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Valeurs morales & corruption.
Au moment ou les plumes et les langues se délectent a dénoncer la gabegie qui semble gangrener tout le système Mauritanien :
Administration, banques, entreprises industrielles et minières, pêches, éducation, sante, Fondations et Ongs de bienfaisance , institutions religieuses, judiciaires ,parlementaires et même l’armée , il n’est que devoir de rappeler les valeurs et prohibitions fondamentales qui nous tiennent si respectées, sur le droit chemin (Morale) ou si négligées nous en détournent (corruption) .
I les définitions générales & Consensus autour d’une terminologie : Valeur : ce que vaut une personne ou une chose. Cette notion de « valeur » est souvent un jugement objectif ou subjective et donc à ce titre positive ou négative ;
En réalité il faut retourner aux « trois axes du code synthétique » de Claude-Jean Bertrand (La déontologie des Médias, que sais-je ?;PUF,Paris.) pour cerner cette notion des valeurs en général.
1-1 Le premier axe concerne les Valeurs Fondamentales, en particulier le respect de la vie ;
1-2 Le deuxième est la promotion de la solidarité entre les humains.
1-3 Le troisième a trait aux Prohibitions Fondamentales que sont :
- L’interdiction de mentir;
- L’interdiction de s’approprier le bien d’autrui;
- L’interdiction de faire souffrir inutilement.
Morale : ensemble des règles qui doivent diriger l’activité libre de l’homme.
Corruption : action de corrompre ; action de soudoyer quelqu’un pour le faire manquer à son devoir. Ces trois concepts et définitions sont inséparables de ces concepts qui leur sont liés :
Mœurs : habitudes considérées par rapport au bien ou au mal dans la conduite de la vie ; coutumes et usages d’un pays ou d’un peuple.
Altération (comme synonyme de corruption) : modification de bien en mal ; dégradation. Et surtout de deux notions intimement liés à Valeur morale et à la corruption :
- L’éthique : Ethique stricto sensu et déontologie : différences et similitudes. « science de la morale » nous dit un dictionnaire pour l’éthique. C’est trop court ! « théorie des obligations morales qui régissent une profession » nous dit un autre comme définition de la déontologie. Consultons les nuances entre les termes pour des spécialistes du journalisme, domaine où les deux termes se chevauchent, se confondant même quelquefois.
- Le professeur en communication, François-Xavier Alix affirme : « …Alors que l’éthique intervient comme puissance de questionnement de l’ensemble du processus de l’information, la déontologie revêt la portée limitée d’une morale propre à l’activité journalistique… » Inutile de préciser que le terme journalistique peut être remplacé par tout autre qualificatif. (Une éthique pour l’information, de Gutemberg à Internet ; l’Harmattan, Paris, Montréal, 1997.)
- Un autre professeur, marocain celui là : Jamal Eddine NAJI (in Médias et journalistes, publications Université Mohammed V, Rabat, 2002.) indique : « Qu’entend on par éthique en comparaison avec déontologie ? Il arrive souvent qu’on confonde les deux, qu’on utilise l’un à la place de l’autre.(pensez qu’en arabe le mot « ‘’ akhlaqiat’’désigne à la fois déontologie, morale et, par extension éthique pour qui existe pourtant le mot ‘’qiyam ’’ valeurs » ) . Qu’est ce à dire alors par ’’ déontologie’’ ?
Si l’éthique est toujours une morale culturelle héritée, et souvent immémoriale, le code déontologique est un code moral dans lequel une corporation se définit des règles de conduite, des normes de comportement.
– Le professeur Henri Pigeat, face à la possible confusion entre les termes « éthique et déontologie » écrit : « …La déontologie ne peut se définir qu’en fonction de ses objectifs et ne serait concevable sans une réflexion éthique. A l’éthique revient ce qu’il faut faire et pourquoi. Elle ne peut que se référer à des valeurs qui transcendent la profession… » (Médias et déontologie, règle de jeu ou jeu sans règles. Paris, PUF ? 1997.)
- La bonne gouvernance : « L’Ethique est un vecteur de développement industriel et social, mai aussi et surtout un exemple de bonne gouvernance, de transparence dans la gestion, de justice et d’équité à l’égard des employés, de respect de l’environnement, etc. » Deux observations méritent d’être soulignées à cet égard : - ses buts, la finalité de l’ éthique est ‘’ bonne gouvernance ’’, ’’transparence dans la gestion,’’ ‘’ respect de l’environnement’’ etc.
