13-01-2021 20:16 - Centrafrique : les groupes armés foncent vers Bangui

Centrafrique : les groupes armés foncent vers Bangui

Le Point Afrique - Des tirs ont été entendus ce mercredi 13 janvier dans la matinée à seulement quelques kilomètres de la capitale centrafricaine. Le point sur la situation.

« Ce matin, vers 6 heures, à Bangui, la position de la Minusca au point kilométrique 12 a été attaquée par des éléments armés » et ont déclenché « une riposte immédiate, avant l'envoi de renforts sur place, aucun blessé n'est à déplorer côté Minusca », a expliqué à l'Agence France-Presse le lieutenant-colonel Fall.

« Les échanges de tirs ont baissé mais la situation reste tendue », a-t-il ajouté deux heures après le déclenchement de l'attaque. L'inquiétude grandit depuis quelques semaines et l'escalade des combats.

Les rebelles qui mènent une offensive contre le régime du président centrafricain Faustin Archange Touadéra fraîchement déclaré réélu ont lancé mercredi deux attaques simultanées à l'entrée de Bangui qui ont été repoussées, a affirmé à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Henri Wanzet Linguissara.

Deux attaques rebelles repoussées à l'entrée de Bangui

Ces deux attaques ont été confirmées à l'AFP par des responsables de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), sous couvert d'anonymat, tandis que le porte-parole des Casques bleus dans le pays, le lieutenant-colonel Abdoulaziz Fall, a évoqué « une attaque » et des affrontements toujours en cours. Il s'agit des premiers affrontements aux portes de Bangui depuis que les rebelles ont annoncé une offensive il y a près d'un mois.

A respectivement 9 et 12 km du centre de la capitale, à l'aube, des brigades de l'armée « ont été attaquées simultanément mais, grâce à la bravoure de nos forces et les appuis bilatéraux, nous avons pu repousser les assaillants qui sont en débandade actuellement », a assuré le ministre de l'Intérieur.

Tout a commencé le 19 décembre, soit huit jours avant les élections présidentielles et législatives, une coalition de six des plus puissants groupes armés qui occupent deux tiers de la Centrafrique depuis le début de la guerre civile il y a huit ans, avaient annoncé une offensive pour empêcher la réélection du président Faustin Archange Touadéra élu la première fois en 2015. Ce dernier a été déclaré réélu le 4 janvier au terme d'un scrutin très contesté par l'opposition, pour lequel seulement un électeur inscrit sur deux a eu l'opportunité de se rendre aux urnes en raison de l'insécurité hors de Bangui.

Les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) menaient, jusqu'alors, des attaques sporadiques généralement repoussées par les Casques bleus appuyés par d'importants contingents lourdement armés de militaires rwandais et de paramilitaires russes fraîchement débarqués à la rescousse du gouvernement et de son armée. Ces attaques avaient jusqu'alors lieu principalement dans des villes et bourgades éloignées de la capitale.

Ainsi à Grimari mardi, à 300 km au nord-est de Bangui, « les éléments armés de la CPC ont lancé une attaque contre les forces centrafricaines et la Minusca, utilisant des obus de mortier notamment, contre la base » des Casques bleus burundais, a assuré le lieutenant-colonel Fall. Les affrontements n'ont pas fait de victime mais « plus de 350 civils sont actuellement sous la protection des soldats burundais », a-t-il ajouté.

Par Le Point Afrique (avec AFP)





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