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08-10-2019

10:01

Rentrée scolaire en Mauritanie: Ghazouani réaffirme sa volonté de réforme

RFI Afrique - En Mauritanie, ce lundi 7 octobre, c’est la rentrée scolaire. Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani a supervisé en personne la reprise des cours dans un quartier de la banlieue sud-est de Nouakchott.

Une manière de réaffirmer son projet de réforme d’une école en difficulté. Le président mauritanien a réitéré son engagement au milieu des élèves. Il entend doter la Mauritanie d’un nouveau système éducatif performant. Pour atteindre un tel objectif, le chef de l’État a lancé un appel.

« Nous devons développer ce secteur dans le cadre d'une école républicaine en tant qu'institution apte à préserver notre cohésion nationale, à donner à l'ensemble des fils du peuple l'occasion de se scolariser sans discrimination, avec justice et équité. »

Pour la concrétisation du projet, le ministre de l’Enseignement fondamental et de la réforme de l’éducation nationale promet de mieux gérer le personnel. « Dans le domaine de la gestion des ressources humaines, des mécanismes de contrôle seront dynamisés, les textes règlementaires relatifs aux absences et à la rationalisation de l'utilisation du personnel, appliqués. » Selon Adama Soko, 5030 diplômés au chômage seront recrutés pour renforcer le corps enseignant.

Baisse de niveau

L’école mauritanienne souffre notamment de la baisse continue du niveau des élèves. Et les raisons de cette dégradation sont simples pour Sidi Boudé, le secrétaire général du syndicat national de l’enseignement secondaire : « Nous avons des enseignants qui doivent enseigner les disciplines scientifiques en français, par exemple, et qui n’ont pas été formés en français. Nous avons des enfants non arabophones, qui apprennent l’histoire, la géographie, la philosophie, en arabe, une langue qu’ils ne comprennent pas. Donc ils n’apprennent pas du tout. »

Pour le secrétaire général du SNES, la situation de l’école et la réforme exigent la participation de tous les acteurs du système éducatif : « Pour nous, réformer l’éducation, c’est appeler les Mauritaniens aujourd’hui à s’asseoir autour d’une table et décider ce qu’ils veulent enseigner à leurs enfants - ensemble -, pour qu’on ait une charte pour l’éducation qui ne pourra plus être changée par les politiques pour tel ou tel intérêt politique. »

Dépolitiser l'enseignement

Le besoin de dépolitiser l’enseignement, c’est aussi le sentiment de la fédération des associations des parents d’élèves, comme le confirme son président Ahmed Sghair : « Toutes les réformes déjà passées dans l’enseignement ont été prises en otage par les politiciens, par la gestion politique. »

Après l’indépendance, en 1960, la Mauritanie avait un enseignement bilingue arabe français. En 1973, l’option qui a produit de bons cadres maîtrisant les deux langues a été abandonnée au profit de l’arabe seul. C’est l’une des raisons du déclin du système éducatif selon les spécialistes du secteur.

Par RFI



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