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Rafles nocturnes de migrants subsahariens : La Police d’Oran traumatise les enfants et les femmes migrants en pleine nuit
Alger emboîte t-elle le pas à Nouakchott qui a entrepris depuis le 19 février 2013, une opération coup de poing de reconduite à la frontière à l’endroit de migrants subsahariens dépourvus de titre de séjour en Mauritanie ? Les sénégalais frappés par cette mesure forment le plus gros lot, suivis des gambiens, des maliens, des guinéens, des bissau-guineens et en fin des nigérians.
Justement ces migrants nigérians, leur calvaire va de mal en pis. Outre la Mauritanie, ils viennent de subir la foudre des autorités algériennes qui ont décidé de les expulser de la localité d’Oran.
Selon le communiqué dont une copie nous est parvenue et signé du SNAPAP (Syndicat National Autonome), « Il était 20h00 du soir, le jeudi 14 mars 2013, lorsque la police a fait une impitoyable descente à la place de la cathédrale du Sacré-Cœur d’Oran, où femmes et enfants subsahariens ont pris comme refuge, la petite allée sous les arcades, mitoyenne à la cathédrale.
Trois (3) fourgons de Police se sont positionnés derrière la Cathédrale dans l’obscurité à l’entrée de l’esplanade qui abrite la ruelle, où dormaient les femmes et les enfants migrants de nationalité nigérienne.
Un autobus des services de la Solidarité relevant du ministère de la Solidarité Nationale, réquisitionné pour cette scandaleuse opération nocturne s’est stationné à l’intérieure de l’esplanade, dissimulé par les trois fourgons, pour se cacher des regards des éventuels passants. Et pour perfectionner de mieux la dissimulation de cette honteuse intervention à l’encontre de personnes vulnérables et sans protection, indigne d’un Etat républicain, les policiers étaient en grande partie en tenue civile.
L’opération de «dégagement» des bébés et des femmes nigériennes de la place de la Cathédrale devait se passer sans témoin et sans photos, voilà les motifs réels d’une telle intervention tardive avec violence, des services de sécurité.
Mais les témoins y étaient, et heureusement il n’y avait pas que des algériens aux langues courtes lorsqu’il s’agit de témoigner, mais aussi des étrangers migrants, qui étaient présents, et ont pu contacter les militants des droits de l’homme pour les informer de ce qui se passe d’écœurant au niveau de cette grande place d’Oran. C’est à coups de pieds et d’insultes, que les femmes ont été obligées de se réveiller et de se lever à la hâte par des policiers en civils.
C’est ainsi sous les cris et les pleures des bébés et des enfants innocents, que la police du Général Hamel ait menée avec succès la libération de cette ruelle de la Cathédrale d’Oran. Le témoin déclare avoir vu un policier giflé un garçon qui courait dans tous les sens pour l’obliger à monter dans le bus de la Solidarité.
En fin de compte, la dernière compagne médiatique incendiaire anti-subsahariens, menée par certains titres de la presse écrites, non seulement émanant de journaux de caniveaux, mais aussi par un grand quotidien francophone de l’Oranie, n’est que la fanfare d’une probable opération de Police pour chasser les migrants subsahariens du territoire Nord Algérien.
Le SNAPAP dénonce avec vigueur ce type d’intervention nocturne à l’encontre des étrangers vulnérables, quel que soit leur statut.
Demande aux autorités locales de respecter les droits des migrants dont le gouvernement a ratifié la convention. Il informe par ailleurs son intention de saisir le rapporteur spécial des N.U. sur les droits des migrants, pour leur faire part de ce type intervention policière menait en catimini à l’encontre des migrants ».
Moussa Diop