Cridem

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18-03-2013

12:45

L’Art vu sous l’arc de la déchéance de la Banque centrale

Après une relative accalmie observée en début de semaine, la fin de la semaine a été plutôt tourmentée avec le communiqué de la Banque centrale adressant un blâme à la GBM. Ce communiqué a suscité certains articles et des commentaires. Dans cet article je m’en vais d’abord commenter le communiqué lui-même et dans un deuxième temps certains commentaires y relatifs.

1. Le Communique du Conseil de Politique monétaire. 

Ø Il adresse un blâme à la GBM : Me référant au statut de la Banque centrale, il est plutôt clair et évident que cette action ne rentre pas dans les prérogatives du conseil dont les attributions se limitent à définir la politique monétaire et la politique des sanctions dont l’application relève plutôt des compétences du Gouverneur ; nous sommes donc devant un vice de forme qui entraine la nullité de la sanction,

Ø Il enjoint la GBM d’ouvrir ses guichets faute de quoi elle s’exposerait à des sanctions : cette mise en demeure aurait pu être assimilée à une lettre de rappel si seulement elle avait été formulée et adressée dans un courrier envoyée à la GBM.

La règlementation de la Banque centrale n’a pas prévu les cas où l’échange entre la banque centrale et ses assujettis peut être à travers les médias, même éléctroniques.

Cette première partie m’inspire cette interrogation ; pourquoi Ould Raiss est-il si peu respectueux de la règlementation bancaire ? Est-ce par habitude ? On dit effectivement que l’habitude est une seconde nature. Ou alors cela rentre-il dans le cadre d’une conspiration de haut niveau dans laquelle on voudrait mettre à genou le système azizien en l’affaiblissant devant les institutions internationales et éventuellement devant les juridictions nationales et internationales. En effet, on est en droit de se demander qu’est ce qui empêche Raiss d’observer la réglementation.

La seule réponse raisonnable que j’ai trouvée est qu’il cherche à négocier une sortie pour le cas où. Du genre, je t’ai finalement aidé mais à ma manière.

2. Les Commentaires de Kantaki et de Ghazzaz

Comme je le disais plus haut l’habitude est une seconde nature et j’ajouterai un autre adage qui nous dit que si vous chassez votre naturel, il reviendra au galop. C’est pour cette raison que je n’ai eu aucune difficulté de reconnaitre le style de mes amis Cheikh El Kebir (El Gazzaz) et Raghani (Kantaki).

J’ai toujours eu de l’estime pour ceux qui militent pour faire prévaloir leurs opinions, même si je ne les partage pas ; j’apprécie aussi quand un responsable se met au-devant de l’opinion publique pour exposer son point de vue, fut il injuste ou malveillant. C’est le cas du directeur général des impôts qui a eu l’audace de parler au public. Il a raconté des insanités et des contrevérités, mais il a eu le courage d’aller dans le sens de ses « convictions ». Qu’est ce qui empêche donc ces deux directeurs généraux de se mettre en avant pour défendre les décisions de leur gouverneur, même illégales et irrégulières.

Passé ce bref éclaircissement, je m’en vais répondre à certaines allégations avancées par El Gazzaz (kebir) et Kantaki (Raghani).

1. Commentant un article paru dans le site « Cridem » qui évoque l’octroi des nouveaux agréments de Banque, cheikh el kebir soutient que cela a été fait dans les règles de l’art ; je vais donc expliquer ce cas, rien que pour éclairer l’opinion publique sur les pratiques du gouverneur et leur gravité sur les performances financières de l’ensemble du système bancaire. Je voudrais aussi par ce geste démontrer que le souci principal du gouverneur n’a jamais été le respect de la règlementation.

Pour mieux comprendre cette alchimie mongolienne, il nous faut revenir en arrière lors de la vente de la BACIM par la Banque Centrale au groupe ECP. A ce moment précis, nous étions en face d’une banque en cessation de paiement, avec un portefeuille totalement compromis et quasiment illiquide et insolvable. Comment est-il possible de fonder sur les ruines d’une telle banque deux autres nouvelles ?

