22-08-2019 08:45 - Mauritanie : sur les réseaux sociaux, les Mauritaniens se déchaînent contre l’ex-président

Mauritanie : sur les réseaux sociaux, les Mauritaniens se déchaînent contre l’ex-président

Le360 Afrique - Les internautes mauritaniens se déchaînent actuellement sur les réseaux sociaux contre l’ancien président mauritanien, Mohamed ould Abdel Aziz.

Trois semaines seulement après son départ, ils sont nombreux à exiger des explications sur les ultimes décisions qu’il a prises au cours de son mandat. Sur les réseaux sociaux, les Mauritaniens se déchainent contre l’ancien président mauritanien, Mohamed ould Abdel Aziz, qui a dirigé le pays pendant 11 ans, après un putsch et deux mandats successifs.

Ould Abdel Aziz a ensuite de céder le fauteuil présidentiel à son ami de longue date, le général à la retraite Mohamed Cheikh Ahmed Ghazouani, élu président dès le premier tour du scrutin le 22 juin dernier, et qui dirige désormais le pays depuis le 1er août dernier.

Etant donné les relations privilégiées entre les deux hommes, tous le monde se demande si le nouveau pouvoir peut passer à pertes et profits certaines pratiques de l’ancien régime, qui pourraient avoir des conséquences graves sur la gestion économique du pays pendant de longues années encore?

Ainsi, près de 3 semaines après le départ de l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz et sa famille pour la Turquie, à travers une opération qui a pris les allures d’un véritable déménagement, car ayant nécessité la location d’un avion de la compagnie aérienne nationale Mauritanie Airlines International (MAI) pour la coquette somme de 75 millions d’ouguiyas anciennes, les réseaux sociaux se déchainent désormais contre l’ex-locataire du Palais Brun.

La première salve a été envoyée par le Pr Lô Gourmo Abdoul, vice-président de l’Union des Forces du Progrès (UFP-opposition), qui évoque les dernières semaines de ce mandat de l’ex-président comme ayant été marquées par «des nominations par dizaines, toutes aussi manifestement complaisantes les unes que les autres, des licences de pêche par brassées entières [accordées] à des amis et parents, des terrains bien placés distribués à tour de bras, aux mêmes, des mesures administratives et financières clairement hors budget et hors de tous projets par centaines, par milliers…».

Dans la suite de son réquisitoire sous forme de rouleau compresseur, ce professeur de droit, par ailleurs également avocat de profession, critique «les derniers actes à la veille d’une investiture de son remplaçant, qui auront, jusqu’au bout, porté la marque d’un personnage que rien ne limite dans sa lute contre « la gabegie ». Le pays est en état de sidération devant un tel mépris de la loi, une telle violence dans l’insulte à notre peuple. Ne peut exiger que lumière soit faite, surtout c’est cautionner cette merde qui englue le pays. Soit nous sommes un Etat digne, et nous exigeons le respect de tous et de tout le monde. Soit nous ne le sommes pas, et mutiques, nous poursuivons notre descente aux enfers».

Mohamed Mahmoud El Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP), soutient la même revendication: «soit le nouveau président remet en cause toutes les mesures prises clairement hors la loi, au moment ou le président sortant devait s’abstenir de les prendre. Soit les citoyens se constituent partie civile pour porter le combat devant les juridictions compétentes».

Ce haut cadre estime que cette affaire n’est pas politique et que les Mauritaniens ne doivent se déterminer pour la circonstance sur la base d’une appartenance à la majorité ou à l’opposition.

Pour sa part, Bakary Seta Waiga, également issu des rangs de l’UFP, écrit: «il est légitiment de se demander si le peuple de Mauritanie sait réellement ce qu’il veut. La descente aux enfers semble être un choix collectif» dans le pays.

Un internaute mauritanien estime que «le nouveau président peut et doit revenir sur tous ces actes», tout s’interrogeant sur «la volonté et le courage», de l’occupant du nouveau Palais de la République.

