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Loupe du jour : Sur les sentiers d’une démocratie indomptable !
Toute la bataille qui perturbe le jeu démocratique en Mauritanie a pour toile de fond la course à la présidence. Les acteurs politiques mettent en avant leurs intérêts personnels, égoïstes au détriment de la construction d’une démocratie apaisée garante d’une alternance pacifique et de l’ancrage d’une culture citoyenne dans les mœurs.
Les contradictions qui ont lieu ne reposent pas sur une divergence de visions sur le mode de gouvernance, ni sur une conception du développement, moins encore sur des malentendus d’ordre constitutionnels.
Le paradoxe est que cette bataille qui fait rage dans un contexte démocratique est fondée sur le refus d’accepter obstinément que l’autre reste au pouvoir tant qu’il ne se plie pas à ce que ses adversaires veulent lui imposer.
De même qu’il est incompréhensible voire aberrant de voir un président prendre les propositions de ses opposants comme une volonté de le nuire. Lui qui n’a pas de leçons à recevoir de quiconque. C’est cette situation de non « subordination au chef » entretenue une fronde politico-militaire qui a pollué l’atmosphère politique après l’élection de Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
Son rival Ahmed Ould Daddah ne lésinera pas sur les moyens pour le pulvériser malgré des dispositions qu’avaient le président déchu de collaborer avec le chef de file de l’opposition qu’il n’hésitait pas à recevoir en audience. C’est fort d’une fronde parlementaire et d’une manipulation des institutions constitutionnelles que le coup d’état militaire a eu des renforts pour démettre le président élu démocratiquement.
Le leader du RFD aida à la réalisation d’un putsch dont il sera une victime malheureuse. Les contestataires du régime de Sidi auront mis en œuvre leur plan sans échapper eux aussi à un rouleau compresseur qu’ils sont en train de subir aujourd’hui.
Mohamed Ould Abdel Aziz a eu sa part de cette forte vague de contestation de son fauteuil de la part de ses adversaires qui jurent de l’évincer par tous les moyens. Nous vivons depuis deux ans cette bataille sans merci amplifiée à chaque fois par un évènement qui survient dans la scène politique. La fusillade du président avait revigoré les opposants de l’homme fort de Nouakchott.
Les débats ne se focalisent jamais sur des questions nationales, diplomatiques comme cela est couramment le cas dans des démocraties modernes. Le peuple n’a pas droit à des comparaisons entre les programmes politiques.
Il ne sait pas quel président incarne le changement qu’il souhaite. Le seul leitmotiv qui revient est le mot pouvoir. Dans un environnement politique vicié par les comportements de ses hommes et où le choix du peuple n’est pas un gage de respect des engagements des élus, il est difficile de porter des dirigeants capables de taire leurs instincts mégalos pour se consacrer entièrement à la mission que leur est dévolu.
Une fois installé, le président renie sa profession de foi, bafoue les lois du pays et méprise la volonté du peuple. Nous sommes au cœur de ce schéma peu glorieux qui affecte notre démocratie.
Cheikh Tidiane Dia