D’aucuns auraient pu penser que cela constitue une performance si cela avait été le résultat d’une administration provisoire saine et efficace. Or la vérité est tout autre e et plus grave : la Banque centrale s’est dépensée sans compter dans cette opération qui a fini par lui couter 6 Milliards d’ouguiyas.

Selon le principe du parallélisme des formes, les montants engagés (et abandonnés) par le gouverneur dans cette affaire sont devenus similaires à ceux engagés par Sid’Elmokhtar Nagi dans le cadre de la célèbre affaire BCM-Hommes d’affaires. Vous vous rappelez certainement ce dossier qui a fait couler beaucoup d’encre et de larmes.

Alors Kebir c’est peut-être ce que tu appelles l’art ; l’art de tromper Aziz et le contraindre d’abandonner les poursuites sur ce dossier ? Raiss le sait très bien que seul le parlement est compétent pour l’affectation des fonds publics surtout quand cela est fait en fait, en faveur d’intérêts privés. Et à ma connaissance vous n’avez jamais sollicité ni obtenu le feu vert du parlement.

L’art de se faire prendre dans son propre jeu, c’est donc cela l’art vu sous la coupole de la Banque centrale. Comme on le voit bien cela commence à devenir une seconde nature chez les gouverneurs de la banque centrale.

En fait Cheikh El Kebir lorsqu’il parlait de l’art, il était sous l’effet de l’éblouissement (metnehwel) de cet homme qui n’a fait que cloner une banque en deux sans jamais s’embarrasser ni de la forme et encore moins du fond.

2. Mr Kantaki (Raghani) était lui moins prolixe et s’est contenté d’envoyer des fleurs au conseil de politique monétaire qu’il a qualifié de respectable. Sans vouloir le contredire, je pense seulement que Raghani semble oublier les autres qualificatifs qu’il a utilisés pour dépeindre cet organe de la Banque centrale. Néanmoins, et sans vouloir leur reprocher d’occuper ces fonctions, je pense tout simplement qu’ils n’ont pas le profil requis.

En effet ce conseil comprend en plus du gouverneur et de son adjoint 5 membres. Ces membres sont : un avocat, un professeur de mathématiques, un comptable du ministère des finances et une jeune dame venant du réseau des capec.

Pour mieux comprendre le profil requis, je vous envoie au conseil précédant ; il comprenait Mr Mohamedou Ould Michel (ancien ministre du plan, des finances et ancien gouverneur de la Banque centrale), Mr Didi Ould Biye (ancien ministre du plan, des finances, de la pêche et ancien directeur du budget), Monsieur Yahya Ould Attigh (ancien commissaire aux droits de l’homme, ancien gouverneur de la Banque Centrale), Monsieur Sidiya Ould Mohamed Khaled (ancien ministre des finances).

A vous de faire la part des choses, non pas en ce qui concerne leur respectabilité (ils sont certainement tout aussi respectables les uns et les autres) mais plutôt par rapport à leur compétence en matière des politiques monétaires.

A vous les membres du conseil de politique monétaire, je vous invite à vous approprier la règlementation bancaire et ne tombez plus facilement dans les belles paroles piégées de Raiss. Comment vous osez blâmer la GBM qui se targue d’avoir financé tous les grands projets structurants du régime actuel, en l’occurrence, une centrale électrique, des routes (ATTM), mobiliser des financements extérieurs en faveur des petites et moyennes entreprises, procédé au financement de la pêche artisanale depuis 10 ans, etc… et dans cette même époque vous octroyez une banque à une petite bande de joueurs de casinos. Méditez la gravité de votre décision.

Ould Raiss, tu as trahi et tu trahiras encore. Tu le sais mieux que tout le monde. Et Aziz le sait déjà et heureusement pour lui.

Cette deuxième partie vous permettra, à vous lecteurs, de comprendre l’environnement dans lequel sont conduites les politiques au sein de l’institution économique et financière la plus importante de notre pays ; cela vous aidera aussi à comprendre le comportement du gouverneur et de ses principaux collaborateurs à l’égard d’une banque, qui, il n’ya pas longtemps, était considérée comme la plus performante de la place.

Abdesselam Ould Youssouf





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