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Conférence présentée par l’IDEN de M’Bagne lors de la Journée Pédagogique de M’Botto - [PhotoReportage]
Le village de M’Botto situé dans le département de M’Bagne, à environ 7 Kilomètres du goudron reliant la route Kaédi-Boghé a abrité une mémorable Journée Pédagogique organisée par l’école de M’Botto sous l’impulsion de l’Inspection Départementale de l’Education de M’Bagne dirigée par l’Inspecteur Ly Oumar Abdoulaye.
C’était le samedi, 20 avril 2013. Une manifestation qui rassemblé une grande foule venue de partout. A cette occasion, l’IDEN du département, a présenté une conférence sur le thème : «Le rôle de l’école parallèle dans le développement de la personnalité de l’enfant ».
Une conférence qui a suscité une grande admiration et un intérêt des participants. Le Hakem du département, M. Mohamed Abdallahi O Dhemine, très patient et attentif qui a pris part à l'Evènement, a pris tout son temps pour ne rater aucune séquence de ce grand événement.Parents, élèves, enseignants et cadres du village étaient tous là, à l’écoute de l’IDEN de M’Bagne.
Voici, l’intégralité de l’exposé présenté par M. Ly Oumar Abdoulaye :
Conférence présentée par Mr Ly Oumar Abdoulaye,
Inspecteur départemental de l’enseignement et de la formation professionnelle de m’bagne :
M’Botto, le 20 Avril 2013
Thème : le rôle de l’Ecole Parallèle dans le développement de la personnalité de l’Enfant
A-Notion de l’éducation :
L’Education peut être définie comme étant l’ensemble des moyens qui permettent de diriger le développement d’un être humain. Cela peut être aussi les résultats obtenus grâce à ces moyens.
Pour l’Enseignant, éduquer l’Enfant, c’est le préparer à sa vie d’adulte, c’est- à -dire lui apprendre à s’adapter.
Dans son ouvrage «La Pédagogie Française », Paul Lapie a dit que : « toute doctrine pédagogique fait une part au Dressage et une part à l’Education».
Généralement, on emploie le terme «dressage » pour les animaux et « éducation » pour les êtres humains. Certains philosophes, tels que Kant, particulièrement, affirment que seul l’Homme peut être éduqué et que le dressage est réservé pour l’animal.
Le dressage consiste à créer des habitudes, des réflexes, des réponses immédiates et automatiques à des situations données. En dehors de ces situations précises, le sujet est ordinairement incapable d’adapter sa conduite à des situations nouvelles. En émettant son jugement, Paul Lapie s’est fondé sur l’esprit libéral qui doit guider la pédagogie française. Il distingue deux moyens de formations :
-une formation « extérieure » : le Dressage ;
-une formation « intérieure » : l’Education.
Un enfant soumis au simple dressage ne fait que subir, tandis que celui qui est soumis à l’éducation participe activement.
On distingue les différentes écoles pédagogiques par la proportion selon laquelle elles dosent dressage et éducation.
Mais dans tout système éducatif cohérent, on constate que dressage et éducation se mêlent en permanence. Le dressage venant en premier lieu et permettant de réaliser une économie de temps et de moyens (acquisition de bonnes habitudes aux jardins d’enfants par exemple).Il constitue donc une première adaptation à la vie sociale.
De son coté, l’éducation confère tout sens à la dignité de l’être humain.
En définitive, une éducation bien comprise doit être précédée d’un dressage intelligemment conçu et dosé, conformément aux recommandations du Prophète Mohamed, Paix et Salut sur Lui, concernant l’acquisition et la pratique de la notion des cinq prières quotidiennes par nos enfants (musulmans) :
-ordonner aux enfants de prier à partir de 7 ans ;
-les obliger à prier à partir de 10 ans(les frapper en cas de refus ou négligence caractérisée).
Tout système éducatif repose sur des institutions formelles et informelles appelées écoles (dude-mahadras).Ces institutions sociales régies par des textes et programmes en vigueur sont dirigées et/ou encadrées par des techniciens différemment formés.
