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Conférence de presse des avocats de Ould Debagh : « le dossier de notre client est vide… »
Mohamed Ould Debagh, vice président de BSA (groupe appartenant à l’homme d’affaires mauritanien Mohamed Ould Bouamatou) est en prison depuis le six janvier. Il a été inculpé pour, entre autres, « faillite organisée » de la défunte compagnie Mauritania Airways.
Les avocats de Ould Debagh ont organisé ce lundi 04 mars une conférence de presse Nouakchott. Me Mohamed Salem Ould Bouhoubeiny, Me Yezid Ould Yezid et leur homologue français Williams Bourdon ont déclare “vide” le dossier de leur client.
« Quand la direction générale des impôts, une administration, devient un outil de répression au lieu de jouer son rôle de service public, c’est dangereux pour la nation » a déclaré Me Bouhoubeiny. Il a ajouté « quand la BCM devient un concurrent du secteur privé, c’est aussi un danger pour le pays. »
La BCM, selon Ould Bouhoubeiny, « a un marché de change parallèle et traite directement avec les sociétés minières et de pêche et les oblige à ouvrir des comptes chez elle et non dans les banques primaires. » Une situation qui, selon lui, « vide ces banques primaires de leur marché naturel. » « Je me demande jusqu'à quand ces banques primaires vont garder le silence ? » s’est interrogé Ould Bouhoubeiny. Pour lui, « l’État, l’Administration et la justice sont détournés de leur mission et sont devenus des armes de destruction massives. »
La GBM, a déclaré Me Bouhoubeiny est l’une des banques les plus fortes et les plus ancienne de la Mauritanie avec des avoirs à la BCM qui s’élevaient au 31 janvier 2013 a 18 milliards d’ouguiyas. » « En s’attaquant a cette banque (La GBM), on s’attaque à l’économie mauritanienne car chaque entreprise est un maillon de cette économie » a –t-il ajouté.
Me Bouhoubeiny a ensuite poursuivi en rappelant une phrase qu’il déclare tenir de Mohamed Ould Bouamatou. La phrase en question : « Tant que le pouvoir est considéré comme un raccourci pour l’enrichissement, les autres impératifs de développement et de prospérité seront relègues au second plan. »
Le dossier de Ould Debagh, selon ses avocats, est « vide. » Car, toujours selon les avocats, « il n’a jamais posé un acte de gestion de Mauritania airways et ses prérogatives ne le lui permettait d’ailleurs pas. » « Les seuls fois ou il est intervenu, c’était pour répondre a un appel urgent de la présidence de la République de Mauritanie pour mettre des avions à la disposition de l’armée pour le transport de troupe, la fourniture de carburant ou le transport de Oumar Sahraoui pour permettre la libération d’otages espagnols ; ces opérations ont été financés par le groupe BSA. »
Pour Ould Bouhoubeiny, Debbagh est pris en otage car il n’a pas été possible de mettre la main sur Bouamatou et aussi pour obtenir rançon auprès de ce dernier. » Il a déclaré que de « faux procès verbaux de police ont été ajouté au dossier de Ould Debagh » et « « le fait de faire un faux procès verbal est un crime beaucoup plus grave que le délit pour lequel Debagh est poursuivi. »
Il a ajouté que la plainte déposée contre « le commissaire présumé auteur de ces faux procès verbaux n’a pas reçu suite. » « C’est d’autant plus grave qu’aujourd’hui, 80% des condamnations dans les cours criminelles et correctionnelles de Mauritanie sont prononcées sur la base de procès verbaux de police » a ajouté Me Bouhoubeiny. Les avocats de Ould Debbagh ont déclaré avoir saisi le rapporteur spécial des nations unies sur l’indépendance de la justice.
Enfin, par rapport a l’affaire dite Bouamatou-Aziz, Me Bouhoubeiny a parlé du « procès de l’ingratitude. »
Me William Bourdon, qui est également président de l’association SHERPA, specialisée, entre autres, dans la poursuite des détenteurs de bien mal acquis, a pris la parole. Il a d’abord fait état de « sa conviction absolue de l’innocence absolue de Ould Debbagh. » qui, selon lui, « est victime d’une procédure arbitraire, injuste et fabriquée de toute pièce. »
« Nous avons saisi les rapporteurs spéciaux des nations Unies ; c’est donc le regard de la communauté international que nous invitons à se pencher sur les conditions dans lesquelles la justice est rendue en Mauritanie. Nous n’avons aucun doute qu’une enquête va être déclenchée, nous n’avons aucun doute que le rapporteur spécial va interroger les autorités mauritaniennes » a ajouté Me Bourdon.
Pour lui « toute la procédure contre Ould Debagh est, de façon caricaturale, l’expression d’une mainmise du pouvoir politique sur l’autorité judiciaire. » Il a ajouté « j’ai rencontré Ould Debagh ce matin a la prison, il mérite d’être élevé citoyen d’honneur, nous demandons sa libération sans condition.. »
Compre rendu Khalilou Diagana