Cridem

Lancer l'impression
21-03-2012

16:53

'3ème Journée de la Colère' : L’ISERI de nouveau enflammée.

La "3ème Journée de la Colère", décrétée hier dimanche 18 mars par les étudiants de l’ISERI (Institut de recherches et d’études islamiques), a été caractérisée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants… peu avant 8 heures du matin alors qu’aux environs, dans le quartier de la Socogim les citoyens étaient encore endormis.

Le clash entre étudiants et forces de police a commencé tôt dans la matinée d’hier lorsqu’une unité de la police anti-émeute a pris d’assaut l’enceinte de l’ISERI, au milieu d’une véritable pluie de grenades lacrymogènes destinées à éparpiller les manifestants. A 8 Heures déjà, toutes les salles ont été vidées de leurs étudiants, avant qu’un renfort de gardes n’arrive sur les lieux pour prêter mains fortes aux policiers.

Quelques arrestations ont été effectuées, dont celle du président de la section UNEM (Union nationale des étudiants de Mauritaniens) de l’ISERI et sept de ses compagnons, alors qu’on comptait plusieurs blessés parmi les étudiants.

Pour consolation, une meneuse syndicaliste brandit triomphalement la suspension des examens au niveau de l’ISERI, une suspension qui sonne à ses oreilles comme une victoire. "Nous sommes arrivés à forcer l’arrêt des examens comme nous l’avions promis " lance-t-elle devant une dizaine de condisciples. Pour elle, "le combat continue".

Alentour, aux environs de l’ISERI et de la Socogim PS, ce ne sont que tuniques noires de policiers, voitures portant l’emblème de la Police et gardes aux airs rébarbatifs. La zone ressemblait plutôt à une véritable zone militarisée. Rassemblées par groupes épars aux confins de la zone exclusive, quelques étudiants se passaient les dernières infos. Quelqu’un lâcha "j’ai appris que les étudiants arrêtés sont soumis aux tortures dans les cellules des commissariats".

Du coup, un certain entrain s’empara du groupe, prêt au martyre, à coups d’Allahou Akbar. Quelques uns poussèrent l’audace jusqu’à risquer quelques jets de pierres avant de s’élancer dans un vol de moineaux dans des maisons environnantes. La charge policière ne se fit pas attendre. Traqués dans leurs derniers refuges, les étudiants sont traînés hors des concessions, molestés à coups de matraques avant d’être embarqués.

Direction, l’un des commissariats de Nouakchott. Pour beaucoup d’étudiants et de curieux qui assistèrent aux bastonnades en pleine rue, la férocité des policiers a décuplé. "Ils sont devenus plus violents " remarque une étudiante pressée de quitter la fournaise. Mêmes les filles n’échappèrent pas à la vindicte. Extirpées de quelques carrées de maisons attenants à l’ISERI, elles reçurent leurs lots de fessées au milieu de cris de pies égorgées et de dévêtements involontaires.

Battues, les filles le seront d’autant plus que beaucoup avaient l’impression que les policiers voulaient dire à tout ceux qui avaient critiqué leur dernière sortie qu’ils se fichent pas mal des convenances et du qu’en dira-t-on. Les filles seront bastonnées dans les salles de classe, dans la rue, dans les maisons où elles s’étaient réfugiées comme si elles symbolisaient l’inviolabilité et l’intransgressible.

Du coup, la direction de l’ISERI annula deux épreuves programmées le matin de ce dimanche fatidique. Les journalistes eurent comme d’habitude leur lot d’exaction. Un confrère d’Al Akhbar se verra ainsi rudoyé et sa caméra confisquée, avant de se voir arrêter puis relâché. Par ce manège, les policiers ont fini par décourager bon nombre de journalistes qui savent désormais ce qu’ils risquent en couvrant les manifestations chaudes des étudiants. A la fin des confrontations, le bilan semble lourd. Huit étudiants arrêtés, six blessés dont un fracturé transporté d’urgence à l’hôpital national et un autre blessé à la tête.

MOMS.

 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org