10-05-2019 00:00 - La faim continue d’augmenter au Proche-Orient et en Afrique du Nord, selon la FAO

La faim continue d’augmenter au Proche-Orient et en Afrique du Nord, selon la FAO

FAO - Les conflits et le fossé grandissant entre les zones urbaines et rurales freinent les efforts régionaux visant à éradiquer la faim d’ici à 2030.

La faim dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord (NENA) continue d'augmenter, alors que les conflits et les crises prolongées se sont propagés et aggravés depuis 2011, compromettant les efforts régionaux visant à réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030, dont fait partie l'éradication de la faim.

Publié aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Aperçu régional de l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition au Proche-Orient et en Afrique du Nord indique que 52 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique dans la région.

Les conflits sont toujours le principal facteur de souffrances liées à la faim dans la région. Plus de deux-tiers des personnes souffrant de la faim dans la région NENA, soit près de 34 millions de personnes, vivent dans des pays affectés par des conflits, en comparaison aux autres 18 millions de personnes souffrant de la faim, qui ne vivent pas dans des pays directement affectés par un conflit.

Les cas de retard de croissance, d'émaciation et de sous-alimentation sont également beaucoup plus graves dans les pays frappés par des conflits que dans les autres pays.

«Les conflits et l'instabilité civile dans la région ont des effets à long terme sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des pays affectés, mais aussi des pays voisins» a déclaré M. Abdessalam Ould Ahmed, Sous-Directeur général et Représentant régional de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord.

«Les conflits ont perturbé la production alimentaire et animale dans certains pays et cela a eu pour effet d'affecter la disponibilité en nourriture dans la région», a-t-il ajouté.

«La croissance rapide de la population, les ressources naturelles qui sont fragiles et se font rares, la menace croissante du changement climatique, le taux de chômage en hausse et le fonctionnement limité des services et des infrastructures en milieu rural ont pour effet d'aggraver les souffrances liées à la faim», a précisé M. Ould Ahmed.

Le rapport souligne par ailleurs que la région ne fait pas seulement face à une crise alimentaire, certains pays de la région affichent également des taux d'obésité particulièrement élevés, compromettant la santé des populations, leurs styles de vie ainsi que l'économie et les systèmes de santé de ces pays. Lutter contre l'obésité implique de mettre en place des systèmes alimentaires capables de garantir une alimentation saine et nutritive, d'améliorer la sensibilisation du public sur les problèmes liés à l'alimentation et de les informer sur les risques associés au surpoids et à l'obésité.


Une transformation rurale inadéquate pourrait freiner les efforts visant à éradiquer la faim et la malnutrition d'ici à 2030


Le rapport montre que les conflits compromettent non seulement les efforts de la région visant à atteindre l'objectif Faim Zéro, mais aussi le degré de transformation rurale.

«Les pays ne connaissant pas de conflits et ayant réalisé des progrès considérables en transformant les zones rurales de manière durable et notamment en améliorant la gestion des ressources en eau ont obtenu de meilleurs résultats au niveau de la sécurité alimentaire et de la nutrition que ceux qui sont aux prises avec un conflit ou présentant des niveaux de transformation rurale plus faibles», a expliqué M. Ould Ahmed, soulignant par ailleurs la manière dont le rapport insiste sur la nécessité de déployer davantage d'efforts afin de stimuler l'emploi en milieu rural, de stimuler la croissance économique en zones rurales et de réduire le fossé entre zones urbaines et rurales tout en améliorant la productivité agricole, les infrastructures et les services en milieu rural.

Le rapport souligne la manière dont le chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes, représente un défi majeur pour la région NENA, un défi bien plus important que dans les autres régions du monde. A cela s'ajoute le fossé entre zones urbaines et rurales, avec des disparités importantes en ce qui concerne les niveaux de vie et les taux de pauvreté et des différences en matière de rendement du travail entre l'agriculture traditionnelle et l'industrie et les services. L'écart se creuse encore plus lorsqu'il s'agit d'accès à l'éducation, à la santé, aux services publics ou encore au logement.

Au même moment, les zones rurales abritent près de 40 pour cent de la population et la majorité des personnes pauvres.

Le rapport montre que le salaire moyen des personnes employées dans le secteur agricole est inférieur à ceux ne travaillant pas dans ce secteur. Compte-tenu de la faiblesse des salaires dans le secteur agricole, les zones rurales de la région NENA présentent généralement des taux de pauvreté plus élevés que les zones urbaines. En moyenne, la pauvreté rurale est deux fois plus importante que la pauvreté en zone urbaine.


Appel à agir en vue de parvenir à une transformation rurale et à la réalisation de l'objectif Faim Zéro


Au niveau régional, il existe de nombreuses façons de transformer l'agriculture de manière durable, par exemple, en améliorant l'accès aux marchés pour les agriculteurs, en faisant la promotion des investissements dans l'agriculture et le transfert des technologies et d'autres innovations, en améliorant la gestion des ressources en eaux et en élaborant des changements politiques importants qui permettront de faciliter le passage d'une agriculture de subsistance vers des systèmes de production plus commerciaux et diversifiés.

«Il est nécessaire d'encourager nos agriculteurs à produire en se basant sur l'avantage comparatif de la région», a indiqué M. Ould Ahmed, soulignant que la région NENA détenait un fort potentiel en matière de production agricole et animale qui requièrent moins de terres arables et d'eau, mais davantage de main d'œuvre.

Le rapport souligne que davantage d'efforts et d'action sont nécessaires afin de soutenir le développement et la mise en œuvre de politiques et de programmes destinés à effacer les différences entre zone rurale et urbaine.

Faits et chiffres clés

- Nombre de personnes souffrant de la faim au Proche-Orient et en Afrique du Nord: 52 millions, 33,9 millions se trouvent dans les pays directement frappés par un conflit et 18,1 millions dans les pays ne connaissant pas de conflits;

- Enfants âgés de moins de cinq ans affectés par un retard de croissance (taille insuffisante par rapport à l'âge) : 21,1 pour cent;

- Enfants âgés de moins de cinq ans souffrant d'émaciation (poids insuffisant par rapport à la taille) : 8,7 pour cent;

- Enfants âgés de moins de cinq ans en surpoids (poids élevé pour leur taille): 9,1 pour cent.

Note aux rédacteurs: parmi les pays de la région NENA figurent l'Algérie, Bahreïn, l'Egypte, la République islamique d'Iran, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, la Mauritanie, le Maroc, Oman, la Palestine, le Qatar, l'Arabie Saoudite, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, les Emirats arabes unis et le Yémen.

8 mai 2019, Le Caire/Rome



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Source : FAO
Commentaires : 1
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Commentaires (1)

  • mystere1 (F) 10/05/2019 10:02 X

    Et pourtant ce n'est pas les moyens financiers qui manquent, ou les ressources naturelles de ces pays riches de ces potentiels nationnels, mais ce sont les mauvaises gestions des dirigeants assoifés de biens, et deveçant leurs intérêts personnels avant ceux de leurs peuples, ainsi faire nourrir et boire une partie démunie du peuple n'est rien par rapport à d'autres projets plus grands, d'ailleurs pourquoi seulement en Afrique du nord, car l'afrique de l'ouest, de l'est, australe, pire la corne de l'afrique qui est la somalie et l'éthiopie souffrent beaucoup plus que celle de l'afrique du nord ou maghrebin, quel bilan curieux ! car ces pays cornes de l'afrique, ont souffert de la guerre comme la somalie, sans parler au centre comme le Rwanda, et j'en passe ! franchement il est plus facile de faire nourrir des populations que de construire des infrastructures, plus chères.