Toutefois, la réussite de l’action éducative dépend, dans une large mesure, de l’importance et de la qualité de l’impact de l’Environnement immédiat et extrascolaire de l’enfant, à savoir « l’Ecole Parallèle ».
B-l ’école parallèle :
Le concept « Ecole Parallèle » est utilisé par les éducateurs pour designer l’ensemble des lieux qui constituent des passages obligatoires pour l’enfant.
C’est, en d’autres termes, l’ensemble des « constituants » de son environnement immédiat, depuis la petite enfance jusqu'à l’âge de l’adolescence, c’est- à -dire, la Famille, la Rue et les Médias.
L’influence de ces trois éléments sur le développement de la personnalité de l’Enfant est déterminante.
I-Pour ce qui est de la Famille : elle constitue la première école pour l’enfant, comme l’a si bien dit le Prophète Paix et Salut sur Lui : que tout enfant nait innocent et que ce sont ses parents qui déterminent son avenir religieux et social. D’où donc, il convient de mener une réflexion approfondie sur :
-le rôle du père (sécurité, prise en charge, entretien, équipement, les premières orientations,…);
-le rôle de la mère (sécurité, entretien, les premières orientations,…);
-le rôle des aînés (le bon exemple, encadrement, suivi de proximité, appui aux actions des parents…).
Il est également important de mesurer l’impact de :
-les premières recommandations (modèles : comportements, paroles et actes) ;
-les cadeaux ;
-l’encadrement des enfants (surtout élèves) à domicile ;
-les différentes sanctions auxquelles on peut recourir pour la réorientation;
-les corrections pacifiques ;
-les sujets tabous (les interdits), etc.…
II- Quant à la Rue : C’est ce que nous appelons communément « dingiral ».Il s’agit d’un endroit extrêmement important et influant où l’enfant « construit », quotidiennement sa personnalité, sans aucun contrôle, aucune orientation. Il se trouve ainsi exposé à tous les dangers possibles et imaginables.
Il est du ressort de tous les acteurs de l’Education d’œuvrer pour assurer un encadrement et un suivi permanent de l’évolution des enfants dans la rue, en vue de leur permettre de tirer grands profits de leurs contacts positifs (jeux, devinettes, luttes, relations, contes, légendes etc…) et se prémunir des méfaits des mauvais contacts (bagarres, vols, injures, stupéfiants, mauvaises compagnies, accidents et…).
III- Concernant les Médias : il s’agit de tous les moyens de communications et de diffusion d’informations audio-visuels : la radio, la télévision, le cinéma, les vidéos, les téléphones, les magnétophones, les MP3-4, l’internet, les affiches, etc.………
A l’aube de la mondialisation que nous vivons aujourd’hui, ces moyens ont permis, certes, l’amélioration des moyens d’instruction : documentation disponible, accès facile à toutes innovations, communications permanentes, archivage facile et efficace, etc.…
Cependant, l’expérience a prouvé que le poids de l’action des médias a beaucoup bouleversé les coutumes et favorisé la délinquance juvénile. C’est pourquoi, il est extrêmement important de mener une réflexion approfondie sur l’accès des enfants aux médias aussi publics que privés:
-choix des programmes adaptés à nos valeurs religieuses et sociales,
-les possibilités d’organisation de l’accès dans le temps et dans l’espace).
Dans ce domaine, le rôle des Associations des Parents d’Elèves (APE) est, sinon indispensable, du moins nécessaire, car les parents sont les seuls « surveillants» et« directeurs des études» efficaces de notre Ecole Parallèle (notamment pour ce qui concerne le choix des médias internationaux : télévisions, internet).
Pour conclure, nous interpellons tous les acteurs et partenaires de l’Education pour conjuguer leurs efforts, en appui à ceux de l’Etat, en vue de valoriser l’évolution de nos enfants dans ce milieu. Aussi, pensons-nous, il serait intéressant d’interpeller l’Autorité de Régulation pour bien répondre à son nom, chez nous(Education), c’est- à -dire de réguler nos programmes médiatiques nationaux conformément à nos valeurs…….
Je vous remercie de votre attention.