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Billet du jour : Dans les coulisses et dans les rues
Pendant que les mauritaniens ne s’intéressent que du dehors, il y aurait des choses qui se mijotent dedans. Mais où et par qui ? Il faut qu’on sache à quelle sauce nos gouvernants veulent nous manger ?
Il semble que les jours à venir sont vides d’espoirs mais surtout porteurs de risques pour le pays , pour sa démocratie. On parle d’organiser coûte que coûte des élections législatives et municipales. Dans un contexte marqué par une flambée des prix de toutes les denrées, dans une situation d’insécurité inquiétante.
On parle aussi de la reprise des hostilités entre le pouvoir et l’opposition. Les armes sont de nouveau fourbies par les deux belligérants. Ce qui dans l’état actuel est dangereux pour la démocratie.
Le peuple est instrumentalisé par tout celui qui veut jouer son tour, sa partition. Chaque camp invente ses arguments pour discréditer l’autre. L’opposition appelle à la désobéissance à un régime dont elle décrète la mort. Pour démentir qu’il est bien vivant le pouvoir remue la queue et crie fort pour qu’on entende sa voix. Mieux le pouvoir prend des décisions populaires pour les uns, inopportunes pour d’autres.
Il liquide l’ANAIR, crée une agence de lutte contre les séquelles de l’esclavage. L’opposition observe un long moment de répit pour reprendre ses armes en vue de démontrer que sa raison d’être est de dénoncer à tous les temps de l’indicatif.
Le peuple vaque à ses occupations, la rage au cœur. Certains citoyens disent regretter d’avoir mis leurs bulletins dans les urnes. Ils jurent que si c’est cela la démocratie, ils mettront les cartons hors des urnes. Dans les coulisses ou dans les rues, il n y a rien à tirer dans une situation qui s’emballe et qui broie chaque jour les espoirs…
Amadou Diaara