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02-04-2013

05:17

Samory Ould Beye: «Les conditions et les souffrances des Harratines n’ont pas changé depuis la création d’El Hor à nos jours»

Invité à l’émission « Hiwar Billa Eswar » diffusée chaque dimanche soir par Radio Nouakchott Libre, Samory Ould Beye, secrétaire général de la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie et Président du conseil national du parti Moustaqbal a déclaré sans détours que rien n’a changé dans les conditions de vie des Harratines depuis la création d’El Hor à aujourd’hui.

Selon lui, cette composante du peuple mauritanien vit toujours les mêmes souffrances que celles des premières années de l’indépendance.

Et, ce ne sont pas les quelques nominations symboliques de quelques ressortissants de cette couche qui régleront le problème, selon les propos d’Ould Beye pour qui personne ne détient seul le monopole de dissoudre le mouvement d’émancipation des esclaves et anciens esclaves créé le 5 mars 1978 par une poignée de cadres Harratines.

Samory Ould Beye considère que tous les systèmes qui se sont succédé en Mauritanie n’ont absolument rien fait pour venir à bout du phénomène abject de l’esclavage. A quoi sert un arsenal juridique sans une volonté politique réelle qui engage l’administration, la justice et les appareils sécuritaires à appliquer les lois? se demande Ould Beye. Pour Samory « les adwabas sont laissés volontairement sans écoles, sans points de santé, sans service de base.

Une véritable politique de déscolarisation pour maintenir plus de la moitié du peuple dans la misère, la marginalisation, la privation et la précarité ». Ould Beye déclare qu’il ne partage pas les mêmes approches avec Birame. «Nous n’avons pas quitté l’APP, nous avons été chassés de ce parti. Messoud a joué un rôle important au sein du mouvement El Hor, mais ne l’a jamais présidé.

A côté des douze membres fondateurs, il y avait l’assemblée constitutive et les initiateurs, ceux qui les premiers ont eu l’idée de créer le mouvement et que beaucoup ne connaissent pas.

D’ailleurs au procès de Rosso, le dossier était enregistré sous l’appellation Boubacar Messoud et consorts »
, précise Samory. Evoquant la candidature de Messoud aux Présidentielles de 2009, Ould Beye ajoute « Les Harratines évoluent, mais c’est la société mauritanienne qui ne progresse pas. En 1991, c’est une élite de Beïdanes et de Negro Africains qui s’est opposé ouvertement à la candidature d’un Hartani. C’était du temps de l’UFD. En 2009, les Beïdanes n’ont pas voté pour Messoud. La preuve, c’est son score de 2007 lorsqu’il n’était investi que par son parti qu’il a obtenu en 2009 où il est supposé être soutenu par toute la Mauritanie.

En 2009, un montant de 450 millions a été dégagé. Pourtant à mi chemin, des voitures de location ont été arrêtées pour ne pas avoir été payées. Les responsables Beïdanes de la campagne de Messoud s’en cachaient et ne pouvaient pas afficher ni ses photos, ni ses slogans sur leurs voitures ». L’essentiel, déclare Ould Beye, est que la problématique Harratine est restée entière, ce qui justifie que le mouvement pour la libération et l’affranchissement de plus de 50% de Mauritaniens a toujours sa raison d’être.


 


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