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Loupe du Jour : Le spectre de la peur et de la consternation
Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, ces derniers mois, il est temps d’explorer des pistes liées à des réseaux sanguinaires qui opèrent de manière organisée dans la pays.
La situation a atteint un stade inouï d’atteinte à la dignité humaine. Avec chaque semaine son lot de scènes abjectes. La recrudescence de tels actes dépasse les simples faits isolés à mettre sur le compte des faits divers attribués à des malfrats multi –récidivistes évoluant dans la jungle urbaine.
L’assassinat de Peinda Sogué qui continue de choquer les consciences mérite des enquêtes approfondies pour mieux déterminer les mobiles de ce crime odieux et surtout de voir à travers ce forfait abominable des interconnexions à des réseaux plus vastes qui ont des liens avec de grands caids ici ou ailleurs.
Le drame qui vient de secouer Atar est une nouvelle tragédie qui s’ajoute à un tableau macabre qui endeuille des familles se réveillant dans le cauchemar sans autre consolation que les larmes de douleur. Cette terrible épreuve dans laquelle trois enfants d’une même famille sont effroyablement attaqués par des mains sanguinaires encore invisibles, vient cette fois faire l’objet d’une plus grande attention en haut lieu.
Le président de la République s’est rendu lui-même à l’hôpital national pour visiter les deux garçonnets rescapés de ce drame qui a fait un mort, la sœur qui n’a pas survécu à l’ogre crépusculaire. Les équipes médicales de la pédiatrie se mobilisent pour tenter de sauver la vie des deux âmes sauvagement et mystérieusement agressées. Cet élan de solidarité est louable et digne d’exemple. Sans en diminuer la portée, et tout en partageant la douleur avec la famille martyrisée, force est cependant de rappeler l’exception faite à Penda notamment à sa famille dans des circonstances aussi pénibles.
Le devoir de l’Etat est d’apporter son soutien moral à tous les citoyens victimes d’épreuves douloureuses sans différence aucune dans un élan d’humanisme spontané. C’est le lieu de pointer le doigt sur le rôle et la responsabilité de l’autorité dans la protection de la vie des populations. Il s’agit surtout de sommer la justice à s’acquitter de sa mission pour que les drames ne se répètent du fait du laxisme et de l’impunité. Cette famille vit ses moments les plus tristes comme ce fut pour Peinda par les siens.
Chaque être humain est traversé dans sa chair par ces tragédies lâches dignes d’un autre âge. C’est le comble de la barbarie. Le tout sur fond d’un flou total qui écrase l’humaine condition. Sommes-nous entrés dans l’ère du soupçon et de la remise en cause de ce qui reste en nous de dignité humaine ? Pourquoi tant d’atrocités qui étaient contés dans des récits se rapportant aux rituels des cannibales ?
Ces images agressives nous sont-elles alors envoyées par un occident déshumanisé pris d’assaut par des meutes de détraqués, de sadiques et autres forcenés qui nous imposant des formes de violences plus choquantes ? Le crime reste un crime. C’est dans la succession des scènes macabres que le doute persiste et que les responsabilités de l’Etat et de la société sont engagées.
Cheikh Tidiane Dia