Cridem

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01-04-2013

12:42

La mort de Barbe-rouge

Omar Ould Hamaha, alias barbe rouge, l’homme qui déclarait attendre fermement les forces françaises, aurait été tué le 23 mars par des Arabes kountas lors d’affrontements qui se seraient déroulés dans la région de Gao.

Fin de partie pour celui qui prétendait combattre pour le djihad pour mieux garnir son compte en banque grâce au trafic de cocaïne. Arabe bérabiche malien, il avait donné sa soeur à Mokhtar Bel Mokhtar pour bénéficier, à la fois de sa protection et de ses réseaux mafieux, ceci confortant l’idée que ceux qui avaient pris le contrôle du nord Mali depuis avril 2012 étaient plus motivé l’argent que par la lecture exégétique du Saint Coran.

Mégalomane comme tous les chefs djihadistes, il avait créé sa katibat « Ansar Al charia » avec des combattants issus de la mouvance du MUJAO et de la katibat « Al Moulathamine » de son beau-frère borgne.

Vite dépassé par les évènements lors de l’offensive des forces alliés lancée au mois de janvier, il s’était rapidement réfugié dans la zone de Gao pensant pouvoir continuer le combat en proposant aux jeunes désœuvrer de la région de l’argent pour aller faire le coup de feu contre les forces internationales. L’argent venait bien évidemment du trafic de drogue contrôlé par ses amis dont le fameux Baba Ould Cheikh, l’homme qui faisait poser au nord Mali des boeings lourdement chargés en provenance des cartels sud-américains, à l’origine du scandale « Air Cocaine ».

Il faisait également partie de la triste équipe qui avait pris en otage des occidentaux à Tindouf en 2011, action qui avait été revendiquée à l’époque par le Mouvement pour l’Unité et le Djihad en Afrique de l’Ouest dont c’était une des premières actions, avec déjà pour objectif premier de récupérer de l’argent sous prétexte de lutte pour l’Islam.

On se souviendra, sans grande nostalgie, de ses parades en 4x4, à Gao ou Tombouctou, ou il aimait faire peur aux femmes et aux enfants, en vociférant contre l’Occident et la France en particulier. Au déclenchement de la guerre, il fût beaucoup plus furtif et timoré quand il fût question d’affronter cette fois de vrais soldats. Il préféra laisser les plus jeunes se faire tuer pour, disait-il, aller chercher des renforts, des armes et du ravitaillement, qui ne vinrent bien sûr jamais.

Il préférait probablement plutôt aller teindre sa barbe, qu’il voulait impressionnante, au henné. L’usage de la teinture au henné d’ordinaire réservée aux femmes traduisait certainement une sexualité confuse chez celui qui aimait être entouré de jeunes hommes. Ce détail n’avait pas échappé à son beau-frère Mokhtar Bel Mokhtar qui avait pris depuis quelques semaines ses distances. Les amitiés « viriles » au sein des katibats devaient être discrètes pour être tolérées, alors qu’Omar Ould Hamaha avait la réputation d’être très « tactile ».

La mort d’Omar Ould Hamaha quelques jours après celle d’Abu Zeid marque bien la fin du narco-djihadisme au Sahel. Une nouvelle ère s’ouvre désormais pour la jeunesse du nord mali, qui espérons le, saura trouver le chemin de la paix.

Moussa Koné


 


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