Cridem

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12-03-2013

00:34

S'exprimer en toute liberté sur la Mauritanie

Mohamed Houssein a partagé avec des lycéens de Jean- Monnet son quotidien de réfugié politique et son travail de journaliste. A 27 ans, Mohamed a déjà bien conscience de la situation de son pays natal, la Mauritanie.

Le coup d'Etat en août 2008 a d'ailleurs changé à jamais sa vie. Le jeune homme, diplômé d'un Master en droit privé, est alors monté au créneau et a créé son propre site d'information. Internet va alors libérer la parole, mais aussi le forcer à l'exil l'été dernier, suite à des menaces contre sa vie.

Des élèves en seconde esthétique du lycée Jean-Monnet ont découvert jeudi ce parcours à l'occasion d'une rencontre avec le jeune homme.

Depuis septembre, il est accueilli à Paris par Reporters sans Frontière et la Maison des journalistes. Cette rencontre, organisée par cette dernière et le Clemi, s'inscrit dans le cadre d'un projet pédagogique sur la presse au niveau du lycée et de l'opération nationale Renvoyé Spécial.

L'esclavage économique

Lors de cet échange, Mohamed Houssein a abordé les thèmes de l'esclavage, des caractéristiques de la Mauritanie, du métier de journaliste et de sa nouvelle vie de réfugié. Une autre réalité pour ces lycéens français. « Les conditions de vie sont très difficiles pour la majorité des Mauritaniens. Le fait qu'ils soient très peu payés se rapproche de l'esclavage. Un esclavage économique », précise-t-il. D'ailleurs il a écrit de nombreux articles sur ce sujet et notamment sur la situation sociale et économique des communautés d'anciens esclaves. Actuellement il écrit plus sur les détournements de fonds et les trafics de drogue (voir encadré).

Le journaliste a également apporté des précisions sur le conflit au Mali, suite à des questions sur la sécurité de cette région africaine. « Nous avons toujours eu, à travers notre histoire des liens avec le Mali. Actuellement, ils sont représentés par les djihadistes. Il n'y a pas de frontière pour l'extrémisme. » Une terre africaine qu'il a dû malgré tout quitter clandestinement. Maintenant, il vit en tant que réfugié politique.

En attendant que son statut soit officialisé. Un quotidien dont il a donné quelques indications aux lycéens laférois. Cette rencontre leur a en tout cas permis d'avoir une autre vision de cette région africaine, mais aussi de la situation complexe des réfugiés politiques. Et notamment des journalistes. Ils pourront néanmoins découvrir les écrits de Mohamed sur son site Internet.

Internet, deuxième terre d’asile

Mohamed Houssein revient sur les évènements qui ont déclenché son départ de Mauritanie et son travail de journaliste.

Comment êtes-vous arrivé en France ?

J'ai passé clandestinement la frontière du Maroc et j'ai pris un avion pour la France. Je suis arrivé le 4 septembre 2012 et Reporters sans frontières m'a accueilli. Les démarches sont en cours pour avoir le statut de réfugié politique.

Pouvez-vous continuer d'exercer votre métier ?

J'écris pour la presse électronique, on peut le faire n'importe où. Grâce à Internet, on a de bonnes ressources d'informations. Les réseaux sociaux sont aussi utiles. Quel regard portez-vous sur les médias français et la liberté de la presse ? La presse peut tout écrire, dont contre le pouvoir. Mais parfois certains ont quelques problèmes. Le métier est devenu plus économique, avec les intérêts des banques, etc. Avant la presse était plus morale.

Aurélie Bourillon


 


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