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13-03-2013

03:20

Guinée-Bissau: procès des auteurs présumés de l'attaque d'une caserne en 2012

Bissau - Dix-sept militaires bissau-guinéens accusés d'être impliqués dans l'attaque d'une caserne le 21 octobre 2012 à Bissau, ont comparu lundi devant un tribunal militaire, au premier jour de leur procès, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les 17 hommes sont accusés de crime contre la sécurité de l'Etat et crime par l'attaque d'une garnison militaire ayant fait officiellement sept morts, selon le dossier d'accusation lu par le procureur de la justice militaire, Luis Amilcar Cabral, au cours d'une audience publique.

Les principaux suspects sont deux officiers, le capitaine de vaisseau Jorge Sambù et le lieutenant-colonel Braima Djédjo. Le capitaine Pansau Ntchama, qui avait été présenté en 2012 par les autorités comme le cerveau de l'attaque, n'est désormais plus considéré comme tel.

Il avait été interpellé le 27 octobre 2012 dans la localité de Bolama, sur une île de l'archipel des Bijagos. Il est membre de l'unité d'élite des Bérets rouges, dont la caserne, à Bra, près de l'aéroport de Bissau, avait été visée par l'attaque. Cet assaut avait été mené un peu plus de six mois après un coup d'Etat militaire qui a renversé le 12 avril 2012 le pouvoir, entre deux tours d'une élection présidentielle.

Les autorités de transition avaient accusé le Portugal - ancienne puissance coloniale - d'être derrière l'attaque dans le but de remettre au pouvoir l'ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior, dont le capitaine Ntchama est considéré comme un proche.

Les prévenus, arrêtés dans les jours qui avaient suivi l'attaque, ont été transportés dans un minibus escorté par l'armée du siège de l'état-major, la forteresse d'Armura (centre-ville) où ils sont détenus, au siège du tribunal, installé dans une salle du foyer des forces armées, dans un quartier du sud de Bissau.

Tous sont apparus en bonne forme, vêtus en civil, à l'exception du capitaine de vaisseau Jorge Sambù qui arborait une tenue militaire d'apparat, devant la cour et un public venu nombreux et comprenant des civils et des militaires. Ils sont défendus par seize avocats civils commis d'office.

Ce procès est un procès normal, et nous sommes en train de faire notre travail. Il ne faut pas que nous soyons considérés comme des fauteurs de troubles, a dit Me Agusto Lopes Djalo, un des avocats de la défense, s'adressant aux officiers supérieurs de la justice militaire.

La défense avait proposé un report du procès, en expliquant que la plupart des avocats n'avaient pas eu accès au dossier de leur client assez tôt ou pas du tout. La cour a rejeté le requête, affirmant vouloir éviter de perdre du temps. L'audience, qui a connu brève suspension en début d'après-midi, se poursuivait mardi soir. Aucune indication n'était disponible sur la durée de ce procès.

L'histoire de la Guinée-Bissau est jalonnée par la violence politico-militaire et les coups d'Etat depuis son indépendance du Portugal en 1974. L'instabilité y a favorisé le trafic de drogue entre l'Amérique du Sud et l'Europe ces dernières années et des militaires bissau-guinéens de haut rang sont soupçonnés d'être impliqués dans ce narco-trafic.



 


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