Cridem

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28-03-2013

11:58

Loupe du Jour : A l'horizon, une visibilité politique très floue !

La météo politique indique un ciel toujours brumeux. Les acteurs de la scène politique ne sont pas encore dans les dispositions de renoncer à leurs malentendus pour fumer le calumet de la paix.

Ils se rejettent de plus en plus haut et fort les responsabilités sur l’impasse politique actuelle. Personne n’a le courage d’assumer ses erreurs. Personne n’a de la hauteur pour renoncer à ses exigences. Personne n’a la force de la patience pour optimaliser ses ressources combatives en s’accordant le temps et les moyens pour améliorer ses scores au fil des élections.

Ici la politique a pour ambition la réalisation de ce que l’on cherche ici et maintenant. Toutes les batailles convergent vers cet objectif. C’est la raison de la prolifération des partis où chacun veut être un leader de sa formation, au lieu d’être un simple militant.

Les querelles de leaderships ont réduit le poids de chaque parti à cause du nomadisme politique. Les grands partis qui faisaient trembler les tribunes ne sont plus que quelques poignées de sympathisants. Des partis qui s’étaient forgé un emblème ont disparu sans crier gare.

Les coordinations, alliances et autres formes d’unions de forces ne résistent pas aux tensions de la conquête du pouvoir. Le paysage politique est un vaste puzzle impossible à reconstituer tant les pièces sont disparates et usées par les instabilités chroniques rendant quasi-nulle toute volonté de recoller les morceaux.

Incroyables que les hommes politiques de ce pays de trois millions d’habitants que chaque leader cherche à diriger, que chaque militaire veut en prendre les commandes comme dans une caserne. Les mandats présidentiels n’ont aucune importance pour celui qui convoite le palais. Nous avons vécu ces expériences plusieurs fois.

Ce ne sera pas la dernière fois qu’un président élu démocratiquement sera dégagé par un coup de force de la part d’une junte militaire. L’actuel mandat du président qui dirige la Mauritanie est soumis aux mêmes aléas de l’instabilité institutionnelle.

Depuis son investiture à la tête du pays, le président Mohamed Ould Abdel Aziz est au centre de tirs croisés de son opposition qui pense pouvoir le bouter hors de son palais. Cette remise en cause de la légitimité démocratique d’un pouvoir trouve ses raisons et tire ses complexes dans le désir de désacralisation de la fonction du chef de l’Etat par l’usage de moyens illégaux.

Cette banalisation des principes démocratiques affecte le paysage politique dans son ensemble au point qu’il devient « normal » de renier les règles du jeu démocratique par des attitudes contraires. Personne ne s’en indigne quand cela se produit. Dans cette aventure périlleuse où ils poussent la démocratie, les acteurs politiques se complaisent dans les cirques politiques pour amuser la galerie au lieu de soigner l’image de marque de leurs formations et partant de la démocratie mauritanienne. Ce pari est loin d’être amorcé…

Cheikh Tidiane Dia


 


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