Cridem

Lancer l'impression
30-04-2019

06:00

Trentième anniversaire des événements de 1989/ Déclaration de l'AVOMM

AVOMM - Il y a trente ans : avril 1989- avril 2019, le système devenu fou et incontrôlable décida de procéder à l’élimination de la composante africaine.

Ce fut sans aucune forme de procès un génocide planifié, organisé et exécuté par le régime de Ould Taya dont l’actuel président Ould Abdoul Aziz a exercé les missions de son aide-camp. Il n’est plus possible de ne pas prendre en compte cette tragédie constitutive de l’histoire politique de la Mauritanie. Ould Abdoul Aziz s’était engagé à faire la lumière sur cette tragédie afin que les coupables soient jugés.

Mais après sa prière de Kaëdi qui n’avait rien d’une prière qui n’était qu’une farce, faut-il le rappeler, le président mauritanien procéda à la radicalisation du cynisme politique structurel au système en mettant en place un dispositif qui a été identifié comme étant « un génocide biométrique ».

Ce dispositif s’est donné comme objectif de priver les Africains noirs mauritaniens du droit à leur était civil. C’est ainsi que Ould Abdoul Aziz a poursuivi et approfondi la politique raciste et esclavagiste de Ould Taya. Après l’extermination des vies humaines, les disparitions, les déportations, c’est la continuation du système par d’autres méthodes.

Certes Ould Abdoul Aziz s’est résolu à se soumettre à l’injonction de ne pas briquer un troisième mandat, mais il a trouvé l’astuce de désigner un proche pour veiller sur la continuité du système.

Durant son règne, Ould Abdoul Aziz a amplifié toutes les formes de discrimination et de confiscation des ressources nationales et des finances du pays pour sa tribu tout en préservant la cohésion du système. Le mérite de l’actuel président mauritanien est d’avoir pratiqué sans complexe l’élimination de la composante noire de l’Armée, de tous les secteurs stratégiques en matière de sécurité et de maintien de l’ordre public, de l’administration, de la justice, des grandes entreprises d’Etat et des banques. Il n’y a même plus de figurants : c’est la politique d’un apartheid non déclaré, mais très flagrant même quand on ne veut ni voir ni entendre. Tel est le bilan de Ould Abdoul Aziz.

L’heure a sonné pour l’avènement d’un régime démocratique pour permettre de résoudre le problème crucial de l’impunité, de la corruption et des détournements de tous les fonds alloués à la Mauritanie en plus du pillage des ressources considérables de notre pays.

A l’occasion de ce triste anniversaire, AVOMM en appelle à toutes les organisations politiques et à la société civile d’inscrire à l’agenda politique des candidats la prise en compte du génocide qui a été perpétré de 1989 à 1991.

Ces élections doivent permettre de créer les conditions d’un débat politique en mettant au cœur des programmes de campagne électorale, l’impératif de la résolution de cette problématique qui constitue l’obstacle majeur à la réconciliation nationale.

Hamdou Rabby SY
Le porte-parole



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org