Cridem

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12-03-2013

09:09

Alternance politique : La COD a-t-elle changé de tactique ?

Les partis de l’opposition radicale exigent vainement depuis plusieurs mois le départ du pouvoir, en premier du président de la république, rejetant toute autre option d’apaisement de la crise politique.

Une revendication qui semble utopique sinon chaotique pour le pays, en raison des soutiens populaires de Ould Abdel Aziz mais également des risques d’implosion possible de la COD si certains des blocs qui la composent gardent le cap de cette orientation au mépris de la volonté des autres ailes.

Devant cette menace de division, ses leaders ont presque tous évité de réitérer hier au cours d’une conférence de presse organisée leur habituel appel au Rahil du régime, préférant changer d’arme d’épaule pour assurer une nouvelle alternance politique réaliste, bâtie sur des concertations générales sanctionnées par une transition consensuelle.

Les partis de la COD ont appelé, à l’occasion de la cérémonie du passage de témoin de la présidence en exercice de cette coalition du RDU à Tawassoul, à la tenue d’une concertation nationale très large, capable de conduire à une sortie de crise consensuelle de nature à tirer le pays de l’impasse dans laquelle il patauge.

Les leaders de la COD, qui n’ont pas été à ce rendez-vous prolifiques en appels au Rahil et au départ du pouvoir de Ould Abdel Aziz, ainsi qu’en critiques virulentes, ont également fait part de leur disponibilité de participer activement à cette concertation si elle arrive à se tenir.

A propos du dernier communiqué de la Ceni fixant les élections législatives et municipales à septembre et octobre prochain, la COD a estimé ne pas être concernée par toute décision émise par cette structure «dont les membres ont été nommés de manière non consensuelle », refusant du coup, suivant sa charte commune tout scrutin ne satisfaisant pas aux critères d’élections libres, transparentes, garantissant l’égalité des chances entre les différents protagonistes politiques.

Pour cette proposition d’alternance politique, implicitement menée sous l’actuel président de la république dont elle renonce semble-t-il au départ, la COD estime que toute élection acceptable doit nécessairement jouir :

- d’une supervision politique crédible véritable,

- d’institutions électorales de confiance,

- de l’obligation pour l’Etat de la neutralité, de la non utilisation des moyens et du trafic d’influence de l’autorité publique au profit de l’une des parties en compétition,

- et de la préparation matérielle et technique satisfaisante

Les partis de la COD ont indiqué également au cours de cette conférence de presse qu’au vu de la gravité de la crise politique qui prévaut, un gouvernement consensuel dirigé par un Premier ministre jouissant de toutes les prérogatives nécessaires est le seul capable d’organiser des élections permettant une sortie de crise loin de tout pourrissement et de toute dérive.

La COD a proposé à cet effet pour la garantie de la crédibilité des institutions électorales que des responsables et des membres de plusieurs établissements soient désignés de manière consensuelle. Il s’agit:

- du président et des membres du conseil constitutionnel,

- du directeur général de l’état civil,

- du directeur du fichier électoral

- du président et des membres de la Ceni

La COD exige par ailleurs que chaque chef d’état-major de l’armée, de la gendarmerie et de la garde ainsi que le directeur général de la sûreté nationale et des autres corps signe une déclaration publique dans laquelle il s’engage à se tenir à distance égale de tous les protagonistes politiques.

Les leaders ont demandé enfin, l’unification des institutions des forces armées, d’insertion du Basep dans le corps militaire de sorte à dépendre de l’autorité d’un seul chef d’état-major pour dissiper ainsi la psychose qui gagne les civils et les militaires à l’endroit de cette unité.

Ce nouveau plan de sortie de crise politique de la COD a le privilège d’inaugurer une nouvelle lutte politique plus pacifiée et plus proche du consensuel, parce que les lignes avancées par cette feuille de route comportent des points essentiels des différentes initiatives depuis Ould Boulkheir au Dr Mohamed Ould Maouloud en passant par Ould Sidi Baba , permettant tacitement au chef de l’Etat de rester dans son fauteuil, mais dépossédé de ses actuels pouvoirs plénipotentiaires d’où les problèmes qui peuvent déjà se dresser devant ce plan faisant planer le retour au précaire d’antan « dégage toi que je m’installe ».

Md O Md Lemine


 


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