- En toute franchise ce terme de ‘’ bonne gouvernance’’ est une véritable panacée qui implique la bonne gouvernance, la bonne gestion, la justice, l’équité à l’égard des employés, le respect de l’environnement et les autres pertinents, ‘’ principes et valeurs‘’
1- La gouvernance veut dire littéralement « gestion menée avec rigueur ». ‘’ La bonne gouvernance’’ est l’action d’assurer cette gestion dans les règles de l’art.
2- Avançons en comparant toutes les définitions actuelles de la gouvernance, mais aussi un survol historique de cette gouvernance et les étonnantes mutations de ses définitions. Même si le terme ’’ gouvernance’’ est très ancien, il a signification précise et particulière depuis 1988.
La définition générale en anglais est la suivante : « l’ordre ou la manière de gouverner, d’exercer le contrôle ou l’autorité sur les actions des sujets ; un système de règlements.» La définition française est ainsi qu’il suit : « la gouvernance, c’est le processus par lequel une organisation ou une société se pilote et se dirige. »
Le centre parlementaire canadien est encore plus précis : « la gouvernance réfère à la quête moderne de l’autorité politique, du pouvoir politique, du pouvoir légitime en tant q’influence de contrôle ou de direction dans la société et le monde. Le mot renvoie aux autorités gouvernementales et non -gouvernementales et en particulier aux rapports entre eux ».
La Banque Mondiale a défini la sienne conformément à ses préoccupations :
a) ‘’ macro’’ : la modernisation de l’administration publique dans le contexte de la gouvernance ;
b) ‘’ mezzo’’ : l’aspect normatif de la bonne gouvernance portant sur les dimensions politiques, économiques et administratives ;
c) ‘’ micro’’ : le développement participatif, les droits de la Personne et la démocratisation (légitimité, imputabilité, transparence.) Le spécialiste américain Steve Rosell pense que « …les défis lancés par l’ère de l’information ont transformé le système de gouvernance qui est devenu dépolarisé, décentralisé, coopératif et adaptatif. » auxquels il faut, peut être, ajouter : participatif.
A ce titre la gouvernance concerne l’ensemble des secteurs, gouvernementaux, (niveaux national, régional et local), non -gouvernementaux (sociétés et institutions privées, corporations, associations de la société civile) et l’ensemble des acteurs de l’auto -gouvernance (citoyens simples, fonctionnaires.)
Et la bonne gouvernance s’impose à tous les niveaux à tous les acteurs de la scène nationale, régionale ou locale.
- Au niveau national :
a)L’administration qui est le garant de la continuité nationale doit se distinguer par : la neutralité ; l’impartialité; la transparence de la gestion des ressources humaines et matérielles du pays et être servie par des fonctionnaires vertueux et conscients que la chose publique est sacrée et que le service public est un sacerdoce.
b) la justice doit être basée sur des lois générales et servie, par des juges compétents et consciencieux et par des auxiliaires avertis de la législation et de la réglementation.
c) les acteurs économiques doivent être soucieux de concourir au développement durable du pays et à son indépendance financière et à sa santé économique et financière.
d) Les acteurs sociaux doivent défendre les avantages sociaux sans perdre de vue leur responsabilité dans la croissance économique équilibré du pays et la préservation d’un climat social apaisé).
Le mouvement associatif doit se renforcer et approfondir son expérience et étendre ses actions d’éducation civique et de base et son apport caritatif f) Les acteurs politiques (gouvernement, partis politiques de la majorité et de la minorité) doivent, au delà de leur ambition de conquérir ou maintenir le pouvoir, veiller à entretenir des rapports conviviaux empreints de la volonté de protéger la paix civile, la sécurité, le progrès économique et social et l’indépendance nationale, etc.
Cette même action de renforcement de la bonne gouvernance est encore plus impérative au niveau régional et local au bénéfice et par les municipalités, les communautés de base et autres associations régionales et locales. Même les individualités ont un rôle cardinal dans cette propagation de la bonne gouvernance en respectant et en faisant respecter lois, codes et règlements, en respectant et protégeant la nature, en refusant tout encouragement passif ou actif de la corruption, du laxisme des fonctionnaires, de l’incivilité pour les devoirs fiscaux, et du détournement des biens sociaux de la collectivité, etc.
De ces deux définitions nous pouvons cerner la “ bonne gouvernance” en une série de qualificatifs et une autre de formes : a) La série de qualificatifs de la gouvernance. – dépolarisé : elle cesse de ne concerner que “gouvernement,” que le seul “Etat”, “ administration”, “ autorités” etc. La gouvernance n’est plus l’affaire d’un seul pôle officiel, elle est désormais une exigence multipolaire.
