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Printemps arabe - Iseri : Les étudiants sont-ils manipulés ?
Les affrontements entre étudiants de l’Iseri et les policiers ont connu hier un certain calme, après les violentes escarmouches des jours précédents, mais les accusations que se renvoient mutuellement le pouvoir et ses opposants sur les vrais mobiles de cette fronde universitaire, politisent le campus, rendant précaire toute reprise proche des cours dans cet établissement islamique.
Pour évoquer une politisation du mouvement des étudiants de l’Iseri et une manipulation par des "mains invisibles", allusion faite aussi à Chavii et au Rfd, le ministre de l’intérieur a parlé mercredi devant les députés de l’existence de politiciens tapis à l’ombre, qui poussent les étudiants à la violence.
Ould Boilil a fait ces révélations, lorsqu’il a été interrogé sur les dépassements faits par les services de l’ordre dans le campus pour libérer le directeur de l’Iseri, séquestré par les étudiants. Certains parlementaires avaient même exhibé des photos montrant les sévices physiques dont les étudiants ont fait l’objet de la part des policiers.
Au niveau de l’Iseri, les étudiants, comptés parmi les milieux islamistes, donc perçus comme étant toujours des potentiels foyers de tensions en cette période du printemps arabe sont sortis hier dans une marche, pour réclamer le limogeage du ministère de l’orientation islamique Ahmed Ould Neini, poursuivant leur protestation contre l’arrêt des inscriptions dans cet établissement.
Côté Rfd, qui suit de prés ce qui se passe à l’Iseri, ce parti a vivement dénoncé la répression policière, suivi de l’opposant Moustapha Limam Chavii, qui a lancé un appel aux partis politiques, aux organisations des droits de l'homme et aux centrales syndicales pour apporter leur soutien aux étudiants dans leur mouvement de contestation.
Cet appel de Ould Chavii est sans doute la preuve arborée par le régime selon laquelle les étudiants sont bel et bien manipulés par des "mains invisibles" qui chercheraient à les dresser contre le pouvoir et à leur servir de paravent pour opérer le printemps arabe mauritanien.
Partant du dénominateur commun à la révolution arabe que constituent la jeunesse et le courant islamiste, le pouvoir de Ould Abdel Aziz prend les choses très au sérieux, car le mouvement des étudiants, attisé par les appels des opposants peut toujours avoir des facteurs multiplicateurs devant l’usage disproportionné et aveugle de la force de répression dont ces équipements ultramodernes antiemeutes, vraisemblablement livrés par la France, selon des députés de l’opposition.
Md Ould Md Lemine