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12-08-2017

12:12

Editorial de Biladi

Rmibiladi - Le sénateur Mohamed Ould Ghadda a été interpellé à son domicile, dans la nuit de jeudi à vendredi, par des policiers habillés en civil qui l’ont emmené vers une destination jusqu’ici inconnue de sa famille et de son avocat.

Ils ont bien sûr agi en dehors de toute couverture légale comme l’exigent les normes démocratiques. C’est le retour, hélas, aux vieilles méthodes de la police politique avec le kidnapping des opposants et la résurrection de la notion fourre-tout d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Depuis plus de douze ans, on n’avait jamais plus connu de telles pratiques qu’on croyait à jamais révolues. Mais comme on dit la bêtise a la tête dure !

Dans son dernier discours de campagne à Nouakchott, Mohamed Ould Abdel Aziz avait en effet laissé entendre que certaines personnes seront inculpées parce qu’ils auraient dépassé les "limites de la liberté pour se transformer en une menace pour la sécurité du pays…".

De quelle menace voudrait-il parler ? Et qu’est-ce qu’a commis le sénateur Ould Ghadda pour qu’on foule aux pieds son immunité parlementaire une fois de plus et qu’on le mette au secret ? A-t-il pris les armes contre son pays ? A-t-il comploté contre sa sécurité ? Est-il en intelligence avec une puissance étrangère ? Rien, semble-t-il, de tout cela…

Il faut dire qu’en vérité le jeune et courageux parlementaire, désormais très apprécié dans l’opinion, dérange le régime à plus d’un titre : il a révélé l’existence d’un appartement au nom de la fille du président au seizième arrondissement de Paris, a présenté un témoin de la balle amie qui rejette la thèse officielle de la balle de Toueyla, préside la fameuse commission du Sénat relative à l’octroi des marchés publics et menace de faire d’autres révélations plus accablantes pour le régime…

En plus de vouloir faire taire une voix opposante de plus en plus insupportable pour lui, le régime, qui a perdu toutes ses plumes dans l’organisation calamiteuse du référendum du 05 août dernier, tend également à faire peur à tous ceux qui songeraient à défier son autorité à travers le recours aux arrestations arbitraires et aux interdictions injustifiées de toutes les manifestations de l’opposition.

Pourtant cela démontre plutôt une fébrilité certaine d’un pouvoir usé jusqu’à l’os et qui manque de plus en plus de soutiens. Même les cercles les plus proches n’ont plus confiance d’un avenir avec lui et scrutent l’horizon tous les jours en attendant le salut...

Les coups assenés par l’opposition vent debout contre les amendements constitutionnels, particulièrement sa branche virtuelle qui suscite moqueries et dénigrements chez le chef de l’Etat, ont porté leur effet dans le discrédit du régime du président Aziz auprès de l’opinion tant nationale qu’internationale. Il est normal, le cas échéant, que celui-ci panique et cède à la tentation de répression comme le ferait tout pouvoir totalitaire.



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