Cridem

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08-10-2012

22:23

Des étudiants manifestent contre les « rejets sans motifs » de leurs demandes de visas.

C’était hier mercredi devant la représentation diplomatique française peu après 11h30 minutes. Ils étaient un peu plus d’une vingtaine d’étudiants rassemblés devant la porte pour manifester contre les rejets sans motif de leurs demandes de visas.

Durant ce rassemblement, les manifestants criaient slogans en main « Non aux rejets sans motifs », « Donnez suites aux dossiers en longue attente », « Nous demandons des suites favorables à nos recours », « pourquoi réceptionner nos dossiers et encaisser les frais si nous devrions vraiment passer par Campus-France ??? », non sans avoir attiré l’attention sur l’urgence du traitement de leurs cas du fait « que certaines universités sont sur le point de clôturer leurs inscriptions !!!».

« Nous demandons une audience avec S.E.M le Consul Général répétaient –il en chœur sous l’œil médusé des automobilistes, passants et autres badauds. L’ambiance était au calme quand soudain les manifestants décidaient de franchir les barrières de sécurité pour tenter de se rapprocher un peu plus de l’entrée pour être bien entendu.

Quelques policiers en faction là, tentèrent de les en empêcher. Policiers et manifestants ont joué des muscles montant ainsi la tension d’un cran. Un étudiant est violemment mis à terre par un agent, visiblement excédé par l’insistance d’un manifestant qui tenait coûte que coûte à forcer le périmètre de sécurité. D’autres éléments des forces de l’ordre venus prêter mains fortes à leur collègue, ont voulu embarquer l’étudiant de force.

Ce que les manifestants ont refusé. Le responsable des éléments de la police à force de persuasion va ramener le calme. Les étudiants reviennent sur leurs pas pour se cantonner à leur lieu initial et les policiers renoncent à embarquer leur camarade. Plus de peur que de mal, le sit-in s’est poursuivi dans le respect des normes autorisés en ces lieux. Interrogé à chaud pendant le sit-in, un responsable du Collectif des étudiants a dit ceci : « Nous voulons poursuivre nos études en France question de souci académique et pas plus.

La plupart d’entre nous, disons la grande majorité des étudiants qui ont déposé sont des étudiants qui ont terminé le premier et le deuxième cycle universitaire qui veulent continuer leurs études en France ». « Quel mal il y’a à cela pour nous refuser le visa ? »
, s’interroge t-il fâché. Puis il explique les raisons qui ont poussé à organiser ce sit-in. La première, dit-il, concerne le cas des étudiants à l’université de Nouakchott qui ont vu l’octroi de visas leur être refusé, bien qu’ils aient fournis des dossiers complets.

La seconde concerne le cas des étudiants mauritaniens ayant étudié à l’étranger, notamment au Sénégal, au Maroc et en Tunisie. Pour ceux-là, à l’en croire, l’ambassade a dit qu’ils doivent passer par le Campus France des pays dans lesquels ils étudient. Il signale que toutefois, après l’obtention des préinscriptions et avant d’entamer toutes démarches au niveau de l’ambassade de France, de nombreux étudiants mauritaniens venant des universités étrangères sont allés se renseigner auprès de la représentation diplomatique française à Nouakchott pour cueillir des informations claires et fiables. Et dans ces informations, il soutient qu’à aucun moment l’ambassade ne leur a fait état de Campus France.

Selon lui, ce n’est qu’après avoir fourni les nombreux documents demandés par l’ambassade (à la coopération et au service visas), payé les frais de dossiers qu’on leur a fait état de la procédure passant par Campus France qu’il faut suivre.

Nous avons cherche à en savoir plus sur ce que pense l’ambassade sur la gestion de ce dossier des étudiants. Ainsi, joint au téléphone M. Armand Marcarian Conseiller à l’ambassade qui est bien au courant de ce dossier a dit que le Consul avait proposé déjà aux étudiants de recevoir un seul délégué pour discuter de l’affaire leur concernant. Il soutient que ce sont les étudiants qui ont refusé exigeant que deux délégués soient reçus. Ce que n’a pas accepté le responsable du Consulat.

Vraisemblablement, l’ambassade voit dans l’exigence des étudiants, un diktat qui n’a pas sa raison d’être. Pour l’heure on en est au dialogue de sourds dans cette affaire. Notons que le Consulat de France reçoit une demande constante, comprise entre 4500 et 5000 demandes par an.

Moussa Diop


 


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