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13-08-2019

18:45

Fête de la femme en Tunisie: des combats de longue haleine pour les droits

RFI Afrique - En Tunisie, à l’occasion des trente ans de l’Association tunisienne des femmes démocrates (AFTD), plusieurs militantes féministes ont pu donner leur vision des priorités de la lutte en faveur des droits des femmes.

Malgré des acquis de taille pour les droits des femmes en Tunisie tels que la loi relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, en 2017, ou encore l’abolition de la circulaire 73 qui interdisait pour une Tunisienne de se marier à un non-musulman, plusieurs combats restent à mener.

La bataille contre le harcèlement de rue

A Tunis, certains combats féministes sont encore de longue haleine, même après des années de lutte. C’est le cas de la bataille contre le harcèlement de rue qui persiste. Meryem Sellami, socio-anthropologue a coordonné une enquête nationale sur le sujet. Près de la moitié des femmes tunisiennes sont sujettes à la violence dans l’espace public.

« La procédure est encore difficile et surtout la preuve. Nous avons quand même mis en place un numéro vert qui reçoit toute sorte d’appels et de plaintes. Il y a aussi des campagnes avec, par exemple, des slogans écrits sur les bus "cheraa mouch lik wahdek", c’est-à-dire "la rue n’est pas que pour toi" », a-t-elle souligné.

Si la sensibilisation est là pour cette bataille, certains acquis pour les droits des femmes sont eux, en net recul, selon Najma Kousri Labidi qui travaille sur les droits sexuels et reproductifs.

« Les chiffres le montrent. Les femmes n’ont plus accès à la contraception car ce n’est plus une des priorités de l’État aujourd’hui et ça, c’est malheureux », déplore-t-elle.

L'État absent

Un État absent pour implanter des politiques en faveur des femmes mais qui vote pourtant des lois progressistes. Pour Henda Chennaoui, militante, il faut lutter, parfois à distance du pouvoir, via une nouvelle génération de féministes.

« Des féministes qui sont dans le contre-pouvoir, dans "on veut tout et tout de suite" et on n'est redevable de rien», préconise-t-elle.

Alors que le 13 août célèbre la femme en Tunisie, le mouvement féministe se renouvelle et doit faire face à plusieurs enjeux, notamment le combat pour l’égalité dans l’héritage. Le projet de loi, déposé au Parlement en janvier, n’a toujours pas été débattu.



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