Cridem

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04-06-2012

14:37

Etudiants expulsés : « Ils adressent une plainte à la Chambre administrative de la Cour suprême ».

Considérés comme des personnages non grata par le Conseil de discipline, les étudiants expulsés de l’université de Nouakchott, suite aux nombreuses manifestations ont mis sur pied une initiative pour défendre leurs intérêts. Pour recouvrer leurs droits, les étudiants ont décidé d’attaquer le Conseil de discipline en justice.

Dans une plainte adressée à la Chambre administrative de la Cour suprême, les « parias » demandent leur réintégration à l’université de Nouakchott.

21 étudiants de l’université de Nouakchott continuent de broyer le pain noir. En cause, la décision prise par le Conseil de discipline de les renvoyer du temple du savoir. Désignés par l’administration, comme étant les responsables des manifestations estudiantines, ils ont été jetés en pâture, par le ministère de l’enseignement supérieur.

Les pleurs et lamentations de leurs parents devant la commission nationale des droits de l’homme, la semaine passée, n’ont rien changé à la sentence du Conseil de discipline de l’université qui cherche sur ce coup à tuer l’œuf dans la poule.

Après un round d’observation, les étudiants ont décidé eux aussi de sortir leurs griffes. Regroupés au sein d’une initiative, les « bannis » ont déposé une plainte à la Chambre administrative auprès de la Cour Suprême pour demander l’arrêt des décisions « abusives » du Conseil de discipline. Pour ne pas rater leur cible, les étudiants ont également adressé une plainte à la Commission nationale des droits de l’homme, tout en appelant les acteurs politiques de soutenir leur initiative, pour sauver l’enseignement supérieur.

En proie avec l’administration universitaire depuis le mois de février, les étudiants de l’université de Nouakchott ont passé plus de temps à esquiver les matraques et grenades de la police que d’assister aux cours de philosophie, sciences humaines …

Exigeant la réintégration de leurs enfants, des familles désespérées avait battu le macadam de la CNDH, le lundi 28 mai, pour demander l’intervention des défenseurs de droits de l’homme, mais depuis lors, que nenni. Moins chanceux que les autres, les 21 étudiants ont été jetés dans une mare à caïmans, par un ministère aux abois qui tenait enfin son bouc émissaire. Les larmes versés devant les locaux de la CNDH n’ont pas réussi à éteindre le brasier. Pire, même, elles ont atterri au fond fin d’un gouffre.

Dans leurs lamentations, les mères des étudiants se plaignaient devant « Allah » contre l’expulsion de leurs enfants. «L’expulsion de nos enfants a ruiné les efforts des familles démunies que nous sommes et anéanti l’investissement de l’Etat dans leur éducation durant toutes ces des années. », avait estimé l’une d’entre elles. Elles demandaient au Conseil de discipline de revenir sur sa décision qu’elle juge "trop sévère", estimant que les expulsés «n’ont fait que réclamer une amélioration de leurs conditions d’études et une augmentation des bourses.»

Leurs grognes n’ont pas réussi à faire plier le Conseil de discipline, qui tient à cette décision, sa revanche. Une administration aux abois qui cherche toujours à imposer sa notoriété sur des étudiants révoltés. Bilan : quatre mois de bras de fer, des centaines d’arrestations et de blessés. La liste continue.

Dialtabé


 


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