14-01-2021 09:30 - L’ex président pourra-t-il échapper à l’accusation d’enrichissement illicite ?

L’ex président pourra-t-il échapper à l’accusation d’enrichissement illicite ?

Mauriweb - Cette semaine on devrait connaitre l’épilogue du feuilleton qui a commencé avec l’enquête de la commission parlementaire et qui s’est poursuivi par l’enquête préliminaire de la Police des crimes économique, sur commission rogatoire du Procureur de la République.

Le principal mis en cause, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz s’en est tenu à sa stratégie de défense en refusant systématiquement de coopérer avec ces différents limiers. Invoquant comme une litanie l’immunité que lui confèrerait selon lui l’article 93 de la Constitution. Interprétation évidemment battue en brèche par la quasi-totalité des constitutionnalistes mauritaniens.

A aucun moment, ni lui, ni la brochette d’avocat dont il s’est entouré n’ont contesté le fonds des charges soulevées.

Dans leur communication à travers leurs différents canaux, ils soulignent le caractère discriminatoire des enquêtes, ils affirment qu’il s’agit d’un règlement de compte politique, certains subodorent qu’il s’est enrichi grâce aux « restants » des financements de ses différentes campagnes électorales, d’autres mettent en avant les « cadeaux » de certains dirigeants étrangers. Lui-même admets ouvertement être riche, soulignant même immensément riche tout en ajoutant dans une vaine tentative de se dédouaner, « mais mon argent ne vient ni du trésor ni de la BCM ».

Pour ce qui est de l’enrichissement illicite, il est difficilement contestable. Comment un président et sa famille proche pourraient se retrouver à la tête de la première fortune du pays en une seule décennie ?

Son fils Bedredine, qui a abandonné l’école avant de passer son bac, qui n’exerce aucune activité commerciale connue (sauf un garage d’entretien et de réparation de véhicules) qui n’a jamais travaillé pour ainsi dire s’achète des appartements aux Iles Canaries, roule dans des voitures de luxe, en arborant des montres Hublot de plus de 40 millions d’ouguiya et revendique des dizaine de villas et de propriétés en Mauritanie et ailleurs.

L’ex première dame, Tekber mint Ahmed que certains n’hésitaient pas à appeler la régente de Nouakchott en comparaison avec Leila Trabelsi la régente de Carthage, s’est payé un duplex dans le XVIème arrondissement de Paris mais aussi des biens immobiliers au Maroc, en Turquie et aux Emirats Arabes Unis. Malgré tout cela elle est toujours payée par la BCM et elle se soigne aux frais de la Secu en France.

Sa fille Asma, celle qui, ces dernières années nommait et limogeait les hauts fonctionnaires, faisaient et défaisaient les carrières se retrouve aujourd’hui à la tête d’une immense fortune alors qu’elle non plus, n’a jamais occupé aucune fonction ni exercé aucune activité commerciale. Des dizaines d’immeubles et de terrains sont en son nom à Nouakchott et Nouadhibou. Son époux Mohamed Boussabou s’est transformé d’un simple vendeur de voiture d’occasion en un florissant homme d’affaire. Alors qu’il était simple employé de la SNIM il avait la haute main sur la vente du fer mauritanien. De Paris où il menait sa barque il était l’intermédiaire obligé des chinois et des hollandais qui convoitaient le fer mauritanien.

Sa deuxième fille Leila, la plus discrète s’est fait connaitre en bradant un patrimoine foncier illégalement acquis par sa mère dont une bonne partie est passée entre les mains de Cheikh Ali Ridha.

Son cousin et prête nom Mohamed Lemine Ould Bobatt a en son Nom un immeuble R+5 siège du projet de la fameuse International Medical Center tout comme la compagnie d’assurance dont les déboires avec la Justice sont à la Une ces derniers jours mais aussi un nombre considérable de « businesses » dans la pêche l’agriculture et la manutention.

Enfin on peut ajouter le Duo Mohamed Abdallahi Iyaha/ Foil Ould Lahah qui eux aussi détiendraient par devers eux plusieurs affaires qui en réalité appartiennent bel et bien à l’ancien Président.

Aujourd’hui à Nouakchott une bonne dizaine de projets immobiliers importants sont à l’arrêt, immeubles R+15 et autres, centres commerciaux, des blocs entiers de la zone de Sukuk sont laissés en « friche », tous attendent l’épilogue du dossier judiciaire.





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Commentaires (5)

  • Sahelien-morali (H) 19/01/2021 17:19 X

    Oul Ghazouani avait essayé de d’éviter de mener ces poursuites judiciaires en les confiant au Parlement pour noyer l’affaire, car le Parlement n’est pas une source judiciaire. Ce que le Parlement avait établi et listé comme crimes économiques avait déjà été établi et listé par les blogueurs et les journalistes et certains opposants au temps même où le régime de Ould Abdel Aziz était en place. La commission parlementaire ne pouvait cacher toutes ces listes de crimes économiques. Ce jeu de cache-cache pour retarder les poursuites judiciaires a quand même permis au régime du président Ghazouani de gagner une année 4 mois sans entrer dans le vif du sujet. Mais, à présent que la pression nationale et surtout internationale se fait sentir, il faut commencer à penser à trouver une autre étape toujours pour noyer l’affaire. Tout prête à croire que la volonté actuelle du régime est de noyer l’affaire chez les pauvres juges, sur lesquels sera rejetée la responsabilité de blanchir les personnes poursuivies, Oul Abdel Aziz en premier lieu, ou encore de leur infliger des sanctions insignifiantes en termes de peines et de remboursements insignifiants par rapport à la valeur des biens détournés qui est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine. . EN GARDANT UNE PARTIE DE CE QU’ILS ONT DETOURNE, ILS SONT TOUJOURS GAGNANTS ET C’EST MOTIVANT POUR CE GENRE DE PROFILS POUR ALLER DANS L’AVENTURE.

