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03-02-2013

15:56

École Mauritanienne : La reforme de 1999 survivra-t-elle aux États généraux de l’éducation ?

La commission nationale des états généraux de léducation et de la formation en Mauritanie (EGEF) a été officiellement installée le neuf novembre 2011 par le premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Dernière étape de ces EGEF : les assises nationales qui se tiendront au palais des congres a Nouakchott lundi quatre février. Ces états généraux doivent créer les conditions favorables « a l’expression des besoins et des attentes du citoyen en matière d’éducation et de formation. » A l’école mauritanienne, s’est toujours posée la question « Quelles langues d’enseignement ? » La dernière reforme, celle de 1999 a instauré un bilinguisme , Arabe-Français quasi-intégrale.

Cette reforme va-t-elle survivre aux EGEF ?La commission nationale des états généraux de l’éducation et de la formation en Mauritanie (EGEF) a été officiellement installée le neuf novembre 2011 par le premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Dernière étape de ces EGEF : les assises nationales qui se tiendront au palais des congres a Nouakchott lundi quatre février. Ces états généraux doivent créer les conditions favorables « a l’expression des besoins et des attentes du citoyen en matière d’éducation et de formation. » A l’école mauritanienne, s’est toujours posée la question « Quelles langues d’enseignement ? » La dernière reforme, celle de 1999 a instauré un bilinguisme , Arabe-Français quasi-intégrale. Cette reforme va-t-elle survivre aux EGEF ?

En 1979, la commission chargé de la reforme du système éducatif mauritanien avait proposé au comité militaire la formule suivante : L’arabe comme langue ciment, le français langue seconde et une phase transitoire de six ans préparant la généralisation de l’apprentissage des langues nationales (poular, Wolof et Soninké) au fondamental.

Le Comité militaire a amendé la copie finale de la commission en choisissant l’option des deux filières. L’Arabe pour les enfants arabes et le français pour les enfants des négroafricains. Ca a été le début de vingt ans de fracture scolaire. Résultat : des générations de mauritaniens qui ne se parlent pas. Pour remettre les petits mauritaniens sur les mêmes tables banc, en 1999, les filières ont été réunies par une nouvelle reforme.

Fin de l’apartheid scolaire Pour, entre autres, permettre aux étudiants mauritaniens titulaires de bacs scientifiques en arabe de faire l’économie d’une année de français dans les université marocaines françaises, sénégalaises…la reforme de 1999 a rendu obligatoire l’enseignement des matières scientifiques (mathématiques, sciences naturelles et sciences physiques) en français. Au collège, la reforme a introduit l’Anglais, fait passer les classe de trois à quatre.

Le nombre d’heures en arabe au collège est fixé à six heures avec un coefficient de quatre pour les deux premières années. En troisième année et quatrième année, le nombre d’heures d’arabe passe à cinq et le coefficient a trois. Toujours au collège, en première et deuxième année, il y a cinq heures de français avec coefficient trois, en troisième et quatrième année, le heures par semaines en français passent a quatre et le coefficient à deux. Au collège toujours, pour les quatre années, les mathématiques, enseignées en français, se taillent la part du lion avec six heures par semaine et coefficient cinq.

Forcement bilingues

Avant 1999, les arabophones (arabisant) pouvaient faire l’impasse sur le français et réussir leurs études. Les francophones, eux aussi (francisants) pouvaient faire l’impasse sur l’arabe et réussir. Avec la reforme en vigueur depuis 1999, théoriquement, un apprenant ne peut rester dans le système s’il fait l’impasse sur l’une des langues principales d’enseignement (le français ou l’arabe). Le système est aménagé de telle sorte qu’au sortir du secondaire, l’élève mauritanien soit bilingue arabe / français et, accessoirement, anglais.

Compte tenu de son histoire, de son environnement géographique….la Mauritanie peut-elle faire l’économie du bilinguisme? «La reforme de 1999, sur le fond, règle de manière intelligente l’épineuse question des langues. Elle a juste besoin d’être améliorée pour rendre l école plus performante et plus en phase avec le marché de l’emploi » dit un professeur du secondaire.

Au début du mois de janvier 2013, l'observatoire mauritanien pour l'enseignement de l'Arabe a organisé a Nouakchott une conférence sur « l'enseignement des disciplines scientifiques en langue arabe.» Le choix de ce sujet, a quelques semaines de la tenue des EGEF n’est certainement t pas innocent.

La reforme de 1999 a aussi mis fin à l’expérience de l’enseignement des langues nationales au fondamental. Pour ces langues (poular, soninké et wolof) il a été ouvert un département à l’université de Nouakchott. Des partis politiques dont l’ militent pour le retour de ces langues dans les classes. Pour beaucoup de professionnels du secteur éducatif, il faut, pendant les états généraux, « éviter de tomber dans le piège des idéologues qui ne manqueront pas d’engager des joutes sur la primauté de telle ou telle langue. »

Bien pour la quantité, nul pour la qualité Pour accompagner la reforme de 1999, le PNDSE (programme nationale de développement du secteur éducatif) a été lancé. Le PNDSE qui couvrait la période 2001-2010 a donné de bons résultats en termes de scolarisation universelle et de constructions d’infrastructures scolaires. De 2 899 structures en 2000, le nombre d’école est passé à 3 557 en 2006, soit un accroissement global de 22,7% en cinq ans.

Le nombre de salles de classe, de 9 419 en 2000 a atteint 8 244 en 2006, soit 1175 salles nouvellement construites. Au fondamental, la scolarisation universelle frise les 100%.

Malgré ces bonds quantitatifs, le niveau des apprenants ne cesse de dégringoler pour plusieurs raisons. La réforme de 1999, votée au parlement sans aucune concertation, n’a pas suscité l’adhésion de certains acteurs de l’éducation nationale. Les enseignants chargés de mener à bien la reforme, n’ont pas été associés à sa préparation. Il n’a pas été aussi évalué les ressources humaine pouvant conduire cette reforme. Pour faire face à l’augmentation de la demande en instituteurs, des titulaires du brevet on été recrutés à la hâte et en masse.

Autre trouvaille : les contractuels souvent sans niveau et sans formation sont envoyés dans les classes… Difficile consensus Les assises des états généraux de l’éducation et de ka formation vont accueillir lundi « les représentants locaux et régionaux de l’ensemble des wilayas de la Mauritanie, les partis politiques, les syndicats, les médias, la société civile, élèves, étudiants, associations de parents d’élèves, professionnels de l’éducation et de la formation, départements ministériels concernés, personnes ressources et secteurs privés. »

Les assises aboutirons « a l’élaboration d’un document de stratégie assorti d’un plan d’action pour le secteur de l’éducation-formation devant constituer la pierre angulaire de la politique éducative pour les prochaines décennies. » Le consensus recherché sera-t-il trouvé ? Ce n’est pas sur.

La Coordination de l’opposition démocratique associe ces États généraux de l’éducation et de la formation a une « comédie ». Dans la déclaration de la Coordination rendue publique samedi, il est écrit ; « Les soi-disant États-généraux de l’éducation ont été précédés par nombre d’étapes préparatoires auxquelles le pouvoir n’a pas daigné associer la COD, ni même des cadres et compétences qui lui sont affiliés, encore moins prendre l’avis de l'un de ses partis membres.»

Khalilou Diagana


 


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