Cridem

Lancer l'impression
16-01-2012

06:43

Un fonds de microcrédit lancé par de jeunes Mauritaniens

Face à un chômage persistant, les jeunes Mauritaniens ont décidé de prendre en main leur destin. Une nouvelle coopérative de microcrédits s'est fixé pour objectif de créer des emplois pour les jeunes Mauritaniens au chômage.

"Le but de cette institution est d'aider les jeunes sans emploi en général, et les jeunes diplômés en particulier, en contribuant au financement de petits projets", a déclaré l'Association de prêt aux jeunes, lors de sa cérémonie de lancement, le 3 janvier à Nouakchott.

L'économiste Ba Hamadi estime que cette initiative sera bénéfique, parce que "jusqu'à présent, l'activité limitée et assez peu professionnelle du secteur de la microfinance ne lui a pas permis d'être rentable ni d'atteindre la masse critique nécessaire à son essor". "Dans leur ensemble, les soixante-dix institutions de microcrédit existant en Mauritanie, dont la plupart sont des coopératives, n'aident environ que 113 000 personnes, dont la moitié habite en milieu rural", a expliqué cet économiste.

Ce projet a suscité quelques espoirs parmi les jeunes demandeurs d'emploi. "Je pense qu'il est bon que les jeunes prennent en main leurs propres problèmes", a déclaré Dia Mamadou, titulaire d'une maîtrise en gestion. "Nous ne devons pas compter exclusivement sur l'Etat, qui fait beaucoup de promesses dont ne voyons jamais les aboutissements. En mars, par exemple, le Premier ministre lui-même avait annoncé la création de milliers d'emploi, mais à ce jour, nous n'avons pas vu l'ombre du premier d'entre eux."

Les jeunes sont frappés durement par le chômage, a expliqué Sid'Ahmed Ould Imijine, diplômé en agronomie et au chômage depuis sept ans. "Autrefois, il existait des prêts pour les diplômés, mais aujourd'hui, il faut avoir des relations pour bénéficier de quoi que ce soit. J'espère donc que la situation s'améliorera avec cette nouvelle association créée par des jeunes eux-mêmes", a-t-il ajouté.

Mais pour Ba Hamadi, "le gouvernement a consenti des efforts durant toute l'année dernière, notamment par le lancement du programme Entreprises de services de construction et de travaux publics destiné aux jeunes diplômés de l'université au chômage et à ceux qui ont suivi des cours dans des centres de formation professionnelle."

"La première phase de ce programme, lancé le 28 novembre 2011, a permis la création de dix sociétés de service, dont quatre à Nouakchott, deux à Kiffa, une à Atar, une à Nouadhibou, une à Rosso et une à Aioun", a-t-il précisé.

"Ces sociétés de service sont des petites et moyennes entreprises qui travaillent dans des domaines spécialisés et assurent des débouchés pour les compétences et les professions les plus recherchées en Mauritanie", a ajouté cet économiste. "Trente pour cent de ceux qui bénéficient d'un emploi seront des économistes et des ingénieurs, et les soixanate-dix pour cent restants des bénéficiaires seront des personnes ayant achevé une formation professionnelle."

Par Bakari Gueye pour Magharebia à Nouakchott



 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org