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Concours d’internat en médecine : Quand les étudiants mauritaniens s’imposent dans l’excellence au pays de Senghor
Jusqu’à une époque récente, les étudiants mauritaniens régulièrement inscrits à l’Université de Dakar — du moins à partir des années 80 quand une politique d’arabisation a été mise en oeurvre dans ce pays — se sentaient marginalisés. Autrement dit, les Sénégalais ne les prenaient pas en compte dans les banquets de l’excellence.
Comme quoi, l’élite de l’excellence pouvait se faire sans les étudiants mauritaniens. Si certains Sénégalais réagissaient ainsi, c’est parce que la plupart de ces étudiants en provenance de notre voisin du Nord débarquant à l’Ucad traînent des lacunes en français alors que c’est la langue officielle d’enseignement dans notre pays.
Ce handicap linguistique s’explique par le fait qu’en Mauritanie, l’arabe est la langue d’enseignement principale et le français une seconde langue. Ainsi, il était difficile aux étudiants mauritaniens de s’adapter dans notre système éducatif surtout au niveau de l’Université de Dakar.
Tout cela appartient au passé puisqu’aujourd’hui à l’Ucad, précisément à la faculté de médecine, il existe une nouvelle génération d’étudiants mauritaniens dont la plupart sont des rejetons de parents nantis : autorités politiques, hommes d’affaires et richissimes commerçants. Ces enfants ont fait leur cursus scolaire dans les écoles et collèges français implantés en Mauritanie. S’ils n’ont pas étudié en France jusqu’à l’obtention du bac.
Toujours est-il qu’ils ne sont venus à Dakar que pour faire des études de médecine parce qu’en France ou dans les pays du Maghreb, les critères de sélection sont très rigoureux pour les bacheliers étrangers désirant faire cette discipline. Ils choisissent donc de venir à Dakar du fait que le Sénégal jouit d’une bonne réputation relativement à son système universitaire et sa stabilité politique.
En tout cas, la session 2013 du concours d’internat en médecine a prouvé que le mérite et l’excellence ne sont l’apanage d’aucun pays en particulier. A preuve, les étudiants mauritaniens ont raflé toutes les quatre places que le gouvernement sénégalais avait accordées aux candidats étrangers. En effet, Amdy Ould Ahmed Ould Moustapha, Ahmed Ould Mohamed Lemine, El Hadji Abdallah Ould Ahmed et Mohamed Saleh Abdallah Ould Ameth Saleh ont réussi haut la main à ce concours particulièrement sélectif qu’est celui de l’internat.
Ils ont éclipsé leurs camarades des autres nationalités candidats à ce concours, à savoir les Gabonais, Marocains, Camerounais, Ivoiriens, Togolais etc… Mieux, les étudiants mauritaniens en médecine ont presque obtenu 100% de taux de réussite compte tenu de leur nombre de candidats. Ils se sont même payé le luxe de dépasser beaucoup de Sénégalais. Et dans leur propre territoire académique s’il vous plaît, c’est-à-dire au pays de Léopold Sédar Senghor et de Cheikh Anta Diop.
Si le ballon de foot est rond pour le monde, les livres du savoir sont également ouverts pour tout le monde. Et les étudiants mauritaniens peuvent bien se réclamer de ce monde…
Pape Ndiaye
« Le Témoin » N° 1110 –Hebdomadaire Sénégalais ( Janvier 2013)