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12-05-2018

15:24

Mauritanie: la mise en place des instances de l'UPR vire à la "guerre"

Le360 - Entamée depuis quelques jours, après une première étape de placement des cartes ayant débouché sur une inflation de chiffres, la mise en place des instances de l'UPR, principal parti de la majorité, vire à la guerre de clans dont les chefs sont des hauts responsables du gouvernement.

Entamé depuis quelques jours, suite à une campagne de placement des cartes ayant donné lieu à une véritable inflation des chiffres relatifs aux adhésions, le processus de mise en place des instances de base l’Union pour la république (UPR), principal parti de la majorité en Mauritanie) vire désormais à «la guerre» des clans.

Des chapelles qui existent dans toutes les régions d’importance stratégique au plan électoral, dont sont issus les plus hauts responsables de l’appareil d’Etat. Les protagonistes se donnent de violents coups et se mettent par la suite à compter à l’image du célèbre récit des naufragés du Radeau de Méduse. Une ambiance dans laquelle toutes les attaques sont «permises» même sous la ceinture.

Pour sa part, le président Mohamed ould Abdel Aziz observe «le spectacle» de loin en attendant le moment opportun pour les récompenses et les sanctions.

Dans le Trarza, une région très peuplée du sud/ouest, qui étend ses tentacules jusqu’aux portes de Nouakchott, la bataille fait rage entre le camp du Secrétaire fédéral en exercice, Mohamed ould Cheikh, homme d’affaires, soutenu par le PDG de la Banque de l’Habitat, Bouna Moctar, véritable homme de réseau, et celui de Mohamed ould Ahmedoua, nouveau venu dans l’arène, dont le père a été un puissant allié de tous les régimes qui ont présidé aux destinées de la Mauritanie depuis le temps de maître Moctar Ould Daddah.

Plus à l’Est, dans le Brakna, les antagonismes politiques se cristallisent autour de deux tendances. La première est dirigée par le ministre de l’Economie et des finances, Moctar ould Diaye, allié au ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, Mohamed Abdallahi ould Oudaa, qui occupait il y a quelques années le prestigieux fauteuil d’Administrateur directeur général de la Société nationale industrielle et minière (SNIM). Ces deux responsables croisent le fer avec les troupes du Directeur général de la sureté nationale (DGSN), le général Mohamed ould Megued.

Dans la même région, mais cette fois au niveau de la vallée du fleuve, l’ancien ministre Ba Bocar Soulé, actuellement président du Conseil d’administration d’une entreprise publique de la place, et le député Bellou Bâ, rentré au pays après avoir fait fortune en Afrique Centrale, ont enterré leur compagnonnage, et se livrent désormais un combat sans merci, dans le département de MBagne.

Cas de figure identique dans les deux Hodh, considérés comme des énormes réservoirs électoraux. Un grand Est dans lequel les partisans du Premier ministre, Yahya Ould Hademine, sont malmenés par des hommes alliés au général Misghairou, chef d’Etat-major de la Garde nationale, notamment à Aioun El Atrouss.

Configuration identique un peu plus à l’Est, notamment à Djigueny, qui est en fait la véritable ville du chef du gouvernement, où les alliés du PM sont chahutés par une tendance au sein de laquelle on retrouve un gouverneur de région du nom d’Abderahmane ould Mahfoud ould Khatri.

Analysant cette agitation, Moussa ould Hamed, ancien DG de l’Agence mauritanienne d’information (AMI) parle «d’un phénomène normal dans la perspective d’un départ du président Mohamed ould Abdel Aziz. Premièrement, tous ces acteurs intègrent le paramètre d’une nouvelle République en gestation. Le président n’a pas donné de signal, ni indiqué une direction déterminée. Les gens redoublent d’ardeur pour le convaincre qu’ils disposent d’une solide assise populaire. Deuxièmement, il y a également le discours sur le rajeunissement de la classe politique, thème cher à Ould Abdel Aziz, depuis les origines, c’est-à-dire le point de départ de la rectification. Ce qui fait que beaucoup de nouveaux venus, avec des ambitions dévorantes, aspirent à bousculer la vielle garde. Ce qui naturellement créé un supplément d’engagement».

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya




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