  • activiobservat (H) 18/01/2021 17:34 X

    Les poursuites de la gabegie de la décennie de Ould Abdel Aziz, si elles vont se faire, en tous cas, ce régime actuel ne peut pas les faire car tous ceux qui sont responsables de mener ces poursuites sont eux-mêmes mouillés dans d’autres affaires, ou, ils sont tous simplement craintifs et hésitants. Ils ne sont pas des hommes d’Etat au vrai sens du mot. Ils ne mesurent pas par rapport à l’intérêt national la gravité de cette gabegie dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire du pays et dans la sous-région ouest africaine.

    Les principaux responsables pour mener ces poursuites sont : le ministre de la justice, Oul Boyé, fils de Abdellah oul Boyé. Ce ministre est nonchalant, de mentalité bédouine (pas au sens péjoratif mais au sens de tribale), il avance au même rythme que son président Ghazouani, lui-même encore plus craintif et hésitant dans le traitement de l’affaire. Le ministre de l’intérieur, Oul Merzoug, qui n’arrive pas à s’affranchir de sa perception d’être nommé par discrimination positive et d’assumer concrètement sa responsabilité dans le traitement de l’affaire.

    Au contraire, Oul Merzoug se soucie surtout de comment s’habiller et sortir sur les écrans. Oul Merzouk, l’actuel ministre de l’intérieur, avait été placé par Maaouiya O. Taya à l’OMVS, mais il a été vite asservi par les sénégalais durant l’exercice de son mandat pour servir leurs intérêts. L’ex président sénégalais Abdoulaye Wade l’utilisait de manière facile et vulgaire pour des malversations dans la gestion de l’OMVS. Wade lui apportait tout son appui pour renouveler son mandat afin de continuer sa sale besogne de mauvaise gestion pour servir les intérêts de Wade.

    A la fin de son deuxième mandat à l’OMVS, Oul Merzouk a été arrêté et emprisonné par les sénégalais au temps du président Maky Sall pour des motifs liés à la mauvaise gestion de l’Organisation. Et c’est grâce à l’intervention de l’ex président Oul Abdel Aziz qu’il a été libéré de son arrestation à Dakar.

    Oul Abdel Aziz, malgré ses défauts, a ainsi affranchi Oul Merzoug de l’asservissement exercé sur lui par les Sénégalais. Cette situation était honteuse et déshonorante pour tous nos ressortissants à Dakar qui voyaient un compatriote appuyé et asservi par un autre pays pour les intérêts de ce pays.

    Quant au président Ghazouani, on ne doit pas lui demander plus que ses capacités. Pourtant de bonne éducation et de bonne foi, depuis plus d’une année, il distribue à gauche et à droite toute sorte d’avantages pour qu’on oublie les poursuites judiciaires de la décennie précédente et le laisser lui tranquille, lui donner la paix, car il a des craintes terribles et un embarras qui l’habitent. Il a gardé cette peur de son prédécesseur depuis qu’il le servait comme Chef d’Etat-major.

    Cette même peur l’avait poussé à bien garder le pouvoir pour son prédécesseur au moment où ce dernier était longuement hospitalisé. La même peur l’avait obligé d’accepter d’être candidat à la présidence en 2019, à la demande de son prédécesseur. La même peur l’oblige maintenant à faire passer le temps pour retarder les poursuites des personnes impliquées dans l’affaire de la dernière décennie. Une demande pressante et croissante d’une certaine opinion publique nationale et internationale au Président Ghazouani pour qu’il cesse de faire passer le temps pour retarder ces poursuites.

    Cette pression continue malgré les distributions des milliards aux populations face au coronavirus, mais aussi pour calmer cette demande pressante de cesser de faire passer le temps pour retarder les poursuites et récupérer les biens publics détournés dont la valeur est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine.

  • Salem Vall (H) 14/01/2021 11:28 X

    Ce feuilleton n’a que trop duré. Ould Abdel Aziz, pour éviter un déballage public de tous ses forfaits et forfaitures doit accepter de négocier, comme il l’avait fait lui même pour certains (Beidjel pour ne citer que cette personne), et rendre à l’Etat tout ce qu’il avait pris indûment. Ces enfants ne doivent rien avoir. Ils n’ont jamais travaillé, l’argent ne tombe pas du ciel et le papa est toujours. Donc pas encore d’héritage. Il devrait aussi goûter un petit à la prison pour décourager tous ceux qui auraient l’idée d’agir comme lui.

  • hamaodo (H) 14/01/2021 10:47 X

    **** ce pays ;une erreur de la nature.

  • Jamalagare (H) 14/01/2021 09:48 X

    Tous les responsables au pouvoir ou qui ont été doivent être jugés pour enrichissement illicite, ils sont tous des voleurs et ils ne sont là que servir leur famille et non le peuple. Depuis l'indépendance de la Mauritanie : pas de routes , pas des hôpitaux, des écoles (+100 élèves par classe)