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23-02-2013

20:32

APP RIM-UE : Retour sur poulpe, les zones de pêche pélagique et sur l’utilisation de 25 millions d’euros reliquats de l’ancien accord

L’Ue est parvenue, lors de la tenue à Paris les 12 et 20 février 2013, de la commission mixte, à faire revenir les autorités mauritaniennes sur les principaux acquis du projet de protocole de pêche, signé en juillet 2012, constate-t-on samedi de l’analyse du compte-rendu de cette réunion.

En effet, si pour les européens l’objectif était de rendre l’APP « plus attractif en termes d’utilisation des possibilités de pêches », à l’issue de cette réunion où la délégation mauritanienne était présidée par Cheikh Ould Baya (photo), conseiller technique du ministre des pêches et artisan, dit-on, de la première mouture du projet de protocole signé en juillet...

...notre pays est revenu sur les principaux acquis du projet de protocole menaçant même de faire voler en éclat le consensus obtenu auprès de parlementaires européens farouchement opposés à la poursuite de la surexploitation des stocks halieutiques nationaux.

Parmi les premières déconvenues enregistrées par la commission mixte à Paris, le principe arrêté d’une «pêche expérimentale » sur le poulpe alors que tous les observateurs et notamment la communauté scientifique avaient déjà conclu à la surexploitation de cette ressource. De quelle pêche expérimentale pourrait-il s’agir alors sinon d’une évaluation «camouflée » pour consacrer le retour à la pêche céphalopodière pourtant promise aux seuls acteurs mauritaniens du secteur.

S’agissant des zones de pêche pélagique, les limites des 20 miles sont abandonnées pour 15 miles seulement. Pour les 2% de produit à débarquer, l’Ue a donné son feu-vert mais ce sera aussi en surplus du quota de 300 milles tonnes prévues et axés sur les produits de la sardinelle (yaye boy) et le chinchard, seules espèces de taille « L » prévues pour la consommation des populations mauritaniennes.

Mais le grand hic concerne aura été l’évaluation de l’appui financier et notamment celui sectoriel de 2008 à 2012. Là, en effet, l’Ue se montre intraitable sur l’utilisation d’un reliquat de 25 millions d’euros dans l’ancien accord. L’Ue avait déjà demandé avant cette commission mixte à la Mauritanie des justificatifs sur l’utilisation de 25 millions d’euros et que les autorités mauritaniennes n’ont jusqu’ici pas encore produit. L’Ue semble même faire de cette affaire d’utilisation des 25 millions d’euros un préalable «avant de déclencher un nouvel appui financier».

Alors où sont passés ces 25 millions d’euros du fonds d’appui sectoriel et à quoi ont-ils été utilisés? Sur ces questions de transparence de gestion des fonds alloués en contrepartie de l’accès aux ressources mauritaniennes que les deux parties se sont séparées, promettant de se revoir à l’occasion d’une autre rencontre dont la date et le lieu seront fixés d’un commun accord.


























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