Cridem

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11-09-2019

12:12

Timidement une certaine Mauritanie aux contours imprècis, la Mauritanie des "Cheikh", se profile à l'horizon

Abdallahi Ould El Hadj Brahim - Ils étaient nombreux, les hommes politiques mauritaniens qui s'étaient ouvertement opposés à l'époque,à l’indépendance de notre pays dans les formes et conditions dictées par la France. On peut citer, entre autres hommes politiques d'envergure, Horma Ould Babana, Dey Ould Sidi Baba, Ould Oumer, etc.

Mais surtout la mémoire des martyrs de la lutte armée pour l’indépendance totale de la Mauritanie, Maali et ses compagnons, passés par les armes au fort militaire de J'Reida, viendra cette fois assombrir le tableau des festivités commémorant la célébration officielle de cet événement, fêté cette année à Akjoujt, capitale de l'Inchiri.

Mais aussi, ce moment nous donnera l'occasion de constater la catastrophe écologique et le désastre économique grave causés par l'exploitation et le pillage éhonté des ressources minières et halieutiques des régions du nord, du centre et de la côte Atlantique dans notre pays, durant les derrières décennies de notre existence de nation constituée.

Dès lors une autre Mauritanie serait-elle encore possible et une république fédérale où chaque région de notre pays pourrait être représentée, à sa juste dimension et jouir des bienfaits d'un développement économique et social équitablement partagé, loin des surenchères ethniques malveillantes,serait-elle encore envisageable, sous nos cieux ?

Ainsi le projet hypocrite de cette Mauritanie trait-d'union, projet d'une nation amorphe ni laïque, ni islamique, unie autour d'une langue française, héritage colonial devant perpétuer une aliénation culturelle de fait de notre peuple, projet dont la seule ambition était surtout de s'opposer à l'époque, à l'émergence d'un état constitué autour d'une identité maure, principale composante nationale du Bilaq Chinguit, ayant l'arabe comme noyau central de sa personnalité, ce projet devait alors lamentablement échouer et Mokhtar Ould Daddah, le premier président de cette république néo-coloniale, en son temps, passées ses premières années à la tête d'un pouvoir décrié, devait, par la suite, dans les conditions que l'on sait, rallier les forces vives et patriotiques mauritaniennes, lesquelles lutaient pour l'émancipation de notre jeune nation, encore à l'état embryonnaire.

Comme quoi,il n'est jamais trop tard pour bien faire. Depuis lors,la marche victorieuse de notre peuple n'a cessé d'enregistrer des succès, même si quelques embûches restaient toujours à surmonter et des ennemis à vaincre.

Abdallahi Ould El Hadj Brahim





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