Un autre internaute s’indigne quant à lui contre le «mépris absolu vis-à-vis d’un peuple considéré comme des moutons».

Lors de son premier mandat, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire parisien Jeune Afrique, l’ancien chef de l’Etat mauritanien avait affirmé contrôler étroitement tous les actes posés dans le cadre de la gouvernance et que rien ne pouvait se faire en dehors de ses ordres. En clair, il assume la totalité de ses actes,…

Par notre Correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya





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Commentaires (9)

  • Iman56 (H) 25/08/2019 03:34 X

    Une vrai tête de monarque richissime à la manière des roitelets du golfe! Tout content de ses entourloupes de prédateurs!Pas étonnant qu'il soit "copain comme c***" avec l'autre prédateur d’Arabie, MBS!

  • sfousseyn (H) 22/08/2019 22:12 X

    Salut a tous beaucoup en parle de Aziz notre ancien président de tout le temps et vive Aziz longue vie et bonne santé . Je veux vraiment des épreuves démontrables et non des parles que tout le monde peuvent pour rien dire

  • hi (H) 22/08/2019 13:46 X

    Le plus mauvais président que la Mauritanie ait connu: pillages organisés, clientélisme, vols de tout genre, dès Ministre maintenus par compromis car ils représentent ses intérêts personnels...

  • moreandmore (H) 22/08/2019 12:38 X

    Il est temps de dresser le bilan du règne d'Aziz qui a "savonné la planche" sur laquelle il a installé Ghazwani ...

  • yawonni (H) 22/08/2019 12:26 X

    Article mal redige. Il faut Lire et relire pour y comprendre quelque chose. Un francais non journalistique.

  • medabdul (H) 22/08/2019 12:10 X

    de la délinquance juvénile a la présidence en passant par l’Armée qui du reste est un strapontin dans ce pays pour piller;voler denegrifier;les mauritaniens crédules et idiots et incultes ont cru bêtement au président des pauvres.IL A APPAUVRI LES trois quarts DES GENS . et il est parti avec des milliards de dollars comme yahya diammeh.

  • WOLGHA (H) 22/08/2019 12:09 X

    Le peuple mauritanien a signé son arrêt de mort avec l’arrivée au pouvoir de Ghazwani. Le passage du pouvoir s’est opéré entre copain en violation flagrante des règles de transparence démocratique et sur fond de manipulation interethnique. Sitôt Ghazwani s’est déclaré vainqueur avant la proclamation des résultats que Aziz a orienté les forces armées à la frontière qui sépare les quartiers riches, soit disant, des quartiers pauvres. C’est un hold up électoral orchestré par Ghazwani et Aziz. Si le peuple est voué la descente aux enfers Ghazwani survivra et transmettra le pouvoir a un autre général en 2029. Et Aziz continuera à se la couler douce. Ghazwani ne peut rien changer avec ce gouvernement de technocrates qui doivent au contraire renforcer les directions techniques.

  • jahil (H) 22/08/2019 11:21 X

    Après l’humiliation de son Président-candidat à la présidentielle du 22/06/2019 qui a étalé ses ruptures internes sur la voie publique, le BE de l’UFP s’est réuni dans la douleur en session ordinaire du 16 au 19 août 2019 ponctuée « d’échanges sanglants produisant de nombreux morts et blessés ». Le communiqué publié a, zappé la principale résolution consensuelle de ses assises. Il s’agissait de déclencher tous azimuts des contre-feux pour tenter de couvrir l’assourdissant « chant du cygne » qui rythme l’agonie d’un des derniers fossiles du communisme.

  • Korimagna (H) 22/08/2019 09:39 X

    Durant 11 ans du règne de l'ex-président MED ABDEL AZIZ tous ces réseaux sociaux qui se déchainent aujourd'hui étaient du côté du pouvoir. Maintenant que l'ex-président a déménagé pour d'autres horizons les langues se délient ! Complicité, manque d'honnêteté ou opportunisme?