais pu aller à l'école. Elle s'est mariée à l'âge de 16 ans.



La famille Haydel, devant leur tente, à côté de la maison de leur maître Cheikh Ouled Mhammed. Haydel est toujours esclave avec sa femme et ses enfants, sa mère et ses quatre sœurs dans un petit village près de Male, à huit kilomètres de la route principale.



Une classe dans une école mise en place par une association locale pour les enfants des Haratines qui ne peuvent pas intégrer l'école publique car ils n'ont pas d'état civil.



Des femmes Haratines apprennent à coudre dans les ateliers de l'association SOS esclaves à Nouakchott.



Mbarka et ses deux enfants, chez eux, dans le bidonville Darbida à Nouakchott. Mbarka était esclave dans une famille de Maures blancs à Nouakchott. Libérée en 2011, Mbarka dit avoir vécu un quotidien de viols et de violences physiques tout au long de sa vie d'esclave.



Les femmes Haratines vendent du tissu sur le marché principal, au centre de Nouakchott.

Femmes en servitude© Seif KOUSMATE



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 4
Lus : 1792

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • Sadegh Maaloum Al Qalam (H) 04/12/2018 14:46 X

    Tout bon mauritanien est tenu de dénoncer l'esclavage qui est une pratique du moyen âge. C'est un état de fait inacceptable car la dignité de l'être humain est sacrée. Les histoires de tribus et de castes ne sont rien d'autres que des conneries héritées de l'âge des ténèbres. En Mauritanie, c'est surtout la misère et le manque d'éducation qui maintiennent d'anciens esclaves dans le sérail de leurs anciens maîtres. En effet, l'esclavage est une pratique ancienne complètement dépassée; qui ne fait ni honneur aux victimes et encore moins aux maîtres. Les rapports maîtres/esclaves ont depuis longtemps changés en rapports de division de travail. Mais pour couper la poire en deux, l'Etat a le pouvoir de changer ces dits rapports qui passent pour être douteux. Les anciens esclaves doivent s'émanciper par rapport à leurs anciens maîtres. L'Etat est le seul capable de couper ses liens (même si dans beaucoup de cas, il s'agit d'emplois rémunérés) en finançant la réinsertion des victimes. Les photos de cet article, ne sont rien d’autres que des photos de la misère qui existe dans toutes les communautés mauritaniennes. Ils ne pourront donc pas passer pour des arguments solides.

  • mystere1 (F) 04/12/2018 10:08 X

    Eh bien entendus comme d’habitudes, il y’aura toujours des contres ou qui nient que ces faits abominables et inhumains n’existent pas, ils diront que ce sont justes des photos de familles pauvres prises pour leurrer et monter la mauritanie contre l’onu des droits de l’H à l’étranger, c’est piteux, triste ! sans parler que l’heure est grave ! l’ etat a peur que biram les perturbe car il les derange ! voilà pourquoi il est derriere les cellule ! pour qu’il ne participe pas aux elections ou que ces partisans ne perturbent pas cet évènement grandiose qui est la presidentielle ! non serieusement ce pays en dit long sur ses tares internes sociales ! parlant de ces femmes asservis en temps moderne, que Dieu les Viennent vite en Aide, afin qu'elles retrouvent leur droit humain normal, comme leurs autres semblables femmes du monde !

  • mohamed w.l (H) 04/12/2018 09:08 X

    je me demande a qui servira ses mensonge oui lesclavage existe en mauritanie mais dans dans toute les souches maures blanc saraghole poulare wolof et meme chez les haratine donc soyons juste ou brûlons ce pays ce qui ne fera pas l affaire de tous . des exagérations des chiffres erronées des bandits deviennes des militants des militants honnêtes écartés c

  • Ahmedabdallah (H) 04/12/2018 01:25 X

    Quelle horreur! Et le gouvernement d'incapables dirigé par Aziz, le maillon faible de la Mauritanie, le négationniste de l'esclavage, se permet d'avoir le culot de déclarer publiquement que l'esclavage en Mauritanie est une vue de l'esprit: à coup sûr, le châtiment d'Allah contre les membres de ce régime sera un châtiment implacable. Ce régime qui visiblement doute en son for intérieur de l'existence d'Allah pour se permettre de nier l'existence de cette tragédie quotidienne et bien ancrée en Mauritanie! Merci à ce journaliste professionnel (Seif Kousmate) qui a réussi ses images atroces de la Mauritanie, malgré les exactions qu'il avait subies!