- décentralisé : c’est un nouveau pôle de l’exigence de bonne gouvernance. Cette décentralisation, en Mauritanie présentement, se limite aux mairies. Demain ; peut être son champs d’application sera plus étendu.
- Coopératif : impliquant une interaction entre tous les concernés par la bonne gouvernance, acteurs que nous étudierons sommairement plus loin.
- Adaptatif : en ce sens que sa souplesse rend cette gouvernance compatible avec tous les cas de figure.
- Participatif : cette notion de “participation” est un attribut essentiel de la bonne gouvernance par l’implication démocratique et volontaire de tous ( notamment des communautés de base et de la société civile), loin de la soumission généralisée au pouvoir régalien de la puissance publique. b) Les genres de gouvernance.
- “La bonne gouvernance gouvernementale”, celle qui a trait aux comportements souhaitables de la part du gouvernement et des administrations centrales, régionales et locales de l’Etat et des entités décentralisées.
- “La bonne gouvernance non -gouvernementale ”, celle traitant des comportements positifs exigés des partis, syndicats, entreprises, corporations, ONG, coopératives, communautés de base, etc.
- “La bonne auto -gouvernance”, celle des comportements individuels corrects des personnes physiques (commun des citoyens, fonctionnaires subalternes etc.)
Mais, abstraction faite des séries de qualifications ou de genres, la bonne gouvernance se distingue par de grandes orientations :
- la priorité donnée à la justice, aux lois et règlements.
- Le respect des droits de l’Homme et de la stricte observance de l’équité.
- Le respect de la chose publique.
- La lutte contre la pauvreté.
- La protection de la faune et de la flore et des paysages naturels.
- La transparence de la gestion économique et de l’administration politique.
- L’implication des entités décentralisées, de la société civile et des communautés de base dans la prise de décision et de la gestion de leurs affaires. En effet, en réalité la bonne gouvernance couvre tout un espace et notamment le ‘’ respect de la légalité‘’, ‘’ respect des droits des employés‘’, ‘’ la lutte contre la corruption‘’, ‘’ la transparence dans la gestion‘’ etc. et des conditions pré requises pour atteindre ces objectifs.
Heurs et malheurs de cette bonne gouvernance à travers l’historique suivant : D’après Ali Kazangicil, secrétaire général du Conseil international des sciences sociales, le mot ‘’gouvernance ‘’ remonterait au XIIIe siècle en anglais, espagnol, français et portugais. Mais le substantif était simple synonyme de gouvernement (il le reste en anglais dans le Webster : « l’art ou le processus de gouvernement » ).
Chronologiquement la gouvernance d’entreprise apparaît la première vers 1930, c’est la ‘’corporate governance’’ de Ronald COASE, prix Nobel de la paix en 1992. Puis « les adeptes de la démocratie participative » l’utilisent à partir de 1980. Le terme est ensuite « emprunté » par les techniciens de la modernisation de la gestion publique locale, urbaine surtout.
Enfin, à partir de 1989, interviennent « les agents décisifs de la vulgarisation du terme », représentés par les grandes institutions d’aide au développement, la Banque mondiale entre autres. Cette année là « …paraît un document de la Banque (mondiale) faisant état d’une ‘’ crise de gouvernance’’ dans les pays de l’Afrique sub-saharienne… » (l’Afrique sub-saharienne : de la crise à une croissance durable, Washington, Banque mondiale, 1989.)
La confirmation de l’usage du ‘’terme fétiche du lexique politique’’ suivant l’expression de M. Guy Hermet, directeur de recherche émérite à la Fondation nationale française des sciences politiques, in « Démocratisation, droits de l’homme et gouvernance », Paris, Presses de Sciences Po, 2003, sera définitivement consacré avec « Governance and Developement, Washington, World Bank, 1992.
Et en juin 2002 la boucle est bouclée avec le document « Plan d’action pour l’Afrique » du G8 où les pays les plus riches décident de concentrer leur aide « sur les pays qui se montreront attachés politiquement et financièrement à la bonne gouvernance… » Bouclons, à notre tour, la boucle après ce fastidieux, mais fort instructif à notre avis, détour.
II Les sujets- cibles sont les Quatre communautés socio- culturelles mauritaniens ( Hassanophones, Hal poularen, soninké ou Wolofs) qui partagent de fortes similitudes, en raison du métissage racial, la commune religion et une cohabitation millénaire et qui présentent aussi bien de différences…
Mohamed Said Hamody