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11-06-2019

13:30

Mauritanie: en attendant le vote des poissons

Les Mauritanies - Des 6 candidats en lice, Mohamed Ghazouani est certainement le favori. Non pas parce qu’il y aura bourrage d’urnes ou falsification des PV mais parce que le candidat au pouvoir bénéficie d’abord d’un conservatisme ambiant des classes dominantes jalouses de leurs privilèges sociaux, économiques et politiques.

Partant de ce constat, il est clair que l’adversaire direct du candidat au pouvoir est Sidi Ould Boubacar issu du même moule conservateur arabo-islamiste et fondant son discours sur la hiérarchisation des langues parlées en Mauritanie et donc, consciemment ou inconsciemment, des cultures et des peuples.

De ce point de vue, nous pouvons le dire, les programmes de ces deux candidats sont interchangeables. Leur opposition relève de la conjoncture, des brouilles pour des intérêts économiques, mais pas de la structure.

Dés lors, l’on ne peut que sourire en voyant de prétendus militants user de grands discours pour expliquer leur ralliement à Ould Boubacar plutôt que Ghazouani. Les deux candidats, favoris par la force des inerties, seront départagées par l’administration, les commerçants et une bourgeoisie compradore inquiète de ses privilèges.

À gauche aussi, l’on assiste à une guerre de clochers entre Birame Dah Ould Abeid et Kane Hamidou Baba. L’un est connu pour son combat militant, sa popularité grandissante, l’autre doit sa relative ascension à une alliance inédite entre les contraires négro-africains: Samba Thiam et Balas dans le même combat ? Ibrahima Sarr devisant avec KHB?

Cela étonne plus d’un mais entre dans un processsus historique de fragmentation des arguments idéologiques au profit des affinités communautaires. La fuite en avant de l’actuel gouvernement dans l’arabisation a engendré un sentiment de frustration.

Ce regroupement appelé CVE participe d’un réflexe de survie d’une communauté negro-africaine marginalisée et qui voudrait peser dans la balance du vote du 22 juin prochain .

Cependant, cette fragmentation des progressistes en tendances communautaires et non communautaristes fait le jeu du pouvoir ou, à tout le moins, de la «droite» mauritanienne si tant est cette expression ait un sens dans un pays où l’argument de la tribu l’emporte sur tout.



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