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A l’école de la Gouvernance locale : Atelier d’information et de sensibilisation.
Après l’atelier de formation des facilitateurs et des conseillers, au Centre Africain des Conférences, c’est au tour de l’hôtel « Wissal » d’abriter dimanche 11 novembre un atelier d’information et sensibilisation sur le budget participatif à l’attention des maires, des organisations de la Société Civile et des institutions étatiques ainsi que des chargés de programmes et de projets.
Objectif : amener les uns et les autres à comprendre le processus d’élaboration du Budget Participatif, notamment élaboration, l’examen et le vote, l’approbation, l’exécution et le contrôle, l’information des populations et des principaux intervenants par voie d’affichage, la consultation par voie de sondage d’opinions, d’entretiens ou d’enquêtes pour demander l’avis des populations sur la décision, la concertation pour permettre d’analyser les problèmes et de projeter et élaborer des propositions ainsi que des solutions .
Le conférencier du jour, Mamadou Bachir Kanouté coordinateur Enda Ecopop, s’est employé à expliquer aux participants chacune des phases du cheminement d’élaboration du Budget Participatif avec plusieurs exemples. Après tout cela dira t-il, intervient alors la phase négociation et médiation.
Selon lui, C’est la forme la plus avancée de la participation, qui voit les autorités locales, les populations et les principales parties prenantes décider ensemble des solutions et des modalités d’application et de suivi/évaluation. D’après lui ce type de participation fait ressortir les différends (conflits) entre intervenants, la prise en compte des intérêts en jeu, la définition de solutions avantageuses pour tous et la fixation collective de critères d’évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés d’un commun accord. Il est à noter que dans le cadre du Budget Participatif, la médiation fait intervenir un tiers extérieur.
La richesse d’une collectivité locale se trouve entre les mains de ses citoyens. Lesquelles sont résolues à aller vers le développement, les populations peuvent se mobiliser et prendre en charge les besoins collectifs. Il faudra pour cela les responsabiliser à travers des campagnes de sensibilisation qui suscitent l’engagement populaire. Cet engagement peut se manifester par le paiement des impôts, la contribution aux projets et même la participation physique aux travaux d’intérêt public. Ainsi, la participation comprise au sens premier s’entend par la participation à la prise des décisions relatives aux projets concernant la collectivité, au financement, à l’application et au suivi/évaluation.
Le budget participatif apparaît de plus en plus comme une rénovation des pratiques d’administration municipale propre à promouvoir les principes de bonne gouvernance urbaine. De fait, le budget participatif peut procurer bien des avantages aux autorités locales comme à la société civile. Il peut rendre les dépenses municipales plus transparentes et stimuler la participation des citoyens à la prise de décisions relatives aux ressources publiques. Il peut améliorer les recettes fiscales des municipalités.
Il aussi peut réorienter les investissements municipaux vers les infrastructures de base en faveur des quartiers défavorisés. Il peut enfin renforcer les réseaux sociaux et aider à aplanir les divergences de vue entre les dirigeants élus et les différentes composantes de la société civile. Parce qu’il élargit et approfondit la participation des citoyens à l’affectation des ressources publiques, le budget participatif concourt à l’avènement de villes socialement mieux intégrées, en permettant aux catégories sociales traditionnellement marginalisées de rompre le cycle de l’exclusion.
Le budget participatif peut, à terme, devenir un important outil de démocratisation des villes. Cette pratique n’a fait que se développer depuis son apparition en Amérique Latine, et aujourd’hui dans le monde entier de plus en plus de villes en adoptent les principes, moyennant un grand nombre de variantes locales.
En Afrique, le budget participatif attire de plus en plus l’attention des gouvernements, de la société civile et des organismes de développement international, qui y voient une plate-forme novatrice permettant au citoyen de mieux se faire entendre dans l’élaboration des budgets et la distribution des ressources et services publics.
Le budget participatif est de plus en plus reconnu non seulement comme un bon moyen d’orienter les ressources publiques vers les plus pauvres, mais aussi comme un appui supplémentaire à la décentralisation et à la responsabilité des gouvernants vis-à-vis de la société.
Moussa Diop