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13-03-2013

20:41

Affaire Mamère -Ould Abdel Aziz: Acte I Episode II

Le 6 mars, les avocats de Mohamed Ould Abdel Aziz ont déposé une plainte contre Noël Mamère, devant le TGI de Paris, suite à ses propos, le 21 janvier dernier, sur la chaîne franco-allemande Arte, où il déclarait, au lendemain de l’attaque contre le site gazier d’In Amenas en Algérie« est-ce que vous imaginez que les jihadistes, ils vont disparaître comme ça et qu’ils vont pas se réfugier, qui en Mauritanie, ou ils ont, où il y a un président qui est(…) le parrain d’un trafic de drogue, par exemple ? ».

Curieusement, Le Calame reçoit en exclusivité un communiqué du député écologiste français qui, jusqu’au moment où nous mettons sous presse, n’a pas reçu la moindre convocation ou citation à comparaître.

Déplorant une « instrumentalisation » abusive de ses propos en Mauritanie, dont « une série de manipulations économico-politiques et tribales qui déstabilisent déjà un pays et un peuple que je respecte », il ne veut plus communiquer sur cette affaire tant qu’il n’a pas reçu cette plainte qui fait le tour du monde sans jamais trouver le chemin de son célébrissime destinataire.

Estimant que cette surenchère procédurière doit plus à l’instrumentalisation mauritano-médiatique de son propos, il n’a pas présenté d’excuses en se contentant d’admettre ceci : « J’ai évoqué le président mauritanien sans doute abusivement, comme j’aurai pu dire tchadien, malien ou algérien, tant je ne visais pas l’homme lui-même mais plutôt les dysfonctionnements des appareils judiciaires, y compris chez nous en Europe, qui laissent, parfois, échapper les gros poissons mafieux. Mon propos n’avait pas vocation à stigmatiser le président mauritanien dans sa personne ».

Le même jour, les avocats d'Ould Abdel Aziz (Eric Diamentis et Jemal Ould Mohamed Taleb) organisent une conférence de presse à l'aérogare des Invalides, à Paris : « au célèbre restaurant parisien, chez Françoise » rectifie l’avocat et proche du président, Me Jemal Ould Mohamed Taleb. Une source du Calame, corroborée sur la toile, rapporte que « suite aux « déclarations diffamatoires » de Noêl Mamère sur Arte, ils (avocats) demandent réparation : des excuses publiques, publiées, à la charge du député, dans un quotidien national français, ainsi qu'un euro symbolique de dommages et intérêts, pour le préjudice moral.. » .

Jusque-là, rien de bien anormal : des avocats qui font leur beau métier pour lequel ils tiennent à faire savoir qu’ils bénéficient de conditions enviables. Là où les choses peuvent surprendre, c’est qu’ils se seraient lancés dans une violente charge contre l’opposition démocratique du pays (COD) qu’ils auraient accusée de profiter de l'aubaine pour instrumentaliser ces déclarations. S’ensuit une séance des questions-réponses…

Extraits

- Pensez-vous que Bouamatou se cache derrière les déclarations de Mamère ?

- Mamère est responsable de ses déclarations, nous portons plainte uniquement contre lui.

- Mais la COD n'a rien dit de mal, elle a juste demandé des explications ?

- Admettons, oui, que la COD ne fait que jouer son rôle légitime d'opposition démocratique.

- Pourquoi ne pas porter plainte aussi contre Chafi, puisqu'il porte les mêmes accusations ?

- Nous n'avons pas de problème avec Chafi, nous portons plainte uniquement contre Mamère.

- Votre déclaration laisse à penser que tout va bien entre Chafi et Ould Abdel Aziz. Or Chafi est interdit de séjour en Mauritanie et Ould Abdel Aziz a même fait lancer un mandat d'arrêt international contre lui ...

- Le dossier que notre client nous confie ne concerne, à ce jour, que Mamère. Si, demain, il décide de porter plainte contre une autre personne, nous verrons à ce moment-là mais, pour le moment, ceci n'est pas à l'ordre du jour.

- Mamère a publié, ce matin, un communiqué dans lequel il semble revenir sur ses déclarations. N'est-ce pas suffisant ?


- Ce député a fait ses déclarations il y a près de deux mois. Il a donc eu largement le temps de vérifier ses accusations et de s'excuser. Maintenant, il s'excuse, une fois que nous avons porté plainte. Ce n'est plus de notre ressort, l'affaire est devant le juge.

- Mamère est député de la majorité, pensez-vous qu'il agit sur instruction de l'Elysée, qui veut punir Ould Abdel Aziz de son absence de la guerre au Mali ?

- Comme nous l'avons déjà dit, Mamère est responsable de ses déclarations et nous portons plainte uniquement contre lui.

Interrogé sur ces « non-dits », l’avocat du président répond que « ce qui est dit dans ce papier ne correspond pas à la vérité » et assure que la conférence a été filmée. A suivre en attendant la diffusion de la conférence…

Ben Abdella





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